15-07-08
Meadowlands épisode 1.08
Dernier épisode pour Meadowlands et la question était de savoir si la série pouvait remonter la pente après plusieurs épisodes prenant la mauvaise direction et étant pauvres d'intérêt. Eh bien la réponse est non. Oui je fais dans le direct. Ce dernier épisode ne surprend pas du tout et même si j'étais très enthousiaste dans les premiers épisodes qui étaient excellents, la baisse de qualité de la série la rendue beaucoup moins addictive et ce en quelques épsiodes. Je suis même content d'avoir terminé la très courte première saison. Oui je suis cruel :)
Alors qu'est-ce qui ne fonctionne pas dans cet épisode ? Un peu tout. Pour un season (series) finale il ne surprend pas du tout en tout cas. On pouvait facilement deviner tout ce qui allait venir (ou presque, si on oublie ce qui concerne Brenda qui était là un peu maladroitement et sans grande relation avec le reste de l'épisode) La bande annonce présentée à la fin de l'épisode précédant donnait un apercu correct de ce à quoi ressemble ce season finale. Il faut quitter Meadowlands sauf qu'on le répète depuis le début que c'est pas possible mais les personnages sont déterminés alors pourquoi pas.
Et c'est ca le gros problème de cet épisode : il est prévisible. Dès le previously on Meadowlands on comprend que la révélation sur la mort de Jack (la grande erreur de la série) allait sortir. On pouvait aussi aller plus loin en imaginant la révélation sur l'adultère d'Evelyn éclater au grand jour pour Danny. Et évidemment tout le long de l'épisode Danny qui veut quitter Meadowlands mais les 3 autres qui ne veulent pas donc au fur et à mesure qu'on avance dans l'épisode, ils prennent son côté. Alors certes il y a un rythme plus soutenu et un enjeu primordial mais la série reste clairement dans ce qu'il y a de plus classique et ne réussit pas l'exercice du bilan de l'évolution des personnages après 8 épisodes. Au final aucun personnage n'a réellement évolué, ces 8 épisodes étant plus un moyen pour les téléspectateurs de les comprendre plutôt que de les voir changer. Chaque personnage est resté attaché à sa caricature tout du long de la saison (sauf Tom peut être qui aura été le protagoniste le plus intéressant) et c'est pour cette raison que la majorité des personnages ne sont pas attachants car trop banals.
Chaque personnage a aussi mérité sa part de mystère dans cette première saison. Il y a du bon (Tom) ou du ridicule (Wintersgill). Dans cet épisode, c'est au tour de Brenda d'y passer et c'est à nouveau un traitement maladroit : c'est l'intrigue de trop. L'intrus qui n'a rien n'à voir avec l'enjeu de l'épisode. La présentation est brute et la volonté de rendre le personnage moins transparent ne réussit pas. Comme ses personnages, la série s'est enfermée dans son propre système qui le rend définitivement inefficace.
De manière plus générale, la saison est une semi déception puisqu'elle a connu une baisse de qualité assez impressionnante qui m'a directement refroidi. La série s'est présentée comme étant intriguante grâce à une dimension du mystère assez extravagante. Les mystères y sont toujours et les grandes questions n'ont pas de réponses. La gestion des intrigues est maladroite (on mélange traitement des mystères et intrigue personnelles de manière inégale) La série présente les mystères des personnages de manière trop prompte, manquant de continuité mais surtout de subtilité. C'est comme s'il manquait un début : c'est confus. On peut aussi ajouter le manque de charisme des acteurs qui contribue aussi à la froideur de ses personnages (même si certains sont plutôt bons) Cet épisode essaie laborieusement de faire un résumé de la saison complète pour chaque personnage (Zoé est laissée de côté visiblement) en revenant sur les éléments qui l'ont marquée. Ca prouve encore le manque de surprises de cet épisode.
EN BREF : je me suis ennuyé tout le long de ce final qui se révèle être décevant et qui n'arrive pas à égaler la qualité des premiers épisodes. Voilà qui donne une impression assez dérangeante de brouillon à cause d'une écriture pauvre et hésitante.
27-06-08
Meadowlands épisode 1.07
Les épisodes avancent mais la qualité disparait petit à petit. On retrouve un peu les mêmes défauts dans chaque épisode. Ca n'avance pas des masses, la série reste trop discrète et stagne. C'est assez impressionnant quand on voit son audace au début de la saison. Là, ça devient un soap traditionnel, long par moments et pas attachant. On subit l'épisode plus qu'autre chose.
On a (enfin) un épisode pour clore l'intrigue David/Evelyn. Pas que l'intrigue soit intéressante, je dirais presque le contraire. C'est une storyline qui a été trop rallongée tout au long de ces 7 épisodes et pour pas grand chose au final puisque cet épisode est tout sauf surprenant. Le caractère de David change de manière assez radicale puisqu'il est décidé à faire des siennes. Il fait du chantage à Evelyn en lui disant qu'il gardera son secret (comme quoi Zoé et Mark sont le résultat d'une liaison extraconjugale passée d'Evelyn avec un autre homme) si elle couche avec lui. La série a réellement pris un tournant trop soap et on remarque de manière assez flagrante que dès qu'on s'appuie sur la vie personnelle et/ou sentimentale des personnages, ça passe beaucoup moins bien dans Meadowlands. Les premiers épisodes étaient réussis puisque les scénaristes s'attardaient sur des éléments mythologiques et pas ayant attrait à chaque personnage individuellement. Bref, ça se voit parfaitement à quel point le procédé est maladroit dans cet épisode. L'écriture manque de solidité, le téléspectateur se retrouve indifférent et l'issue est peu surprenante. David tente de violer Evelyn après une longue scène tendue qui aurait pu être scotchante mais qui ne l'est pas et sa réaction après la tentative de viol dont il est le coupable: il se met dans le coin et pleure de ses actes. Bref, on peut dire qu'on aura perdu un épisode pour rien. Bon, la relation entre David et sa femme aura soit disant évolué si on s'en tient à la fin de l'épisode mais ça sent le coup de pouce rapide et pas réaliste pour clore l'épisode en question.
C'est "juste" ça la grosse intrigue de l'épisode. Le reste est totalement dispensable et prend encore un goût soap non maîtrisé. Déjà, Mark et Brenda s'envoient des jolis coeurs brisés en papier pour illustrer leur rupture. Rupture dont on aura quasiment pas parlé et tant mieux. Enfin bon voilà quoi, on sent qu'on passe à côté de tellement quand on voit des intrigues bas de gamme comme celle-ci ou même la principale avec David qui est vraisemblablement le personnage principal de l'épisode. Il y a tellement de choses qu'on ignore dans la mythologie de la série: Cape wrath, les liens entre les différents dirigeants de Meadowlands, des informations sur le passé de Tom, le passé des Brogan... Quand on voit qu'on traîne encore et encore des intrigues qui n'apportent rien ou très très peu dans les épisodes, on ne peut que dire que c'est dommage. À ce stade-là de la saison, l'annulation de la série me rendrait presque indifférent car pour moi, seuls les 3 premiers épisodes sont dignes d'une série maîtrisée, sachant gérer ses priorités.
Danny est suivi de très près par les dirigeants de Meadowlands puisqu'il est très curieux quant à la possibilité de quitter la ville. Ce sera très certainement un des éléments clé de l'épisode final qui suit et qui, j'espère, saura privilégier des trames scénaristiques plus décisives que la liaison entre Brenda et Mark, les tensions entre Danny et Wintersgill et la relation entre David et Evelyn.
EN BREF : Meadowlands n'est pas un soap !!! :)
16-06-08
Meadowlands épisode 1.06
Contre toute attente, plus les épisodes avancent moins l'adrénaline se fait présente. Comme je l'ai dit dans la critique de l'épisode précédent, la tenacité qui faisait la force de la série a disparu et on s'oriente vers quelque chose qui manque de solidité et c'est assez, voire très différent de ce que je pensais être Meadowlands à ses débuts. Ca reste évidemment intelligent dans les dialogues, portant à réflexion et portant facilement à curiosité mais à part ça, les intrigues proposées ne sont pas très passionnantes à l'exception de celle de Zoé et Tom.
Danny est l'archétype assez facile de l'antihéros, le type qui prend le devant sans savoir où mettre la tête. Ca se voit à travers cet épisode où il subit une confrontation indirecte avec Freddie. Je l'avais dit dans une review précédente, la série est aveuglée par son optimisme puisque les scénaristes enchaînent (assez tardivement malheureusement) les mystères, voulant épaissir la couche mystérieuse de la série mais là c'est trop. Le téléspectateur est presque dans le déni complet, ça manque de clareté à certaines reprises. Déjà en ce qui concerne Freddie. Qui est-il exactement? Il dit avoir des pouvoirs (à la Heroes) comme produire du feu grâce à ses mains mais d'un autre côté, son intrigue est basée sur le conflit mental qui le lie à Danny (ou un truc assez louche du genre). Si j'ai bien compris, Danny a la capacité de controler l'esprit d'une personne et en l'occurence, dans cet épisode, c'est de Danny qu'il s'agit puisqu'il se pose trop de questions, entre la mort de Jack et les deux mots qu'on nous répète tout le temps et qui forment le titre initial de la série: CAPE WRATH! C'est intelligent et très mystérieux, mais on ne sait pas vraiment où se poser dans l'intrigue. L'équilibre entre le connu et l'inconnu n'est pas (encore?) atteint et puis je vois pas le rapport entre le feu et le conflit mental.
La seule partie intéressante est celle de Zoé et Tom. Deux personnages à la fois complémentaires et intriguants. Au final, on ne sait quasi rien sur les deux personnages, même Zoé qu'on voit pourtant depuis le pilote (alors que c'est pas le cas pour le second personnage). Et c'est peut être pour ça que ça marche. Le téléspectateur est assoifé de réponses, on joue assez aisément avec nos nerfs en ne révélant que très peu (rien dans cet épisode) à propos de Tom et ça fonctionne (assez paradoxalement). La dimension intriguante se retrouve dans les dialogues encore une fois pointus et recherchés. Bref, la partie que j'attendais à chaque scène où je m'ennuyais.
Une grande fraction de l'épisode est dédiée à Samantha qui s'offre le privilège de quitter Meadowlands pour retrouver son père mourant, atteint d'une tumeur, à Londres. Déjà, l'aspect plus ouvert dû au fait que l'on suit des personnages hors-Meadowlands est plutôt frappant, c'est là qu'on voit que la série a rapidement sû habituer son public à l'environnement cloisonné de cette ville/banlieue tantôt paradisiaque, tantôt infernale. Mis à part ça, la série multiplie à nouveau les questions trop tôt dans l'épisode et ça manque de punch. C'est assez lent finalement. Bon on apprend quand même beaucoup sur le passé de Samantha, notamment qu'elle est le résultat d'une sorte d'expérience (engagée par son soit-disant père si j'ai compris) et qu'elle a été enfermée pendant plusieurs années avant de découvrir le monde et s'autodévelopper les sentiments que ressentent les humains (hum, petit remake de Kyle? ;)). Comme dans le 104, on s'attarde sur des personnages sans intérêt majeur malgré leur importance dans le scénario. On notera néanmoins la froideur de Samantha face à la mort de son père adoptif vers la fin de l'épisode.
Ce qui concerne David et Evelyn est à nouveau peu intéressant. On tourne en rond à vrai dire, ce jeu entre les personnages commence à devenir lassant surtout que c'est pas présenté de la meilleure manière avec Abigail qui demande à son mari de coucher avec elle en pensant à Evelyn.
En parallèle, Mark fait face à la demande de rupture soudaine de Brenda, de peur que quelqu'un découvre leur liaison secrète (déjà que Zoé a des doutes sur les occupations et le changement de comportement frappant de son frère). Une intrigue discrète, posée en arrière-plan qui a le mérite d'adoucir le sentiment de froideur qui parcoure l'épisode.
EN BREF : Un épisode faible car peut intéressant. Son gros point faible, c'est très certainement de traiter d'éléments scénaristiques d'une manière assez confuse au point qu'on ne sait plus réellement dans quel genre classer la série. Science-fiction carrément? Je ne voyais pas la série comme ça du tout et ca ne me plaît pas totalement à vrai dire. Je préfère le drame criard de cynisme, hurlant d'injustice, précisément strident :) Zoé et Tom ont le mérite d'avoir retenu mon attention au cours de cet épisode assez long et à certains moments ennuyeux.
12-06-08
Meadowlands épisode 1.05
J'attendais plus de cet épisode qui m'a paru très très lent mais cette fois trop. La série est basé sur ce concept là (à nouveau on peut rapprocher la forme de Meadowlands à celle de Skins, c'est assez frappant et c'est un compliment) mais là j'ai trouvé que l'épisode manquait de dynamisme et on avait pas mal de scènes sans nécessité aucune. Là où je pensais que la série n'avait presque aucune défaut, elle montre gentiment ses faiblesses même si globalement cet épisode reste intelligement écrit et ce mélange entre psychologie et suspense est intéressant bien que moins bien géré qu'à l'accoutumée.
Comme la bande annonce pouvait le laisser prévoir, l'épisode est basé sur les personnages de Zoé et Tom. Leur duo fonctionne assez bien, le fait que le personnage de Tom agisse naturellement sans que le téléspectateur ne sache quoique ce soit à son propos est assez troublant mais finalement bien dans le caractère de la série. L'idée du schéma pour enquêter sur la mort de Donnelly était excellente et apportait à l'épisode une touche un peu flippante quand on voit que les noms des potentiels suspects s'éliminaient. C'est intelligement écrit, politiquement incorrect et marquant. Les scénaristes jouent sur l'absurde pour mener le téléspectateur à se poser des questions, c'est très intéressant et ingénieux. La série a une signature extrêmement soignée, les scènes d'action sont intelligement tournées, on n'appuie pas trop sur la dimension dramatique. Non les acteurs en font juste assez, la réalisation colle bien. Jamais on aura des scènes comme celle où Zoé débarque chez Wintersgill pour voler les fichiers concernant Jack et Tom à la fois intenses, sobres et modérées dans une série d'action comme Prison Break qui joue sur l'excessif. Non la série touche un juste équilibre qui pose les éléments sous la bonne perspective.
Il y a quelques lenteurs, oui, surtout au niveau du développement apporté à Zoé. C'est assez sommaire, ça manque de développement et on manque d'aboutissement de ce côté-là. Au final l'épisode n'aura pas apporté énormément pour le personnage et sa relation avec Tom a évolué de manière plutôt prévisible voire linéaire. On apprend néanmoins des choses sur le passé de Tom, qu'il était journaliste et qu'il a perdu sa femme ou fiancée à cause d'une bombe posée dans sa voiture. Leur relation était visiblement loin d'être aisée mais quand on sait que la série se termine dans une poignée d'épisodes, on ne peut s'empêcher de dire qu'il est dommage qu'on n'ait pas de suite à ça. Parce que Meadowlands est l'exemple parfait de la série qui peut apporter un développement de fou (on l'a vu dans les premiers épisodes, les deux derniers sont moins intenses) trop rarement proposé dans les séries actuelles. Malgré ça, le personnage reste très intriguant et glisse assez facilement dans l'avancée des intrigues.
Tout est calculé par les scénaristes. Ainsi, on avait appris dans un épisode précédant que Mark et Zoé n'étaient pas les enfants biologiques de Danny, et Evelyn avoue dans cet épisode à David qu'elle a eu une courte aventure avec un homme, le père des deux enfants donc. Intéressant que la série s'abstienne sur l'identité de cette homme, là aussi on peut considérer ça comme un mystère qui aurait pû être traité sur le long terme si la série n'avait pas été annulée (oui, je sais je le répète trop souvent mais c'est saoulant :)). Elle hésite à l'avouer à Danny et ce dernier de son côté hésite à avouer à sa femme que c'est lui qui a tué Jack of all trades. Le parallèle entre les deux révélations était intelligent et tenait en haleine. Vu l'audace de la série, j'étais certain qu'on allait avoir droit à une scéne démentielle où les deux acteurs se gueulent dessus, chaque personnage ayant un lourd secret à partager. Mais non à part ça on a le classique: "je dois te parler" (petite hésitation; je le dis, je le dis pas? allez il pleure déjà donc on va le laisser pour plus tard) "euh, tu voulais me dire quelque chose?" "ouais... j'ai besoin de toi". Totalement démentiel ! XD Bref, ça démontre le manque de dynamisme de l'épisode, l'absence de surprises et la présence de scènes dispensables.
Mark est toujours avec Brenda et ils couchent ensemble, pas de grand changement de ce côté-là :)
Et enfin, l'épisode apporte quand même son lot de révélations puisqu'on ramène un personnage présenté dans un des premiers épisodes. J'avoue avoir fait totalement l'impasse là-dessus. Alors c'est encore trop tôt pour que je me souvienne de son nom (surtout que c'est un nom assez chaud à se souvenir sauf erreur) mais c'est le frère de la victime de Jack Donnelly, celle qu'il a violée et tuée dans le passé. Wintersgill le prend pour le suspect numéro 1 de l'assassinat de Jack pour le motif assez facile qu'il voulait prendre sa vengeance contre celui qui a tué sa soeur. La scène vers la fin entre Jack et Danny porte assez à confusion puisque le téléspectateur est totalement dans le flou, certaines pièces du puzzle complet manquant encore. Mais on revient encore sur cet incendie et cette scène qui a réuni les nouveaux Brogan à ce numéro 43 qui visiblement se proclame protecteur de Danny. À voir et à développer dans les futurs épisodes.
EN BREF : Un épisode qui manque de rythme et qui souffre de l'absence de surprises. Les deux derniers épisodes ont perdu la tenacité qui faisait la force de la série jusque là donc j'espère qu'on la retrouvera pour les derniers épisodes. La forme est toujours soignée et on passe un moment agréable à vouloir deviner ce qui se passera ensuite.
09-06-08
Meadowlands épisode 1.04
La série semble jouer sur un schéma assez intéressant mais pas extrêmement favorable dans le cas d'une saison raccourcie : l'épisode pair est une amorce des futures péripéties souvent un peu longue et pas très prenante (comme on pouvait le voir notamment dans le 102 et à travers cet épisode), l'épisode impair est plus explosif et se concentre sur les conséquences de la présentation établie dans l'épisode précédant (ce qui semble se confirmer pour l'épisode prochain qui m'a l'air plus dynamique et provocant que celui ci). Pas que cet épisode soit mauvais, mais disons que ça manque d'approfondissement et le fait que l'on se concentre sur les personnages les moins intéressants (Wintersgill, Danny principalement) influe directement sur le jugement.
Un épisode à la fois pauvre en action et assez pauvre en développement psychologique quand on voit ce que la série est capable de faire. La série marque néanmoins un point dans son initiative de multiplier les intrigues et disons que ça passe mieux comme ça. La confrontation entre Wintersgill et Danny relève du moins intéressant car comme je l'ai dit avant, ces personnages sont les plus antipatiques (pas que les autres personnages soient particulièrement sympathiques, mais on s'identifie moins à ceux-ci de par leurs caractères froids et peu engageants). Pourtant il y avait moyen de faire quelque chose d'intense et de prenant mais on n'est pas surpris et le duel n'apporte rien de nouveau à part quelques révélations. Enfin révélations qui prennent plutôt le rôle de questions dans ce cas là. On apprend que la mère de Wintersgill lui a procuré de l'acide à l'âge de 10 ans et qu'il se remémore constamment un rêve psychologiquement troublant, assez strange en tout cas. Des questions dont on attend les réponses assez vite vu qu'on est déjà à la moitié de saison. Le reste est plutôt rallongé mais on en ressort pas sans conséquence (même positive), on sent une sorte de communication plus aisée entre les deux personnages mais faut se méfier après tout puisque tout est mensonger dans la série, Wintersgill prenant Danny comme innocent de l'assassinat de Jack of all trades. Un complot ? Très certainement, ça reste à nouveau à être confirmé, j'avoue que le dénouement de l'épisode m'a laissé dans le flou total.
Il est à nouveau beaucoup question de mensonges dans l'épisode puisque Evelyn commence à avoir des doutes au sujet de l'innocence de son mari. Premièrement convaincue que Danny n'a pas tué Jack, elle ne se pose pas de questions et seul Mark doit rester muet au sujet du meurtre. Et ensuite, Wintersgill lui pose un dossier où son listés tous les crimes qu'a commis Danny dans le monde réel. En parallèle, David annonce à Evelyn que son mari est et a toujours été stérile et que Zoé et Mark ne sont donc pas ses enfants biologiques. On joue habilement avec le téléspectateur sans reprendre la question en fin d'épisode. Bref, toute révélation dans Meadowlands est à prendre avec des pincettes et c'est en ça que la série arrive à tenir en haleine mais faudra faire attention à offrir ce que le téléspectateur attend également.
Mark, de son côté, se lance dans une liaison avec Brenda, la mère de Jezebel. À nouveau un sujet osé, un ado de 17 ans qui se lance dans une relation avec sa voisine bien plus âgée, mais je ne vois pas en quoi l'intrigue apportera à la série. Dans le cadre d'une saison écourtée, il aurait fallu faire sans même si malheureusement les scénaristes ne savaient pas que le nombre d'épisodes leur était limité. Je reviens sur ce que j'ai dit dans la critique précédente, il faut plus approfondir la dynamique entre Mark et le reste de la famille surtout vu l'envergure de la situation.
Zoé fait la connaissance d'un habitant de Meadowlands qu'on n'a pas vu auparavant. Un habitant très louche à nouveau, on ne sait pas ce qu'il veut de Zoé ni ce qu'il fait exactement. Les scènes au golf sont assez intéressantes car importantes et permettant, à la manière MEadowlands, d'épaissir la dimension intriguante du script. Bref, ça m'a l'air très prometteur surtout que l'épisode prochain se basera sur cette intrigue à la vue de la bande annonce.
EN BREF : À l'instar du 102, cet épisode est un préambule du prochain. On prépare le terrain pour ce qui semble être un nouveau masacre dans Meadowlands. Ca reste un épisode relativement faible car concentré sur le personnage de Wintersgill qui ne fait pas partie des personnages qui m'intéressent et les questions lancées par les scénaristes se font trop nombreuses.
Plus : enfin, la bande annonce du prochain épisode, visiblement centré sur Zoé !
07-06-08
Meadowlands épisode 1.03
Jamais une série n'aura été aussi intense, concise, percutante et intelligemment provocatrice. Meadowlands brise les codes du genre, fonce dans son ambition et suscite une impression explosive au téléspectateur. C'est absolument impossible de ressortir de ce drame dans l'indifférence. Elle marque et n'a quasiment aucune faiblesse. Dommage que le public n'ait pas autant apprécié pour pouvoir lui offrir des épisodes supplémentaires puisque si elle continue comme ça, ce serait un exemple parfait de ce que je cherche dans une série : une ambition sempiternelle, inébranlable, un développement psychologique des personnages phares extrêmement sinistre, précis, abouti servis par un scénario forcément osé et intrépide. La télévision anglaise est de qualité, c'est le moins que l'on puisse dire.
Chaque épisode se concentre sur un personnage principal visiblement. Après Jack of all trades pour le 1.02 dont le décès me laisse toujours un peu sceptique (j'adorais ce personnage qui apportait à la série un sentiment encore plus dérangé), cet épisode se concentre sur Mark, le fils. Un personnage très très intéressant, peut-être même le plus intéressant parmi la palette des personnage de Meadowlands. Harry Treadaway est absolument remarquable dans son rôle, sa prestation colle parfaitement à la profondeur du script. Les scènes dans lesquelles il joue sont géniales et le duo qu'il forme avec son père dans la série est plutôt intéressant, puisque Danny seul n'apporte pas réellement de suspense à la série. Les répliques et scènes sont à nouveau très colériques, les scénaristes s'amusent à emmener le téléspectateur vers un monde où l'humour est absent et où la violence et le désastre dominent. Voilà enfin une série qui est déterminée et qui affirme sa signature. Encore une fois je le répète, la réalisation est irréprochable, l'impression d'emprisonnement est restée intacte et ces éléments permettent d'appuyer la dimension intriguante qui caractérise la série. Je regrette simplement que le personnage de Mark semble trop éloigné de sa famille. On sait que sa relation avec les autres membres de la famille (Evelyn principalement) est plutôt chaotique après le drame qui est survenu dans le passé mais la série n'explique pas assez ce point-là. Sinon c'est parfait.
L'épisode complet, comme le laissait penser la bande annnonce est bâti sur une seule ligne scénaristique : la recherche de Jack par Wintersgill. Un des grands atouts de Meadowlands c'est évidemment son imprévisiblité. Elle démontre encore à quel point les séries du câble (aux USA en l'occurence, même si la série est d'origine anglaise) ont la chance de pouvoir offrir ce qu'elles veulent et qu'elles ne doivent pas subir les restrictions de leurs chaînes respectives dans le cas des séries diffusées sur les grands networks comme ABC. La série est donc totalement surprenante et le fait qu'elle n'ait pas de limites rend le déroulement de ses épisodes incertain pour les téléspectateurs. Bref, ça se voit encore à travers cet épisode qui surprend et limite le taux d'action pour privilégier la psychologie. Un choix entièrement légitime et qui prouve que les scénaristes maîtrisent parfaitement leur série.
Là où c'est moins intéressant et je reviens sur ce que j'ai dit pour l'épisode précédent, c'est au niveau de l'intrigue David/Evelyn. Déjà ça manque d'interactions avec le reste de l'épisode et ça n'avance pas. Alors David est toujours attiré par Evelyn mais c'est encore une fois rallongé jusqu'à rendre quelques scènes répétitives. Un manque de force dans la qualité des dialogues est à noter également. À noter aussi, Wintersgill qui est au courant pour la liaison entre Jack of all trades et la femme de David ce qui risque de compliquer (encore plus) la situation.
On commence gentiment à s'habituer à l'univers de la série et à son environnement douteux. Tous les personnages mentent, on ne sait plus qui ou quoi croire et Meadowlands est quasiment un jeu d'échec version réelle où chaque pièce aura son rôle à jouer puisque la tension ne fait que de monter et j'ai du mal à voir comment ça va être au bout du huitième épisode (dernière épisode de la saison et par conséquent de la série). C'est à nouveau totalement assumé et jouissif. Le téléspectateur est impuissant et naif face au défilement des séquences et c'est un atout premier que possède la série. Elle joue avec ses témoins, en l'occurence nous. Ainsi, on nous laisse sur une citation qui résume totalement l'ambition de la série : "the bigger the lie, the more it will be believed". Ca se voit à travers tous les personnages, que ce soit au premier ou au second plan. Chacun protège un mensonge et le téléspectateur est perdu.
EN BREF : Un épisode absolument remarquable de Meadowlands. Ses points faibles sont très peu nombreux et la relation qu'elle entame avec le téléspectateur se fait de plus en plus claire. Voilà une série qui mérite d'être plus souvent mentionnée puisqu'elle bénéficie d'atouts que beaucoup d'autres séries dites cultes ne possèdent pas.
Plus : deux scènes très très intenses de l'épisode, démontrant la force dramatique considérable de la série. À voir !
29-05-08
Meadowlands épisode 1.02
Après un épisode pilote déroutant, Meadowlands offre un second épisode plutôt convaincant mais assez maladroit dans une partie de son développement. La série reste une des plus noires que j'ai découvertes et son aspect extrêmement foncé me plaît toujours autant. C'est intelligement provocateur, séditieux et figé et ces éléments contribuent à la force singulière de la série. J'en viens toujours à regretter le nombre limité d'épisodes de la série tellement ça aurait été génial de pouvoir la suivre sur le long terme. Cet épisode démontre la facilité mirifique qu'ont les anglais à se lancer dans des productions riches de sens tout en limitant le taux d'action dans les épisodes. On le voit à nouveau dans cet épisode qui fait même souvent penser à Skins dans sa forme et son audace.
L'épisode est une longue ébauche des péripéties qui suivront (au vu de la bande-annonce du prochain épisode). Ainsi, on se concentre beaucoup sur Jack ("of all trades"), personnage dont la psychologie est poussée à l'extrême pour en tirer le plus de profit et par conséquent renforcer l'ambition tenace que dégage la série. Toutes les scènes en sa présence sont incroyablement abruptes et impitoyables mais géniales grâce au talent de l'acteur qui prend un pied à interpréter son personnage en s'appuyant sur l'écriture solide de l'épisode pour donner un résultat intense mais totalement assumé et direct. Le duo Jack/Zoé est à la fois flippant mais terriblement logique puisque on-ne-sait-comment, les scènes les réunissant fonctionnent et font ressortir les traits noirs des deux personnages à travers des scènes fortes et très bien écrites. La suite s'annonce passionnante, la série n'a aucune limite, est totalement imprévisible et effroyablement riche de colère.
Là où le développement est moins intéressant, c'est à travers le personnage de Danny, le moins abouti au bout de deux épisodes car trop traditionnel, quasi antipathique et difficile à cerner. Les séquences dédiées à ce personnage sont peu intéressantes et mal menées, le suspense est mal utilisé. Celui-ci retrouve un visage qui lui est familier, une personne prise en charge par le service de protection des témoins et envoyée à Meadowlands, chez qui il s'incruste pour obtenir des réponses. Le duo qu'il forme avec Evelyn reste trop classique et le développement presque dénué d'intérêt. Idem pour le duo entre Evelyn et David, c'est encore trop classique pour être frappant. Les dialogues et scènes de cette intrigue méritent d'être traités avec plus de précision et de singularité, c'est pour le moment le premier point faible de Meadowlands et qui touche encore plein de séries : le manque de précision et un traitement trop conforme et conventionnel. Ca plombe une grande partie de l'épisode à travers ces deux intrigues et on est limite face à des séquences cloisonnées.
Au bout de deux épisodes, seuls Jack (décédé), Zoé et Mark se démarquent car le traitement effectué sur leur psychologie est intelligent, dirigé et concis. La suite s'annonce passionnante et permettera d'encore plus approfondir leurs côtés sombres. Cette évolution apportera un fil rouge supplémentaire à la série et lui permettera d'élaborer convenablement le déploiement de ses éléments-clé. Maintenant, comme dit plus haut, il faudra faire de même aux personnages plus clichés comme Evelyn, David et les autres adultes.
L'épisode est marqué par une violence presque omniprésente et un puissant sentiment de brutalité. Tout ça vient s'ajouter à l'image terne et pâle de la série qui ne joue pas en sa défaveur car elle est très bien traitée et complètement assumée du début jusqu'à la fin. Certaines scènes sont criantes de paranoia. Le développement de ce côté-là est on-ne-peut-plus abouti et parvenu. Ce brouillard épais de frénésie est génialement géré. C'est excellent.
Et enfin, je reviens à ce que je disais sur la faculté impressionnante qu'ont les anglais à écrire des épisodes où l'action ne domine pas, laissant place à la psychologie appuyée et à la richesse de sens qui alimentent les 45 minutes. Le parallèle avec Skins est presque naturel, surtout dans la forme et l'ambition des scénaristes. Faudrait que je teste plus de séries britanniques à l'occasion mais Meadowlands a du apporter un aspect totalement inédit à Showtime.
EN BREF : Un épisode moins bon que le pilote mais toujours plus froid et colérique. Le développement autour des intrigues des adultes est beaucoup trop maladroit car trop conventionnel mais le reste est extrêmement travaillé, délibéré, faisant de Meadowlands une production difficilement cernable et totalement imprévisible mais ces qualificatifs jouent totalement en sa faveur.



















