25-06-09
Séléction ciné de la mi-2009
2009, l'année Winslet ? Certainement. Malgré quelques grosses faiblesses (un rythme qui va en s'affaiblissant, un rendu général trop hétérogène), The Reader reste un film agréable à suivre et plutôt éloquent, au début surtout. À classer dans la fameuse catégorie de films qu'on ne convoite pas forcément pour le sujet traité mais pour le casting (Kate Winslet, Kate, ce film se résume à elle). (12/20)
JJ n'a pas sué pour rien. C'est beau, ça bouge bien, les interactions entre les acteurs sont efficaces, le film est plutôt accessible à ceux qui ne sont pas familiers avec l'univers de la saga. (...-vous attendez le mais, il arrive-) Mais ça manque de surprises et c'est un peu long par moments. Bref, on ne ressort pas de la séance changé à jamais, on se dit juste "Star Trek, c'est pas pour moi". (10/20)

Côté scénario, ça vole pas haut mais le charisme des acteurs permet de passer outre les faiblesses. Pas le temps de s'ennuyer. Du pur divertissement pop-corn, donc récréatif, à considérer pour combler une soirée de fin de semaine. (9/20- un point de moins que pour Star Trek, hé oui)

(1/20)

Passé le premier quart d'heure laborieux et promettant un film assez mou-du-genou, le film gagne en rythme et nous offre deux heures soutenues qu'on ne voit pas passer principalement grâce à un scénario prenant. La réal est un peu trop prosaique par contre, c'est dommage. (14/20)

Un excellent indie-slasher movie (de 2006) qui bénéficie d'une jolie palette de personnages et de retournements de situation brillants, liés à chacun d'eux. Le mélange entre sexe, drogues, sang et frissons n'est pas lourd un instant, le film adoptant un ton réaliste presque inédit.
Les clichés sont utilisés à bon escient, le film se suit sans difficulté, voilà un bon (teen)-slasher qui a un effet provoc' assez effectif chez le téléspectateur pendant une bonne heure et demie. (16/20)

Pas du niveau du premier opus, mais ça se laisse regarder néanmoins. La deuxième partie (dès qu'on passe en Égypte) est assez indigeste : trop de conflits, trop de robots, trop de carrosserie qui grince, on ressort de la salle un peu trop sonné. La première heure est néanmoins JOUISSIVE à souhait (comme dans le premier opus, le début est excellent, la fin laisse à désirer) : on rit, on sourit, on jubile, c'est mieux que Star Trek oui. (14/20)

La réalisation échoue le pari de maintenir une tension omniprésente, l'intérêt du film ne se limite qu'à quelques scènes bien filmées et un casting de haut niveau. C'est pas ridicule cela dit (ni fondamentalement mauvais), ce dont peu de films horrifiques peuvent se vanter, c'est même souvent "trop" cru. Un peu trop dans la veine du remake récent de Funny Games, le spectateur étant placé en position de témoin, c'est assez (trop) souvent qu'on se demande "qu'est-ce que je fous ici" (devant une scène de viol particulièrement dérangeante, une main charcutée par l'évier, une tête qui explose et j'en passe), bof.
Cela dit, si vous pensez avoir des pulsions douteuses à assouvir, ce film est pour vous. Les cinéphiles qui cherchent à découvrir un nouveau style, une maîtrise de la caméra particulière peuvent compter sur le premier quart du film seulement qui reste un joli moment de cinéma tant la réalisation est habile. Malheureusement, le niveau faiblit vite. (9/20)

Plutôt efficace, l'intérêt du film réside dans la 3D. Dommage qu'il y ait pas plus d'effets visuels choc, vu que le film joue la carte du gore gratuit, autant aller jusqu'au bout du plaisir coupable. (10/20)

Les images dépeignent assez bien le ton du film: il est terne. Assez sombre et oppressant aussi, le film se regarde difficilement, les acteurs sont bons mais la réalisation reste trop académique et à aucun moment j'ai eu l'impression de m'être posé devant un divertissement. Lourd. (7/20)
17-04-09
Le premier tiers de l'année sur le grand-écran, Red fait sa sélection (cinéma)
Nous sommes déjà à la mi-Avril, l'occasion pour moi de faire un rapide tour d'horizon des films que j'ai eu l'occasion de voir dans ce premier tiers de l'année, à peu près. (cliquez sur les images d'illustration pour accéder aux films qui bénéficient déjà d'une critique plus développée)
Le meilleur, dans des genres différents.
Michael Cera, you rock. Sa présence dans un film peut souvent s'interpréter comme gage de qualité, c'est le cas ici.
Cette comédie rock-esque aurait facilement pu tomber dans un amas de clichés sur les couples adolescents mais c'est tout autre et on s'étonne à apprécier la direction prise par les événements, tout cela maintenu par une réalisation mélodique et souvent assez ingénieuse.
C'est de la comédie comme je l'aime : une bande-son qui tue, de bons acteurs, et un pitch qui fonctionne, c'est efficace. Sans être révolutionnaire non plus. Whatever : matez-le un vendredi soir avant de vous couchez, c'est l'idéal.
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À partir de là, on vire dans la médiocrité.

Le pitch de départ était simpliste mais prometteur : un ado dans sa vingtaine sort de prison après avoir été enfermé pour avoir commis un meurtre dans son adolescence. Il tente ainsi de se (re)faire une place parmi les gens qu'il côtoie quotidiennement après sa sortie et le film suit sa réinsertion sociale étape par étape. Le vrai défaut de Boy A, c'est sûrement d'avoir trop insisté sur le fait que la prison a littéralement changé cet homme : l'ado perturbé qu'il était laisse place à un adulte gentil comme tout. Si l'acteur est hyper-charismatique et le personnage attire la sympathie -trop, sûrement-, l'emphase est inévitable : le film complet oblige le spectateur à se lier d'amitié avec le personnage principal. Sur 1h30, et pourtant c'est court, c'est trop. Pompeux, parfois larmoyant, à oublier.

Le temps passe, profitez de votre vie et vivez le présent. Voilà encore un film qui nous impose une morale de façon extrêmement pompeuse. Le rythme est lent et les scènes qui exposent la morale sont tellement vides de sens et ampoulées qu'on finit par se demander si l'intérêt du film n'est finalement pas de nous faire mourir d'ennui pour quitter la salle avec le fameux sentiment d'avoir passé les pires 2h45 de sa vie et profitez de celle-ci jusqu'à ce qu'un nouveau film de cette médiocrité-là regagne le grand-écran.

Michelle Rodriguez sur l'affiche alors qu'elle n'apparaît que pendant les 10 premières minutes du film -les meilleures-, c'est fort. Ce qui est encore plus fort, c'est d'avoir réussi à me divertir pendant une bonne heure et demie et de m'obliger à classer ce film parmi les moins réussis de ces 4 premiers mois. Chapeau.

Deux scènes : le crash aérien sur l'autoroute et le métro qui déraille. L'intérêt de ce fameux Prédictions se limite à deux scènes. Seulement. Sur deux heures de film. Le reste, la SF, les références bibliques, les dialogues plats, le héros qui réalise qu'il a été désigné pour sauver l'humanité nous donnent un film plat, bancal -la première heure était pas mal quand même- et la réalisation est molle.
L'interprétation de Rose Byrne n'a qu'un seul mérite : elle a réussi à se mettre au niveau qualitatif du film, nul. Passez votre chemin.
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24-03-09
Film : Milk (Harvey Milk) (2009) réalisé par Gus Van Sant
Ne me demandez pas pourquoi, je ne suis jamais très attiré par les films de Gus Van Sant. J'en ai pas vu énormément aussi, mais dans chacun de ses films, la réalisation est toujours dérangeante, j'ai rarement suivi un film de GVS en ayant l'impression d'être complètement pris par celui-ci.
Je ne sais pas si c'est volontaire (d'un autre côté, il faut dire que son travail est super atypique donc difficile de penser le contraire) mais cet homme a rarement réussi à me séduire dans ses choix artistiques. Pourtant ses décisions sont ingénieuses (dans plusieurs de ses films indépendants, la caméra suit constamment les personnages de dos -dans Elephant surtout- ce qui permet une approche intéressante du lien entre spectateur et personnage) mais le constat est toujours le même : dur de suivre un film de Gus Van Sant sans avoir l'impression que la mise en scène n'apporte pas la fluidité que mérite le film en question. C'est un peu pareil pour Milk, heureusement les techniques artistiques du cinéma indépendant disparaissent et même si le film garde une esthétique et un visuel louables, il y a toujours un défaut qui tend à rendre le film trop saccadé dans son développement.
Milk, c'est donc un documentaire sur la vie de Harvey Milk, premier homme politique ouvertement homosexuel à être élu aux fonctions officielles à San Francisco. Le film suit les 8 dernières années de sa vie et sa lutte pour obtenir l'égalité des droits de la communauté homosexuelle dans une société principalement marquée par une homophobie torrentielle. Si les archives qu'insère Van Sant à plusieurs reprises dans son long-métrage permettent d'accentuer l'aspect documentaire de Milk, c'est justement là que le problème de la réalisation bancale tend à montrer ses limites : les archives avaient tendance à rompre systématiquement l'élan que prenaient certaines intrigues sur le plan narratif et par conséquent, l'action était constamment perturbée. Dommage.
Milk, c'est surtout la prestation de Sean Penn qui interprète le personnage de Harvey Milk avec grande subtilité. Comme je l'ai lu un peu partout sur le net, il fait preuve de beaucoup de précision: que ce soit l'attitude, les gestes, la voix ou les expressions faciales, j'ai pas grand chose de négatif à prononcer sur son jeu. Et au risque de répéter à nouveau ce que tout le monde dit sur la toile, non "il n'a pas volé son Oscar" :)
Pour les acteurs secondaires, on trouve pas grand chose d'extraordinaire. Outre le charismatique James Franco qui est à l'aise face au jeu impressionnant de Sean Penn (auquel il donne la réplique dans bon nombre de scènes), les autres acteurs ne m'ont pas trop séduit. Faut dire que les personnages secondaires jouaient plutôt un rôle anecdotique vu que le film s'accentue principalement autour de la vie de Milk. Sauf éventuellement le fameux Dan White, l'assassin homophobe interprété par un Josh Brolin que j'ai trouvé trop caricatural et qui m'a rappelé légèrement la prestation de Jason Butler Harner dans L'Échange.
Notons que Sean Penn retrouve Emile Hirsch (dont le rôle n'a pas trop d'importance dans Milk) avec lequel il avait travaillé dans le mémorable Into the Wild où Penn travaillait justement derrière la caméra cette fois-ci.
Sinon, on remarque aussi que plusieurs scènes surprennent vite et secouent le spectateur, littéralement. Il y a un paquet de scènes marquantes, notamment celle avec l'appel de cet adolescent handicapé et homosexuel qui fait part à Milk de sa volonté de mettre fin à ses jours. Scène brève mais poignante. Ou la scène du meurtre de Milk tout simplement -là encore, très bon jeu de la part de Sean Penn, marqué par des expressions faciales délicates - (qui est prévisible si on connaît l'histoire de son assassinat, moins si on ne l'a connait pas)
C'est un atout que beaucoup de films actuels n'ont pas et on ressort du film avec des images mémorables. Preuve que le film ne laisse pas indifférent.
Bref, personnellement je n'irai pas à crier au génie concernant Milk puisqu'il y a quelques défauts qui m'ont paru gênants (un rythme bancal surtout) mais c'est clairement un film à voir, revoir éventuellement, qui fait réfléchir et qui marque. Dommage que le tout soit un peu sommaire mais le principal a été énoncé et Sean Penn est excellent dedans.
04-02-09
Film : Changeling (L'Échange) (2008)
Je fais partie des pro-Angelina donc il faut avouer qu'un des atouts premiers du film est sa prestation ! Je ne la pensais pas si juste. Il n'y a à aucun moment (et pourtant le film dure 2h20 plus ou moins) où l'on sent que son jeu faiblit et la réalisation de Clint Eastwood, délicate, mène le film - basé sur une histoire vraie où une mère se voit perdre son enfant dans le Los Angeles des années 20 - au plus haut.
Le film est-il bon ? De là à crier au génie, sûrement pas, mais j'ai trouvé globalement que c'était un film bien réalisé, bien interprété et assez lourd à visionner (d'ailleurs les plans sombres y sont dominants, surtout dans la première partie)
C'est vraiment le genre de film très professionnel qui est encore plus saisissant quand on sait qu'il est basé sur une histoire vraie. L'histoire de cette mère d'un fils unique qui le perd du jour au lendemain est assez prenante. Le début du film soulève vraiment la révolte avec le LAPD qui refuse d'admettre le complot derrière la disparition du gamin : on retrouve un enfant qui ressemble à son fils biologique mais qui ne l'est pas en réalité et la première moitié du film couvre ce terrain là. Puis à un moment donné apparaît le personnage de John Malkovich, un type qui est au courant des affaires du département de police et c'est le seul personnage qui met en jeu le ressentiment du spectateur lambda ; accessoirement la seule personne qui soutient le personnage de Jolie dans la situation délicate. À partir de là, le film évolue plutôt bien vu qu'on réalise gentiment que l'affaire prend des dimensions spectaculaires.
Donc le début est plutôt laborieux, les 3 premiers quarts d'heure en tout à peu près. Passés les nombreux "he's not my son" d'Angelina Jolie, L'Échange se révèle être un film plus solide que je pensais : pas forcément au niveau de l'action ni du scénario mais au niveau du traitement psychologique, il est plutôt costaud et n'est pas forcément recommandé à voir à la légère pour combler un dimanche après-midi. Certainement pas.
En soi, le personnage principal n'évolue pas à proprement parler, mais on s'identifie à elle sans que le traitement autour de la disparition de son fils soit mélodramatique, juste authentique, le but étant de montrer les choses comme elles l'ont été dans le passé.
On le voit dans plusieurs scènes notamment quand elle crie sur le faux gamin disant que c'est pas son fils ou quand elle crie à nouveau sur le type condamné pour avoir tué son fils biologique. Puis il y a plusieurs scènes qui font froid dans le dos, notamment la scène de la pendaison. C'est clairement une représentation sur grand écran de ce qui s'est produit : la fiction devient réalité et le réalisateur maîtrise bien son domaine.
Les acteurs sont bons, à l'exception peut-être de celui qui joue le "méchant", le tueur en série dont le jeu est assez caricatural (plus fictif que réaliste).
Sinon, le film vaut beaucoup pour la prestation d'Angelina Jolie comme je l'ai dit, très juste, même si j'aurais personnellement du mal à la voir dans un rôle plus nuancé (du style de celui de Kate Winslet dans Revolutionary Road) : c'est peut-être pas forcément justifié ce que je vais dire vu que le film est basé sur une histoire vraie, donc celle d'une femme ici, mais son personnage paraît assez caricatural : la douleur psychologique est toujours présentée sous le même angle et rare sont les scènes où on la voit dans un état d'esprit différent à chaque fois.
Sinon, bonne réalisation de Clint Eastwood qui arrive bien à repeindre le LA des années 20 et celles qui s'en suivent. Il y a beaucoup de plans sombres au début, puis dès qu'on passe à un moment plus gai (la scène du train vers la 20è minute quand ils lui ramènent son fils qui n'est pas lui en réalité sans qu'elle le sache au départ), le ton est plus lumineux. Donc dans l'ensemble, la réalisation met le téléspectateur "à l'aise" (à contre-sens vu que le film est psychologiquement dérangeant en soi et volontairement) et s'allie bien avec le jeu d'Angelina Jolie et des acteurs plus secondaires.
En bref : Un film à la base plutôt exigeant (basé sur une histoire vraie, prenant place vers le début du siècle, thèmes poignants) et qui réussit bien dans tous ces points. Mention spéciale à l'interprétation d'AJ sans qui le film ne sera sûrement pas ce qu'il est maintenant.
Un chef-d'œuvre ? Non, juste un bon film pour ma part, qui contient plusieurs passages réussis et bien réalisé dans l'ensemble.
29-01-09
Film : Revolutionary Road (Les Noces Rebelles) (2009)
Je vais commencer par un grand coup de gueule contre le titre vf. Alors qu'on évite la traduction littéraire "route révolutionnaire" je comprends, mais de là à sortir un titre aussi peu inspiré (et qui veut pas dire grand chose) ... Espérons que ça ne porte pas préjudice au film, parce qu'on est à la limite du titre cucul et si certaines personnes s'y privent à cause du titre c'est dommage (ça doit exister sûrement, je le fais des fois j'avoue)
Parce que le film n'a rien de cucul justement. Bravo à Sam Mendes qui a fait un excellent travail sur la réal, bravo à Kate Winslet pour son Golden Globe amplement mérité, bravo à Léonardo Dicaprio aussi. Voilà du cinéma de qualité, un film qui marque, un film qui fait réfléchir, un film qui bouleverse. Dommage que la première heure soit si longue et peu fouillée mais le reste est du grand art, un magnifique travail sur l'étude des personnages. Respect.
Ca faisait depuis longtemps que j'avais pas autant apprécié un film en fait. Pas que j'ai passé un moment à s'en souvenir toute sa vie, mais c'est rare de voir des films qui vous sortent autant les mots de la bouche, quoi. J'avais peur (même si j'adore la série) de retrouver un Mad Men version cinéma, il y a beaucoup d'éléments qui s'y rapprochent (le couple, la réalisation ...) sauf qu'on est en 1950 au lieu des sixties. Déjà qu'un épisode de Mad Men est souvent indigeste, version cinéma pendant 2h j'imagine pas.
J'attendais un film un peu moins pudique que la série, qui fout carrément la boule à la gorge. Autant dire que le début du film commençait bien, on avait une dispute entre le couple, moi qui avait peur que le début soit laborieux et que ça traine un peu. Après ça se gâte un peu plus, la première heure est plutôt lente et le film trouve son rythme vers le milieu. Puis la fin est très belle.
Revolutionary Road c'est donc la simple histoire d'un couple vivant dans le Connecticut, assoiffés par la vie atypique, qui ne veulent pas tomber dans les conformismes du couple banlieusard de l'époque. C'est April surtout (interprétée par Kate Winslet donc) qui souffre de cette volonté de quitter sa vie pour Paris où ils peuvent vivre heureux avec son mari (Leonardo Dicaprio), réellement jouer la carte du couple inhabituel. Bref, c'est surtout l'histoire d'une femme qui est prise par la monotonie et qui veut changer. Pour parler de la performance des acteurs, j'ai trouvé Dicaprio bon sur tout le film et Winslet que sur la majorité en fait. Dans les nombreuses fortes scènes de dispute, elle semblait gênée, son jeu paraissait peu naturel alors que Dicaprio avait vraiment un jeu authentique tout du long.
Excellente réalisation, évidemment. Pas aussi frappante que pour Slumdog Millionaire car plus sobre et plus présentée en tant qu'atout "secondaire", en arrière-plan (les décors vu l'époque), mais réussie, indéniablement. La première heure est difficile à suivre tant il y a un certain nombre de répétitions, dès que l'idée de déménager à Paris fait surface. Le couple se voit dans l'obligation de le répéter à tout le monde donc à un moment donné, on a une succession de scènes où chaque proche / collègue apprend la nouvelle.
Le film décolle vraiment à partir de la révélation sur la grossesse. C'était fort et imprévu. On savait depuis le départ qu'ils n'allaient pas partir pour Paris, puis c'est réellement l'élément perturbateur qui permet de relancer l'intérêt et les différends au sujet de ce changement de vie radical. À partir de là, il y a eu beaucoup de scènes de dispute assez fortes. Celle sur l'abortion, puis plus tard quand Frank avoue à sa femme qu'il a eu une liaison (l'adultère semble être presque naturel à cette période-là, cf Mad Men là aussi, ça en deviendrait presque choquant, puis ils fument tous aussi, ne savant pas que c'était nuisible pour la santé) avant que les invités arrivent et qu'ils calment leur tempérament pour reprendre la dispute dès leur départ.
La régression du couple est vraiment bien fichue. L'épouse est prise dans le désespoir, elle est devenue la femme qu'elle espérait ne pas être, le mari est plus indifférent quant à la vie qu'il vit. Puis ils atteignent un point de non-retour où on se demande vraiment ce qu'ils ont fait pour en venir jusque là. April dit bien à son mari qu'elle ne l'aime plus, sous la colère ou pas, ses paroles paraissaient authentiques et on en vient à croire ça naturel : c'est pas son mari qui a gâché sa vie mais la monotonie de leur relation, puis comme elle le dit dans une scène elle a casé toute son énergie dans l'espoir d'avoir une vie atypique, de se sentir littéralement active. Donc évidemment quand l'utopie devient irrationalité, on meurt. Bref, c'est super bien fait, très bien écrit, il y a une réelle subtilité. Puis pas besoin des musiques mélodramatiques, tire-larmes pour faire passer l'émotion. L'émotion passe beaucoup plus facilement avec un film comme celui-ci, sobre mais juste, qu'avec une daube sans nom comme Sept Vies que je vous déconseille vivement au passage.
En bref : C'est un film très juste, très poignant, qui dit tout haut ce qu'on pense tout bas. C'est rare de trouver un mélange qui fonctionne aussi bien au cinéma, puis les deux personnages principaux sont assez nuancés pour attirer la sympathie ou permettre l'identification.
Excellente réalisation aussi, un film à conseiller évidemment aux adeptes du cinéma de qualité.
27-01-09
Film : Twilight (Twilight: Chapitre 1, Fascination) (2009)
J'y suis allé avec deux potes et leurs copines respectives, autant le dire la salle était remplie de filles surexcitées ("han tu verras vers le milieu du film il se mettra torse nu sous le soleil") et le peu de mecs qui y avait étaient toujours en charmante compagnie, j'ai du être le seul mec célibataire du lot -l'intrus-, c'est frustrant (enfin pas quand y a Kristen Stewart à l'écran, on s'sent moins seul). Et puis bon ça prouve bien que le film est destiné aux adolescentes de 14 à 17 ans qui, après avoir vu le film se rushent sur Facebook pour rejoindre les nombreux groupes dans la veine du "I have unrealistic expectations in men because of Edward Cullen". J'ai plus vu le film comme un high-school-musical-vampirique, avec une histoire d'amour un peu plus recherchée que dans les films pour ados bas-de-gamme au succès toujours inexplicable, mais bon, les défauts restent les mêmes : abus de cliché, rythme lent, absence de surprises et dialogues plats.
Bon alors je n'ai pas lu le livre donc je me contenterai de juger la qualité du film. Les émotions passent sûrement plus facilement avec le bouquin vu que j'en ai pas ressenti des masses en fait en suivant Twilight au ciné. J'y suis allé aussi puisque True Blood m'a fait apprécier les histoires de vampire, j'apprécie la dimension métaphorique qu'ils prennent dans la série mais cet aspect-là est plutôt absent dans le film quand il s'agit de poser le doigt sur des thématiques intéressantes : la tolérance de l'inconnu dans True Blood, l'amour impossible dans Twilight. C'est limite.
On a vraiment un film qui joue trop sur les codes des films pour gamines hypnotisées par la beauté - hum, c'est relatif - de l'acteur principal : on joue la carte du héros qui plaît, qui-va-forcément-séduire, sans qu'on en retire une quelconque satisfaction d'un point de vue scénaristique. Le charme n'opère pas.
Edward Cullen est présenté comme l'objet de désir pour le public cible, et le film commet l'erreur de partir de ce point de départ là avec l'histoire d'amour impossible entre l'héroine sage aux tendances rebelles et le vampire mystérieux. Le nombre de plans rapprochés sur l'acteur est assez imposant. Alors certes c'est sûrement pour appuyer le côté hors-norme du personnage, l'aspect héros hors-du-commun mais ça m'a paru surtout trop conventionnel et faux.
On a aussi le malheur de devoir subir les nombreuses morales nauséabondes du genre. Le film joue beaucoup trop sur la facilité, les évidences : on se contente des dialogues faciles et réchauffés sur l'éthique ("et si j'étais le vilain ?" - bof) plutôt que se concentrer sur quelque chose de plus appuyé, moins élémentaire : la métaphysique.
Pourtant il y avait matière à faire quelque chose de vraiment bon et qui s'éloignait de l'histoire d'amour conventionnelle entre "adolescents", d'élargir l'étude des personnages sur un terrain moins mièvre mais non, dès qu'on pense que le film a une chance de développer ce potentiel - parce qu'il y en avait -, cette analyse sur le comportement vampirique différent de celui des humains et leur immortalité, on revient sur des classiques du genre, des répliques connues : "je veux vivre avec toi pour toujours". Peu convaincant.
Puis le film joue trop sur différents registres : le début plante le mystère, c'est assez prenant. Le reste est beaucoup moins rythmé, on se contente de suivre l'évolution de la relation qui passe d'impossible à possible avec un certain manque de subtilité dans l'écriture et la fin est rythmée avec des scènes d'action qui apparaissent sans qu'on sache trop ce que cela vient faire là : le ton du film est trop hétérogène.
Pourtant les acteurs sont assez bons. J'adore Kristen Stewart en soi, une actrice avec du talent, jolie, charismatique, du style Anna Paquin un peu. Mais là aussi son rôle n'a rien d'extraordinaire, le jeu intérieur est plutôt absent, on se contente de suivre les aventures d'une ado qui n'a d'hors-du-commun que sa soif pour le vampire Edward : le profil de la spectatrice lambda en somme.
Robert Pattinson est assez bon dans son rôle, plus complexe, j'irai presque jusqu'à dire que c'est lui qui sauve le film de la réelle médiocrité : il incarne plutôt bien le rôle du vampire cabalistique. Puis l'alchimie entre les deux est indéniable. Les acteurs tentent de se débrouiller avec la pauvreté du matériel scénaristique, c'est déjà un bon point.
Un dernier mot sur la réal (Catherine Hardwicke) : c'était assez mauvais. Bon elle a pas un tas de films dans sa filmographie, encore moins en tant que réalisatrice. Ça se sent un peu. Les effets spéciaux étaient très moyens, puis la mise en scène en général avait un goût d'inachevé. Pour un film de cette envergure (une adaptation surtout), c'est risqué. Puis le maquillage des vampires était à la limite du parodique. Heureusement que le choix des acteurs était correct.
En bref : Un film qui plaira aux adolescent(e)s parce que Edward Cullen représente parfaitement la métaphore du désir, c'est l'objet de désir du moment, un fantasme commun. Le reste n'aimeront pas : il y a des lacunes scénaristiques préjudiciables, une réalisation ultra-pauvre. Un film très très moyen mais qui heureusement n'est pas trop long pour ne pas s'ennuyer à proprement parlé.
26-01-09
Film : Slumdog Millionaire (2009)
Deux raisons pour lesquelles j'ai décidé de suivre ce film (en entier) : Dev Patel, Anwar dans Skins et le succès médiatique avec les récompenses multipliées aux Golden Globes. À part ça je m'y serai certainement pas mis vu que l'histoire à la base ne m'intéresse pas et c'est pas le genre de film que j'aime. Bon par contre je dois dire que Danny Boyle a fait un travail fantastique au niveau de la réalisation, le film est tellement beau à voir, visuellement parlant, il y a beaucoup de plans géniaux.
C'est rare dans les films d'aujourd'hui et on atteint le paroxysme de l'excellence quand on se rend compte que c'est vraiment une impression continue, il n'y a pas à un seul moment où on pense que la mise en scène perd en intensité, j'y reviendrai. Bref, j'étais littéralement bluffé par le travail de Danny Boyle. J'ai lu un commentaire quelque part qui disait que le film serait meilleur si la réalisation était à la hauteur de l'histoire. Je pense juste le contraire en fait, j'aurai préféré que le scénario soit à la hauteur de la réalisation, on aurait eu quelque chose de bien plus réussi à mon goût.
Alors Slumdog Millionaire, c'est quoi, ça parle de quoi ? C'est l'histoire de Jamal Malik, un ado pauvre et peu gâté par la vie dès sa jeunesse, qui tente de justifier son succès à l'équivalent en Inde du jeu connu Qui veut gagner des millions ? Il raconte sa vie, son parcours puisqu'il se trouve que chacune des questions posées lors du jeu a un lien direct avec son passé (une sorte de facilité scénaristique un peu bancale). À partir de là, on suit simultanément et le jeu et les flashbacks qui reviennent sur la vie de Jamal dans une Inde défavorisée puis assainie avec le temps. L'occasion pour nous de se familiariser avec l'entourage du personnage, son frère notamment et une fille qu'il a rencontrée dès son jeune âge.
À vrai dire, je ne pensais pas que le film se présenterait littéralement comme une sorte de biographie continue (même si à un moment on saute des années pour passer à un Jamal plus adulte, interprété par Dev Patel donc vers le milieu du film). Cet aspect-là m'a un peu gêné puisque j'ai jamais été fan des films qui jouaient sur ce schéma-là. Le rythme est assez lent et j'ai eu du mal à me passionner pour cette représentation d'une Inde chaotique dans laquelle a évolué Jamal étant enfant ... et sa vie par conséquent. La jeunesse de Jamal, qui est pourtant au centre du film, occupe facilement la première heure et en toute subjectivité, j'ai trouvé ces passages plutôt ennuyeux même s'ils soutenaient correctement le propos du film dans l'absolu.
Heureusement que la réalisation était aussi travaillée parce que le film est très agréable à regarder comme je l'ai dit dans l'introduction. Il n'y a pas de réel problème dans la narration, c'est juste que la première heure est trop longue et poussive à mon goût : ça m'a fait penser à Into the Wild - que j'ai beaucoup aimé pourtant -, mais avec un fil conducteur plus absent.
Puis au delà des plans et de la façon de filmer qui est absolument honorable (et là Danny Boyle mérite tellement son Golden Globe), la réalisation démontre aussi son excellence dans le choix des acteurs jeunes. Que ce soit l'acteur qui joue Jamal jeune et Dev Patel qui se ressemblent beaucoup mais qui utilisent aussi les mêmes expressions faciales - c'est du génie en somme -, ou même les deux acteurs jouant le frère de Jamal jeune et adulte, on voit bien que la réalisation soulève le niveau du film et le garde crédible là où il aurait pu perdre en cohérence. Puis les musiques sont bien choisies, le travail sur la mise en scène et la postprodution est réellement bluffant. C'est un travail très précis qui mérite d'être apprécié à sa juste valeur.
Dernière chose sur ce point : j'ai beaucoup aimé la scène vers la fin quand Jamal remporte la somme maximum et qu'en même temps son frère se fait tuer. Visuellement c'est poignant et du point de vue de la réalisation encore une fois, plus de l'angle du suivi scénaristique, le parallélisme entre les deux situations est très fort et prouve encore que le film n'a pas à avoir honte d'avoir le nom de Danny Boyle en tant que réalisateur. Le travail sur la technique photographique par le chef-opérateur était assez bon aussi.
Outre le rythme qui plonge un peu le cinéphile lambda dans un ennui pas forcément mérité, il y a aussi le scénario qui m'a laissé perplexe. L'idée de Qui veut gagner des Millions en fil conducteur rendait le tout moins consistant, un peu plus amateur. Ce point là m'a plutôt déçu même si le film a aussi le Golden Globe pour meilleur scénario, étonnemment (même si c'est pas si surprenant vu qu'il n'y a pas beaucoup de films actuels qui mettent en avant l'évolution de l'Inde en particulier et un jeu télévisé comme idée de fond). La fin est assez conventionnelle (mais encore une fois sauvée par une réal splendide), ce jeu gâche vraiment l'esprit du film et du coup, son aspect professionnel. Cela dit, faut pas oublier que Slumdog Millionaire est basé sur un roman où le jeu occupe une place importante visiblement donc c'était pas une option pour les auteurs. Mais c'est gênant quand même en un sens.
En bref : Slumdog Millionaire est à première vue le genre de film que j'évite mais qu'il fallait que je vois pour l'interprétation de Dev Patel, hors Skins, qui est très bon, dans un rôle complètement différent. Et pour ses récompenses aussi. Si l'intrigue amoureuse n'est pas ce qui rend le film très passionnant, il y a néanmoins un excellent travail sur la réalisation, moins que sur le scénario en soi : l'aspect biographique gêne, c'est dommage mais dans l'absolu Slumdog Millionaire est un film louable, juste un peu trop lent et laborieux, gâché par ce fil rouge Qui veut gagner des Millions qui lui donne un aspect amateur plutôt démérité.
22-12-08
Film : Burn after Reading (2008)
L'attrait premier de Burn After Reading pour moi n'était pas les personnes bossant derrière la caméra (en l'occurence les frères Coen qui sont réalisateurs) mais les acteurs (George Clooney, John Malkovich, Brad Pitt, Frances McDormand et j'en passe) puisque c'est le premier film des frères Coen que je regarde. Et pas le dernier.
En soi le film est très atypique, différent des long-métrages qui s'apparentent au genre et un des atouts du film réside dans son sens de l'imprévisible.
On comprend vite le ton du film dès la première scène avec l'excellente interprétation de John Malkovich bourrée de grossiéretés tout au long du film et à aucun moment j'ai eu l'impression que le film était gâché par son usage du comique de répétition. En gros tout passe parfaitement bien, les acteurs s'amusent autant que nous, c'est presque en soi la recette de la parfaite comédie qu'on prend au troisième degré.
Je dois avouer que le pitch du film était aussi une des choses qui m'ont poussé à aller le voir. L'idée de faire du film une grosse intrigue avec des personnages qui se rencontrent au fur et à mesure était justement excellente et c'est gentiment, au fur et à mesure qu'on avance dans l'heure et demie qu'on se rend compte que la dynamique entre les différents membres de la distribution est au noyau de la réussite de Burn after Reading.
Comme je l'ai dit dans l'introduction, le film est rythmé grâce à beaucoup de retournements de situation qui le rendent très imprévisible (la mort de Chad, la vengeance de Cox à la fin et plein d'autres...)
On passe d'un simple licenciement et d'un adultère à un énorme champ de bataille où tout le monde en a après tout le monde, dans le simple but pour les réalisateurs de pousser la parodie à son paroxysme. Dans ce sens, l'écriture du film est un point fort non-négligeable, la réalisation suivant parfaitement bien aussi.
Burn After Reading est donc ce genre de films où tous les atouts sont du même poids : les répliques sont crues et frôlent le jubilatoire à chaque séquence, les acteurs sont excellents (s'amusant autant que le téléspectateur), les personnages sont loufoques, apportant l'un après l'autre la preuve de l'excentricité dont font preuve les réalisateurs. C'est finalement assez difficile de ressortir des défauts à cette comédie puisque le génie de celle-ci est d'avoir réussi à bien utiliser ses atouts majeurs. Dans ce sens, on ne peut pas dire que tel acteur porte le film sur ses épaules puisqu'il s'agit avant tout d'un produit commun et impartial, objectivement parlant.
J'ai néanmoins eu une préférence pour John Malkovich tout au long du film, qui est littéralement hilarant dans son rôle de quinquagénaire névropathe. Mais là encore, chaque acteur est excellent et la réunion au fur et à mesure du film de tous ces protagonistes nous donnent des séquences jouissives et improbables.
Si je devais résumer Burn After Reading je dirais que c'est une comédie presque inédite, parfaitement écrite et à la réalisation sans faille et efficace.
Un film qui m'a donné envie de découvrir les films précédents des frères Coen qui offrent avec Burn after Reading une parodie invraisemblable des films du genre. Le film est court aussi ce qui fait qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer tellement le tout-est-lié est maîtrisé. Un excellent moment de comédie fraiche qui fait plaisir à voir et qu'on peut revoir facilement.
05-10-08
Film : Eagle Eye (L'Œil du Mal) (2008)
Prochainement : critique Desperate Housewives 502
Un film qui bouge bien. Plein d'effets spéciaux réussis, un scénario tiré par les cheveux, souvent efficace, un peu long, original, répétitif vers la fin. Voilà comment on pourrait décrire Eagle Eye, rebaptisé l'Oeil du mal en vf alors qu'il n'y a aucun rapport. Ca faisait depuis longtemps que je voulais voir ce film, j'avais adoré Disturbia, aussi réalisé par DJ Caruso et avec Shia Labeouf dans le rôle principal. Dès le départ on sent la marque du réalisateur et ça fait plaisir même si globalement Eagle Eye m'a un peu déçu, devenant trop redondant vers la fin et manquant de crédibilité dans sa volonté de mélanger les styles narratifs.
L'histoire tourne autour de Jerry Shaw (Shia Labeouf) qui apprend que son frère jumeau est décédé mystérieusement. Après sa mort, Jerry découvre avec une femme étrangère (Michelle Monaghan) qu'ils sont pris pour des terroristes et ils sont isolés dans une cellule spéciale qui compte mettre en oeuvre un assassinat politique. Le point fort principal qu'a Eagle Eye en comparaison à Disturbia c'est qu'il est beaucoup plus complexe et travaillé. Le pitch de Disturbia tient en deux lignes alors que Eagle Eye a beaucoup plus d'épaisseur. Le réalisateur DJ Caruso a évolué, ça se sent dès le départ avec le choix du thème, le mélange entre politique et relations humaines. Maintenant, c'est à la fois un point fort et un point négatif.
Ce qui m'a gêné dans ce film c'est qu'il manque de crédibilité. Pas forcément dans le scénario qui est ultra tiré par les cheveux. À la limite ça me gêne pas, mais c'est dans la volonté de donner dans la profondeur aux personnages. Comme je l'ai dit en intro, on sent directement la marque du réalisateur, c'était la même chose dans Disturbia mais dans ce film, c'était beaucoup plus crédible, malgré le côté over the top du scénario. Là au milieu du film, on se dit qu'il y a quelque chose qui ne joue pas : l'amitié entre Jerry et Rachel n'est pas très attachante, ça gêne dans un film basé sur l'action. C'est comme si on ne comprend pas ce que veut privilégier le réalisateur : l'action ou les personnages. De ce point de vue là, l'approche du film est assez confuse et le mélange des codes narratifs est maladroit.
Pourtant les débuts des films de DJ Caruso sont toujours excellents : plusieurs scènes d'introduction où on voit les personnages dans un contexte habituel, poser le drame (en l'occurence la mort d'Ethan) et lancer l'action. C'est un procédé ingénieux qui donne à la fois de la profondeur aux personnages et au film. Et dans une introduction calme et sobre, ça reste crédible. En plein milieu des scènes d'actions excessives dont seuls les américains en ont le secret, beaucoup moins.
Un des points faibles du film c'est qu'il est répétitif. Là où on se prend au système dès le départ et qu'on est littéralement bluffé par la bonne réalisation et l'enchaînement des scènes, la fin du film est longue. L'idée de la course poursuite avec l'ordinateur qui donne les instructions à Jerry est excellente. C'est très rythmé, on se prend au jeu et on est surpris. Le site officiel offre même de jouer à un jeu dans cette veine-là. Mais dès que la révélation sur le projet Eagle Eye se fait, l'adrénaline redescent. Une des qualités du film dans sa première partie, c'est qu'on ne savait pas qui était cette voix qui envoyait les instructions aux deux personnages principaux. Dès qu'on le sait, la surprise s'éteint et le film devient plus prévisible et moins mystérieux.
On peut noter aussi le dénouement un peu précipité et qui n'amène aucune surprise.
Derrière ses airs de blockbuster rythmé et bien fichu, le film traite de thèmes actuels. Déjà, tout comme Disturbia dans un contexte différent, la technologie est le point central du film. Chaque geste, chaque étape de la vie du personnage principal a été suivi tout comme chaque conversation téléphonique. C'est un film aussi très basé sur la politique, qui aborde le thème du terrorisme. En débouche la question principale du film : "Connais-je assez les membres de ma famille ?" Une question mentionnée mais amenée assez maladroitement car on n'a pas vraiment l'occasion de voir des séquences importantes du passé de Ethan Shaw, le jumeau de Jerry. C'est dommage puisque l'idée était bonne.
Bref, Eagle Eye prouve que le duo DJ Caruso / Shia Labeouf fonctionne bien. Si le film plaira sûrement aux adeptes du genre politique, ce film m'a assez déçu. L'avantage qu'il a en comparaison à Disturbia c'est qu'il est beaucoup plus développé et adulte, il en reste néanmoins quelques défauts comme le scénario qui en met plein la vue au départ pour finalement devenir répétitif et prévisible.
14-09-08
Making-of : The Dark Knight (2008)
Comme promis, un making-of avec des anecdotes sur le tournage du film et quelques citations de l'équipe de production.
La production a commencé le 18 avril 2007 jusqu'au 24 avec la majorité des scènes d'action filmées lors du braquage de banque à Chicago. Il y a également eu pas mal de trajets faits à Hong Kong et au Royaume Uni pour completer ces séquences avec des plans intérieurs et extérieurs. "Faire des allers-retours entre plusieurs pays n'est pas une technique idéale pour tourner un film, mais c'est ce qu'il a fallu faire pour obtenir le plus de plans réels", explique Christopher Nolan, réalisateur du deuxième opus (ainsi que le premier, Batman Begins) qui a préféré écarter l'option des effets spéciaux à l'ordinateur, sauf en cas de réel besoin (et ce, pour le film complet). L'idéal était donc d'avoir un rendu graphique le plus réaliste possible. Après le tournage du prologue, la production a été stoppée et le tournage a repris dès le 9 juin jusqu'à septembre 2007, ce qui peut paraître peu pour un film de cette envergure.
Comme Gotham City, la ville fictionnelle du film a été tournée à Chicago pour le premier film, c'était logique de faire pareil pour The Dark Knight. Des rues ont donc dû être fermées et beaucoup de bâtiments ont été utilisés pour le tournage. Pour une des nombreues confrontations entre le Joker et Batman, l'équipe de production a utilisé la fameuse rue LaSalle. C'est une rue parmi d'autres locations de tournage comme : Navy Pier, 330 North Wabash, James R. Thompson Center.
Pour éviter la presse, l'équipe de production a utilisé le faux titre "Rory's First Kiss" pour le tournage à Chicago mais la presse a vite deviné la ruse.
Pour la scène où le Joker fait exploser l'hôpital, il n'y avait pas droit à l'erreur pusique l'équipe de production a choisi un bâtiment vide qui comptait être démoli à la base (une usine de confiseries, voir les photos de tournage ici). Dans le même genre, c'est une ancienne poste vide qui a été utilisée pour tourner la séquence du début, soit le braquage de banque. À deux reprises pendant la production, le tournage a du se déplacer en Angleterre pour tourner des scènes dans un hangar.
La productrice Emma Thomas précise que le temps et la température n'étaient pas un obstacle pour le tournage. Le seul inconvénient c'étaient les nuits trop courtes : "On devait attendre jusqu'à 21h et il commençait à faire plus clair dès 4h du matin", ajoute Charles Roven, producteur sur The Dark Knight.
Revenons aux effets spéciaux et au choix de rendre le film plus réaliste plutôt que manipulé à l'ordinateur. "Je crois fort que le public sait faire la différence entre les effets spéciaux créés à l'ordinateur et les cascades filmées sur location." avoue Christopher Nolan même s'il n'a pas catégoriquement éliminé l'option CGI (computer-generated imagery en anglais, soit du graphisme créé à l'ordinateur)
Par exemple, Nolan a dû opter pour le CGI pour le double visage de Harvey Dent aka Two-Face (Double Face en VF) qui a demandé un important sens du détail et un certain temps pour voir le travail abouti. Quand Batman saute d'un batiment, Christian Bale le fait devant un écran vert et le fond vert a été remplacé par les plans tournés de Hong Kong préalablement. Et quand il rentre à travers une vitre, la séquence a été tournée sur un plateau construit à l'intérieur (très probablement dans un studio londonien). Christian Bale fait la plupart de ses cascades, depuis que son costume de Batman le rend plus confortable que dans le premier film. Mais quand il s'agit de sauter du haut d'un bâtiment ou attérir sur une voiture, c'est sa doublure qui s'en charge. Dans une même logique, ce sont des cascadeurs spécialisés qui prenent le volant de la Batpod et la Batmobile. "Vous voyez la Batmobile sauter par dessus d'autres voitures et je suis assez soulagé d'avouer que ce n'est pas de mon niveau. Et la Batpod ne peut être contrôlée par qu'une seule personne à cause des roues énormes. Donc dès que vous me voyez dessus, je suis traîné derrière un autre véhicule" affirme Christian Bale. Un technicien, Conway Wickliffe a trouvé la mort pendant le tournage alors qu'il préparait une cascade avec la Batmobile. Le film est donc dédié à lui et à Heath Ledger qui est mort après le tournage du film.
La particularité du film c'est qu'il est tourné pour couvrir un écran IMAX. Petite description de la méthode avant de reparler du film. Un écran IMAX est un écran bien plus grand que l'écran traditionnel qui permet de couvrir notre champ de vision, c'est-à-dire qu'il n'y a rien autour de nous ou presque pour nous distraire tellement l'écran est gigantesque. Il en existe deux types :
- Un énorme rectangle de 16 mètres de hauteur sur 22 de longeur (pouvant atteindre les 30 de hauteur).
- Le dôme. C'est un écran hémisphérique qui occupe presque tout l'espace de la salle. Les dômes peuvent avoir un diamètre de jusqu'à 30 mètres.
La plupart des films sont tournés sur des pellicules photographiques de 35 millimètres. Les écrans de cinéma n'étant pas carrés, l'image envoyée sur l'écran est paramétrée au format 35mm et renvoyée par le projecteur sur l'écran. Chaque seconde d'un film occupe 45,7 cm de bande négative de format 35 mm. Les pellicules de films projectés sur des écrans imax font 70mm de hauteur pour 15 perforations sur la longueur (contre 4 sur la hauteur pour le format 35mm). C'est ce qu'on appelle le format 15/70. Le cinéma imax travaille à 48 cadres par seconde au maximum au lieu de 24. Un projecteur IMAX, avec toutes ses particularités pèse plus de 2 tonnes. C'est ce qu'il faut pour offrir une image claire et nette pour un écran aussi géant. Vous pouvez voir la différence entre les deux formats ici.
Le son est également bien plus performant. L'expérience IMAX représente le meilleur moyen actuel de visionner un film.
Christopher Nolan sur la volonté d'utiliser un matériel imax : "Nous étions au courant que tourner en IMAX allait être très encombrant, compliqué et que ça prenait beaucoup de temps donc dès qu'on s'est rendu sur le tournage pour la première fois, nous savions exactement comment faire marcher le matériel."
Le nombre de séquences du film tournées en caméras IMAX se "limite" à 6 (dont la première scène d'introduction, couvrant ainsi 30 minutes du film sur les 147 totales) faisant du long-métrage le premier film marquant utilisant des caméras IMAX dans l'histoire du cinéma, même partiallement. Il ne s'agit donc pas d'une simple reconversion d'un 35mm en 70mm (technique appelée IMAX DMR -- DMR pour Digital ReMastering souvent appelée "gonflage" en français) mais d'utilisation de matériel imax pour un effet grandiose. C'est donc une révolution dans la manière de filmer un long métrage même si The Dark Knight a effectivement utilisé le IMAX DMR pour les scènes non filmées avec des caméras IMAX et donc avec des négatifs 35mm.
Parmi les futurs films qui utilisent le DMR sont : Eagle Eye, Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, Transformers : the Revenge of the Fallen.
À propos de la première scène d'introduction à la banque : "J'ai jugé très important que cette séquence soit filmée de cette façon parce que c'était une introduction au personnage du Joker. On a publié cet extrait six mois avant la sortie du film pour donner une idée au public de ce qu'on envisageait de faire." À cause du poids considérable des caméras IMAX, elles ont été attachées à des grues et à des véhicules pour le tournage.
Nathan Crowley, designeur, explique : "Avec une caméra 35mm, on ne voit pas beaucoup de sol ou de plafond et encore moins les deux en même temps. Mais avec le 70mm, le détail est extrêmement important. J'ai du faire très attention aux détails. Tu ne peux pas avoir un décor mal peint. Tu dois faire en sorte que tout ait l'air parfait, et ça demande beaucoup plus de temps."
Heath Ledger décrit son personnage comme étant un "clown tueur en série psychopathe et schizophrène qui n'a aucune empathie." Pour se préparer au rôle, Ledger s'est enfermé dans un hôtel seul pendant un mois et a réfléchi sur les manies du personnage, mais aussi sur sa voix et sa psychologie. Il a également gardé un journal dans lequel il répertoriait les pensées et sentiments du Joker pour l'aider à travers sa prestation.
"Ca n'a pas d'importance qui est choisi pour jouer le Joker. Dans chaque film, il y aura toujours quelqu'un qui ne t'aime pas mais j'ai confiance en mes choix et mon interprétation. Je sais aussi qu'à la fin de la journée, tu ne peux pas plaire à tout le monde à 100%... Je refuse de plagier une performance. Ce ne serait pas un défi et ce serait se moquer de Mr. Nicholson [Jack Nicholson qui a interprété le Joker dans le Batman de 1989 de Tim Burton, ndr], envers qui j'éprouve beaucoup de respect" a déclaré Heath Ledger publiquement.
Et pour finir, une interview dans laquelle Heath Ledger évoque sa participation au film en tant que Joker.


















