Unit-E

Critiques de séries telles Friday Night Lights, Skins, LOST, Desperate Housewives ou enore Veronica Mars.

12-02-09

* Breaking Bad épisode 1.04

Il y a des épisodes comme ça qui nous plaisent sans qu'on puisse expliquer la raison vu qu'ils n'ont rien d'extraordinaire (dans l'absolu je dirai que c'est l'épisode le moins bon jusqu'à maintenant, subjectivement c'est celui que j'ai préféré)
C'est le cas de cet épisode de Breaking Bad. C'est donc l'épisode qui succède au 110 de True Blood à porter l'astérisque, que je mets devant le titre des critiques d'épisodes que je trouve bons, bien réalisés et entrainants.
La réalisation est excellente, c'est vraiment ce qui rend l'épisode aussi facilement regardable. Encore une fois, on ressort l'épisode avec ses scènes préférées et une partie de mon appréciation de l'épisode vient du fait qu'il se concentre en partie sur Jesse, mon personnage préféré. J'aime beaucoup aussi les épisodes qui se concentrent plus sur le développement des personnages, en soi ce quatrième épisode ressemblerait presque au 104 de Damages qui suivait la même formule.

Il y a donc deux parties à l'épisode. La première autour de Walter, la moins intéressante. J'ai toujours du mal à m'identifier au personnage en fait.
On reprend avec le cliffhanger de l'épisode précédent où Walter annonçait quelque chose à Skyler. Le début de l'épisode continue à jouer avec l'ambiguité, notamment quand Skyler pleure pendant le dîner sans que le téléspectateur sache ce qu'elle sait. Mais révélation prévisible, on apprend qu'elle sait seulement pour le cancer de son mari. L'inverse (qu'elle soit au courant de sa collaboration avec Jesse) aurait été trop idéaliste vu qu'il aurait fallu expliquer leurs activités et évidemment tomber sur la révélation du cancer par la suite. Mais c'est intéressant de voir quand elle découvrira qu'il bosse avec Jesse.
Donc elle ne sait que pour le cancer et l'épisode est assez laborieux de ce côté-là, vu qu'on n'avance pas vraiment, on voit surtout comment la famille réagit à la situation. Le fils de Walter semble le prendre moins bien vu qu'il souhaite carrément que son père meurt au lieu de prétendre qu'il est sain. Soit. C'est louable de se concentrer sur les membres de la famille, mais on n'avance pas et c'est pas de ce côté-là de l'épisode qu'on retire des scènes mémorables.

Par contre j'ai adoré la partie avec le mec balèze qui a tout, le gros cliché du mec riche à la voiture chic qui a une vie aisée et que Walter ne supporte pas. La dernière scène est à la fois drôle et pathétique, là aussi la série arrive bien à agencer les sentiments. Même dans un épisode majoritairement dépressif, Breaking Bad arrive à nous faire décrocher quelques sourires.

Excellente réal je disais (par Jim McKay), et ça se sent beaucoup du côté de Jesse. J'ai adoré. J'ai toujours un faible pour ce genre d'intrigues où on tente d'approfondir des personnages, apporter des nuances aux personnages qui paraissent superficiels ou prévisibles à première vue. Le voir retrouver sa famille et ses discussions avec son frère (une sorte de génie qui doit avoir la moitié de son âge mais qui fume aussi) étaient réussies.
Y a beaucoup de scènes bien réalisées, encore une fois c'est difficile (voire impossible) de retranscrire les émotions par écrit donc il faut voir l'épisode pour juger tout cela, mais j'ai adoré la scène où il ouvre le coffre à jouets et trouve une copie d'examen où Walter lui avait filé un F avec un commentaire négatif du genre "applique-toi". C'est là qu'on se rend compte de l'ironie de la situation et l'acteur qui joue Jesse est bon, il arrive à rendre son personnage plutôt charismatique.
Par contre, la fameuse réplique du "c'est toi le fils qu'ils préfèrent, ils ne parlent que de toi" sonnait assez cliché, surtout que ses parents à Jesse semblaient avoir des problèmes avec lui dans le passé. C'est réellement là qu'on retrouve les meilleures scènes et rien que pour ce personnage (qui m'intéresse étrangement plus que Walter) la série semble valoir le coup d'œil.

On avance toujours dans l'enquête que suit Hank au sujet de Krazy 8 sans que la storyline présente un intérêt grandissant à l'heure actuelle.

En bref : Un excellent épisode, très bien réalisé qui vaut en grande partie pour la partie de Jesse qui devient vite mon personnage préféré. Au delà des scènes qui sont bien réalisés, il y a un rythme qui mérite d'être plus soutenu vu qu'il y a une légère baisse par rapport aux épisodes précédents. Mais la série, à défaut d'être addictive, se laisse suivre sans grande difficulté.

Posté par _Red à 07:23 PM - Breaking Bad - Saison 1 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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20-01-09

Breaking Bad épisode 1.03

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Pfiou, c'était intense ! Breaking Bad me fait vraiment penser à Mad Men tellement leur narration est semblable, je l'avais dit dans la critique de l'épisode précédent : c'est beaucoup plus difficile de résumer l'épisode qu'avec d'autres séries tellement il joue beaucoup plus sur le ressenti des personnages que les intrigues. Contrairement à d'autres séries où on a vraiment une intrigue par personnage ou groupe de personnages. C'est très subtil et on atteint le paroxysme de la maîtrise quand on voit que l'épisode est rempli et complet sans qu'on ait l'impression qu'une scène soit de trop.
J'ai préféré cet épisode au précédent. Alors c'est clairement pas une série à regarder n'importe quand, tout comme à mon avis Mad Men n'est pas une série à regarder n'importe quand pour des raisons différentes mais quand on s'y met, on y est. C'est très facile de se concentrer et de plonger dans l'épisode vu l'intensité des événements et la finesse de l'écriture.

Je vais peut-être commencer par ce qui m'a le moins intéressé, c'est l'histoire avec Skyler et son fils. Elle pense qu'il se drogue donc elle prend contact avec un agent de la DEA pour qu'il lui fasse comprendre les dangers de la marijuana à son âge mais bon, vu que c'est à la base un grand quiproquo vu que Skyler cherchait à comprendre les dangers de la drogue pour son mari cancéreux, c'est peu intéressant. J'ai pas trop compris l'intérêt de l'histoire même si on voit vraiment que la série va jusqu'au bout dans le glauque, notamment pendant la scène où l'agent en question mène Walter JR dans un quartier apprauvri où se cotoient prostituées, junkies dans des chambres de motel enneigées jusqu'au centimètre carré. C'était moyen mais pas forcément dispensable.

Du côté de Walter et Jesse, c'est plus correct. On est dans la pure suite de l'épisode précédent et on commence l'épisode avec le fameux nettoyage du bain de sang dans lequel se sont mis les personnages. Ca fait penser à True Blood avec l'explosion des vampires tellement les analogies sont frappantes. Bon, l'intrigue prend du temps à exploiter son vrai potentiel mais le tout est globalement d'un niveau assez élevé, bien plus élevé qu'à l'épisode précédent. Avec le temps je m'identifie vraiment aux personnages, la série évolue, c'est bon signe.

Là aussi, contrairement à d'autres séries, c'est vraiment des scènes qu'on garde en tête vu que Breaking Bad joue beaucoup la carte de la psychologie. Pas mal de scènes dérangantes. Une en particulier qui est très très longue quand Walter discute avec Krazy 8 dans le sous-sol.
Les dialogues sont justes, les relations prennent de l'épaisseur, notamment celle entre Walter et Krazy 8 qui est importante vu que Walter lui a avoué qu'il souffre du cancer alors qu'il l'a même pas annoncé à sa propre famille. C'est du très bon là aussi.
Les deux scènes qui suivent sont très poignantes, assez brillantes en soi.

Celle dans la cuisine avec l'assiette saisit, littéralement. Puis celle où il tue (enfin) Krazy 8 également. Ca m'a fait directement penser à une scène dans Eden Lake quand l'héroine plante le bout de verre dans le cou du gamin qui a tué son fiancé (ironiquement, on a ici le bout d'assiette qui manquait à Walter) dans un moment de haine puis l'aide à vaincre l'hémorragie en le posant contre elle. C'est très réaliste.
C'était poignant, brillant ici. La manière dont les réactions de Walter se manifestent relève vraiment de l'excellence tellement c'est fort : Walter se rend compte qu'il lui manque un bout de l'assiette, il réalise qu'il doit mettre fin à la vie de Krazy 8 qui la possède évidemment, il se retourne et dès qu'il se rend compte que Krazy 8 peut le tuer à n'importe quel moment, l'étrangle et demande pardon. C'est vraiment le genre de situation où le protagoniste n'a qu'une seule option : c'est fascinant.

Le cliffhanger est assez bon aussi avec Walter qui a quelque chose à dire à sa femme. Le cancer ou sa collaboration avec Jesse, carrément autre chose ? Il me hâte de voir la suite.

En bref : Breaking Bad exploite tout son potentiel dans cet épisode de haute volée qui est lourd à digérer, lourd à visionner mais à la qualité d'écriture indéniable. Très belle réalisation aussi à noter, j'en ai parlé dans la critique de l'épisode précédent.

Posté par _Red à 06:43 PM - Breaking Bad - Saison 1 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18-01-09

Breaking Bad épisode 1.02

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Avec un peu de chance, Breaking Bad va faire le même chemin que Mad Men et True Blood : deux séries que j'apprécie actuellement mais qui étaient loin de me convaincre dès leur pilote (à vrai dire, les pilotes de ces trois séries étaient difficilement regardables sans être forcément mauvais pour les deux séries d'AMC). C'est peut-être le problème d'AMC en fait : elle offre des séries assez atypiques donc il faut du temps pour s'y habituer.
Et puis comme je l'ai dit sur le bilan de la saison 1 de True Blood juste en dessous, quand je décide de revenir vers une série qui ne m'a pas convaincue au pilote, je fais l'impasse sur ce qui a rendu le visionnage lourd (le rythme principalement) pour se concentrer sur le potentiel de la série, ce qui me plaît et peut éventuellement me pousser à poursuivre la série en question.

Justement, je ne sais pas si c'est parce que j'ai revu mes exigences pour Breaking Bad ou c'est parce que le pilote a permis de planter directement le ton du show et qu'il fallait s'y habituer (alors que je me suis lancé dans le pilote sans avant-goût), mais j'ai préféré ce deuxième épisode même si je trouve que la série ne perdrait pas à multiplier ses intrigues.

On est dans la suite directe du pilote donc, je suis ravi qu'on quitte le paysage désertique pour quelque chose de plus conventionnel : contrairement au pilote, les scènes à l'intérieur sont beaucoup plus nombreuses et on sent presque l'étouffement physique et mental qu'éprouvent les personnages (les couleurs sombres y sont dominantes).
Autant le dire tout de suite, le réalisation est un atout qui ne porte pas préjudice à la série. La différence entre les décors des deux épisodes est flagrante même si le climat reste le même : les personnages sont pris dans leurs propres pièges (un peu à l'image de Nancy Botwin dans Weeds dans une intention beaucoup plus comique, moins tragique que Breaking Bad) et le cancer de Walter vient rajouter au dramatique de la situation une touche de déstabilisation qui correspond bien au ton de la série.

À partir de là, la série se concentre plus sur le ressenti des personnages que sur l'action et les intrigues. La série est très proche de la narration de Mad Men, l'autre série d'AMC, dans ce sens : le résumé de l'épisode peut se rédiger en trois lignes.

Walter et Jesse se retrouvent avec un homme dans leur sous-sol et des corps à évacuer. La situation se complique et c'est intéressant de traiter et de la collaboration entre Walter et Jesse et du cancer de ce premier à travers des anecdotes, par exemple quand il donne un cours et qu'il est perturbé par des voix qui le déconcentrent. Maintenant je ne me suis pas encore littéralement attaché aux personnages donc je ne suis pas complètement plongé dans l'épisode quand je regarde Breaking Bad. Ca viendra avec le temps sûrement.

Comme je l'ai dit, la série gagnerait à multiplier ses intrigues parce qu'il y a peu de choses à côté. J'avais oublié qu'en parallèle Skyler attendait un enfant donc évidemment ça rend la situation avec Walter plus difficile. Elle commence à avoir des doutes quant aux activités de Walter. Elle parle à Jesse le temps d'une scène et c'est intéressant de développer des dynamiques qui vont au-delà des relations habituelles Walter / Jesse et Walter / Skyler.
Cela dit, la série ajoute des touches d'humour non-négligeables qui rendent le visionnage plus léger notamment quand Jesse se met en face du cadavre qu'il sort du véhicule pour empêcher Skyler de le voir. On met en place les différents éléments perturbateurs, ça devient plus intéressant que le pilote qui se contentait de planter la situation.

Le cliffhanger est très surprenant en tout cas avec la déterrioration de la baignoire. Je ne m'attendais pas à cela et là aussi on ajoute des touches d'humour pour terminer l'épisode sur une nouvelle embûche : une fin tragi-comique qui joue sur le pathétique en même temps. La première impression qu'on a de la série après un tel cliffhanger c'est qu'elle est spéciale, c'est certain, et qu'elle risque pas de jouer la carte de la prévisibilité, du moins pas tout de suite.

En bref : Si le premier épisode servait plutôt d'introduction, celui-ci amène subtilement les éléments perturbateurs et développe convenablement le potentiel de la série à ce stade à travers une réalisation particulièrement aisée qui rendent l'épisode plus riche que le pilote et une dynamique entre les personnages qui donne envie de voir la suite. Je reste confiant après un épisode comme celui-ci.

Posté par _Red à 03:13 PM - Breaking Bad - Saison 1 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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