02-06-09
Shameless, take one (S1)
C'est en janvier 2004 que cette série britannique voit le jour, un an avant la renaissance de Doctor Who, trois avant le lancement de Skins. Peu connue par le public français, certainement moins que Skins qui est plus mise en avant, ne la boudons pas puisqu'on a avec Shameless une toute nouvelle façon de pressurer le ton tragi-comique typique des anglais. Trash, sombre et déjantée, tout en restant terre-à-terre et sérieuse, Shameless est un de ces produits télévisuels qu'on a du mal à laisser tomber, devant lesquels il est difficile de rester indifférent.
Bienvenue dans la banlieue de Manchester, bienvenue dans le monde des Gallagher, tous énergumènes : père alcoolique, mère lesbienne disparue, demi-douzaine de gosses, la présentation au début du pilote plante bien le ton qu'adoptera la série tout au long de la première saison : c'est spécial.
La plupart des personnages se rattachent à un stéréotype mais contrairement à Skins qui partait avec ce même handicap, Shameless se limitera à ça et n'arrachera pas l'étiquette qu'elle a octroyé à ses personnages, le ton de la saison est davantage parodique et la série ne cherche pas à jouer la carte du réalisme dans les événements qui marquent la saison (vol de gosse, enterrement déguisé, et j'en passe).
Les tribulations de cette famille britannique se faisant de plus en plus insensées, tout ce qui en ressort est une consolidation du leitmotiv du show - la dynamique familiale -, l'excès de ce ton excentrique entraînant finalement un amas de sentiments pathétiques (dans le bon sens du terme) grâce à la subtilité narrative.
Cela dit, à force de jouer à fond dans ce registre désinvolte, la série finit par n'être reconnue que pour ça, à son désavantage. Si cette première saison est globalement agréable à suivre et on (sou)rit beaucoup - beaucoup - grâce à cet humour british spécial, (politiquement incorrect), on ne peut s'empêcher de se dire que la série peut aller plus loin. Se concentrer, comme le fait Skins, à chaque personne davantage par exemple. Car la série prend constamment la mauvaise habitude de mettre le thème familial au cœur des intrigues, ce qui rend finalement les épisodes trop redondants sur la forme.
Il y a un paquet de thèmes à explorer et la série manque beaucoup de profondeur sur certains aspects. Rares ont été les moments où les scénaristes ont décidé de rentrer plus dans le détail pour développer certains traits de caractère chez certains personnages (mis à part Frank sûrement, le père, personnage principal), il y a une certaine retenue de ce côté-là.
Le développement est resté générique, mais c'est sûrement la saison inaugurale qui exigeait cela, espérons que la saison 2 touchera certaines thématiques plus en précision.
Globalement, cette première saison de Shameless a réussi avec succès sur un point: planter un style. Si elle patauge continuellement dans la présentation, la série peut désormais décoller et évoluer en développant davantage les atouts qu'elle a introduit tout au long de ces 7 épisodes. On arrive à se prendre d'affection pour les personnages donc il est difficile de lâcher la série.
Pour comparer, la série arrive à faire un mélange des atouts qu'ont Skins et Californication, le tout avec une phraséologie british qui singularise bien la série.
24-05-09
Bilan Desperate Housewives s5
Maintenant que la très controversée saison 5 de Desperate Housewives vient d'arriver à son bout (soupir), l'heure est au bilan. Beaucoup ont aimé la saison 4, personnellement j'ai beaucoup aimé le début, la fin, c'était un peu du n'importe quoi. Beaucoup n'aiment pas voire dénigrent cette saison 5, moi j'ai bien aimé. Soyons honnête, s'il y a bien un atout qu'on peut donner à cette saison 5 que la précédente n'avait pas, c'est la qualité constante: que ce soit dans la nullité, la médiocrité ou l'ingéniosité scénaristique, dépendant de comment certains voient encore la série, la saison 5 est beaucoup plus homogène que la quatrième.
Finis les faux-espoirs d'un renouveau potentiel pendant les 5-6 premiers épisodes, Marc Cherry est passé à autre chose: les premiers épisodes se suivent avec le même enthousiasme que ceux de la mi-saison et dans une moindre mesure, ceux de la fin de saison.
En somme, la saison reste assez digeste et mis-à-part le fil rouge annuel encore plus saugrenu que celui de la saison 4, les intrigues des housewives se laissent suivre avec intérêt, même si encore une fois la série prouve que les saisons de 23-4 épisodes ne lui siéent pas : on brasse souvent de l'air, la fainéantise des scénaristes résulte en des intrigues voulant constamment jouer sur un comique de situation périmé, intrigues reprenant encore et toujours les mêmes leitmotivs pour venir cimenter les archétypes du show : Lynette la maman sans-gêne à l'égo surdimensionné, Gabrielle la fashion-woman, Bree la unhappily-married et Susan (...)
Les créateurs voulaient avec cette saison 5 retrouver le goût d'écrire de la première année, ce ton assez innovateur et imprévisible de la saison 1. C'est en partie réussi, même si la saison ne vaut en rien la première saison, c'est avec la saison 2 celle qui lui ressemble le plus. Les saisons 3 et 4 étaient de purs produits soapesques artificiels avec de grosses ficelles et des intrigues rocambolesques en veux-tu en-voilà (prise d'otage, tornade, cancer, pédophile dans le quartier, damn, quelle banlieue réaliste). Le genre de saison qu'on finit en se disant "ça, c'est de la fiction" (nulle)

La saison 5 a l'avantage de moins mettre l'accent sur les intrigues et de revenir sur les problèmes plus intérieurs des personnages : que ce soit la crise de la cinquantaine de Tom, la pauvreté (relative) des Solis ou l'évolution du couple Mike/Katherine, la saison a réussi à toucher certains thèmes humains intéressants, les rebondissements voulus choc étaient moins dominants.
Cela dit, les intrigues de ce genre sont toujours extrêmement boiteuses dans DH, il y a celles qui plaisent et celles qui déplaisent, dépendant des épisodes et encore plus dans cette saison qui mettait davantage l'accent sur celles-ci.
Il y a néanmoins un ÉNORME problème dans cette série et si la majorité des faiblesses que connaît Desperate Housewives (et qui sont nombreuses) peuvent être pardonnés pour la volonté du divertissement, celle-ci devient tout juste insupportable: le fil-rouge annuel. Déjà celui de la saison 4 ne volait pas haut (je hais la Mayfair), autant celui-là est du pur produit comique tellement c'est mal écrit et mal interprété. On veut jouer sur une pseudo-psychopathie pas crédible à un seul moment et le fait de rallonger la sauce pendant toute la saison, ce fameux plan je-vais-faire-payer-Mike-pour-ce-qu'il-a-fait-à-ma-famille (bof) était d'un pathétique ! Un bide rarement atteint dans le paysage sériel, c'est dire si le fil rouge de la saison 2 de Damages attire plus l'intérêt (comparer Damages et Desperate Housewives, wtf, William Hurt si tu me lis)
La saison 5 a aussi été marquée par un événement majeur: la mort d'Edie. Je ne vais pas trop m'étaler là-dessus, je dirais simplement que le départ de Nicollette Sheridan est certes dommage mais ne changera à mon avis en rien la série vu qu'elle ne se contentait que d'apparences anecdotiques, puis on la couplée à ce fameux Neal McDonough pendant trois quarts de la saison, ce qui était juste une assez mauvaise idée.
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Alors certes niveau qualité, la série touche le fond, certes les scénaristes sont en manque (flagrant) d'imagination mais si le divertissement est assuré, la série reste néanmoins toujours efficace [relativisons] et pour ça, on peut remercier les actrices qui arrivent à remonter le niveau d'un scénario assez faiblard. Desperate Housewives reste une série récréative avant tout, cette saison 5 est agréable à suivre, à défaut d'avoir réussi à retrouver l'étincelle des débuts. Bref, j'attends pas la saison 6 avec impatience mais la série fait encore un mince effet, espérons que la saison 6 n'épuise pas les ressources de la série à jamais.
07-01-09
Bilan : Californication saison 2
Je ne sais pas exactement ce qui m'a fait préférer cette saison à la précédente, je ne sais pas ce qui m'a réconcilié avec Californication mais j'ai passé un bien meilleur moment devant les épisodes de la saison 2 que devant les épisodes de la saison 1. Je ne serais même pas contre revoir certains épisodes de cette deuxième saison alors que ce serait me forcer que de revoir des épisodes de la saison 1. Cela dit, la saison 2 est beaucoup plus égale en comparaison à la saison 1, je ne regarde pas Californication d'un regard analytique quelconque, mais c'est plutôt flagrant.
Les surprises arrivent plus facilement, on se laisse prendre par les storylines et par le génie de la plume de Tom Kapinos qui a réussi à nous pondre une saison qui répond au potentiel de la série -assez maigre mais présent-, Californication devenant ce qu'elle était supposée devenir pour moi : une série récréative, bien écrite, drôle et décalée (ce qu'elle n'était pas intégralement en saison 1). Si la saison 3 est du même accabit, voire meilleure, la série aura prouvé qu'elle est une valeur sûre de Showtime : un show dans la lignée de ses homologues, c'est-à-dire peu prétentieux, qui ne révolutionne en rien le paysage audiovisuel américain mais qui fait passer un bon moment et qui se démarque par sa capacité à délivrer des dialogues jouissifs et d'apporter une touche dramatique qui lui sied bien.
L'atout principal de la saison 2 de Californication ? Le dialogue, certainement. J'ai bien plus ri devant cette deuxième saison que devant la première. La série s'aventure aussi dans un terrain plus dramatique, moins superficiel et moins prévisible (le gros problème de la saison 1 étant son fil rouge, une reformation du couple Hank / Karen était inévitable), cette saison on passe d'espoir à désespoir sans tomber dans un ton foncièrement dépressif, la série étant une comédie avant tout : le thème de l'amour impossible a été bien traité. De façon sobre mais aussi répétitive, cela dit avec le charme et le talent de David Duchovny et Natascha McElhone, le tout passe assez facilement.
C'est le génie-pur de cette série : elle est bourrée de défauts (de la provoc' gratuite, un scénario léger et beaucoup de personnages boulets) mais ils sont facilement pardonnables et ne sont pas préjudiciables à sa qualité. Les scénaristes jonglent un peu moins entre le choix d'offrir des histoires anecdotiques au détriment de storylines étalées sur la saison complète (ce pour quoi la première saison était en grande partie inégale) : les personnages interagissent plus souvent entre eux et font face aux problèmes de leur quotidien, ponctué par sexe, drogue et une soif continuelle pour le politiquement incorrect principalement. En ce sens, il y a un certain sens du réalisme et de la continuité qui s'est gentiment installé et qui rend cette saison 2 bien plus fouillée que la première.
Cela dit, il ne faut pas oublier que la série joue avant tout la carte de la provocation gratuite, Californication étant à l'heure actuelle une des seules séries américaines se consacrant en grande partie au thème de l'addiction au sexe. Comparée à la première saison, la saison 2 a moins joué le jeu de la provoc-pour-faire-de-la-provoc mais les dialogues sont majoritairement axés sur le cul, pardonnez l'expression (ou pas).
Quoiqu'on en dise, l'écriture est l'atout premier de Californication. Si les personnages principaux sont peu charismatiques pour la plupart (outre Hank et Karen à la limite), les dialogues rendent la série potable. Un autre atout non-négligeable, c'est évidemment le comique de situation. La saison 2 avait fort bien commencé dans cet esprit là : Hank se retrouvant en prison pour avoir insulté un policier après avoir trompé Karen en glissant sa tête dans la fausse entre-jambe féminine, non-intentionnellement.
La saison 2 poursuit dans cette optique avec un épisode où on nous révèle qu'il est le père potentiel d'un futur gosse après avoir couché avec la femme d'un ami (refuté dans le dernier épisode de la saison), qu'il a couché accidentellement avec la mère du petit-ami de sa fille, avec une prostituée et j'en passe.
La saison 2 a été bien plus originale de ce côté-là, là où la saison 1 se contentait de toujours tourner autour de la même idée : Hank se contentait d'assouvir sa soif du sexe avec la première venue, que ce soit une nonne lui faisant une fellation dans une église ou avec une femme-fontaine à un moment donné dans la saison 1. Quoiqu'on fasse, le personnage n'évolue pas - et tant mieux en un sens - : le but de la série de jouer sur le comique de situation en camouflant l'effet de répétition a porté ses fruits et le personnage principal a gagné en sympathie par conséquent.
Qui dit nouvelle saison, dit évidemment nouveaux personnages. De ce point de vue là, la saison 2 a été riche en nouveaux personnages loufoques, en particulier ce fameux Lew Ashby qui meurt dans des conditions tragiques dans l'avant-dernier épisode de la saison. Sa mort aura démontré le flair qu'a la série de jouer sur ce style narratif tantôt délirant tantôt dramatique : son attaque mortelle survient avant qu'il puisse retrouver Janie Jones (interprétée par Madchen Amick, une actrice que j'over-adore, là aussi un point positif pour la saison), accessoirement retrouver la femme qu'il aime, mais quelques secondes après avoir sniffé sa dernière lignée de coke.
Là encore, on joue sur le thème de l'amour rendu interdit par cet appétit pour la fornication - littéralement - et la drogue, la série maîtrise bien ses thèmes et se compte parmi les nombreuses séries qui ont, malgré leur apparence superficielle et sommaire, un aspect tragique bien exploité qui donne à Californication un sens de la subtilité scénaristique que d'autres séries n'ont pas.
Quoi qu'on en dise, après cette deuxième saison, Californication reste une série que je trouve toujours bien écrite, bien plus que la première, un format 26 minutes bien exploité, rarement ennuyant, surtout divertissant. Qu'en avez-vous pensé ?
01-01-09
Bilan : Dexter saison 3
Saison fatale pour Dexter. Je vais parler pour moi mais cette saison a fait baisser Dexter de mon estime, de façon assez impressionnante. C'est l'effet-ABC chez les chaînes câblées, à comprendre Showtime donc : un départ fort en intrigue puis une série qui perd petit à petit de son attrait principal au fil des épisodes. Ce n'était pas complètement imprévisible non plus, après une saison 2 dynamique et hypra-démentielle, il fallait s'attendre à quelque chose de plus mou mais ce qui était moins courru d'avance, c'était que la série allait s'embrouiller dans des conventions dignes d'une série qui traite ses sujets avec traditionalisme. Ce que n'était pas Dexter dans les premières saisons. Il faut en tout cas se familiariser avec le nouveau-Dexter : Daniel Cerone is gone, Charles H. Eglee, auteur-producteur sur The Shield notamment, a pris sa place dans une série qui avait tout d'une grande mais qui a peu à peu montré ce qu'elle était capable de faire ... en pire.
La saison avait commencé de façon assez molle et outre quelques épisodes assez over-the-topisés mais géniaux tout du moins (le 9 en particulier), le rythme est resté le même sur une grande surface de la saison.
On quitte le season finale -lent mais passionnant- avec une révélation-choc : Rita est enceinte. À partir de ce moment, il était légitime pour le vrai-fan de se demander si cette intrigue casse-gueule n'allait pas faire de l'ombre au développement psychologique de Dexter en tant que tueur en série. Finis les monologues éthiques sur la légitimité de ses actes criminels, Dexter se demande désormais s'il a les atouts qui font un bon père et hypothétiquement, s'il y a des chances que son futur gosse soit troublé par une soit-disant-absence d'émotion, rattrapée par une envie démangeante de se débarasser manuellement des criminels.
Le problème de cette troisième saison vient de cette révélation-là : on quitte les faits (Dexter étant un tueur en série) pour les hypothèses (Dexter peut-il être un bon père, compte-tenu de son défaut criminel) ? À partir de là, les scénaristes nous ont pondu une suite de monologues insipides et prévisibles sur les qualités d'un père, nous mettant en scène un Dexter agissant toujours de la même façon, un Dexter qui quitte son statut de personnage atypique pour un profil traditionnel et sans surprises du futur-père peu sûr de soi.
L'autre intrigue conséquente de cette troisième a été l'arrivée d'un nouveau personnage, Miguel Prado, interprété par Jimmy Smits. Prado représente évidemmente ces personnages de la série qui viennent le temps d'une saison avant de la quitter au dernier épisode. Avant-dernier dans ce cas.
Chacun de ces personnages ont permis à Dexter d'évoluer, ou dans certains cas aux téléspectateurs de mieux comprendre le personnage. Cette saison, on avait plus l'impression de suivre un conflit similaire à celui qui opposait Dexter à Lyla plutôt que celui liait Dexter à son frère dans la première saison. Ce qui n'était pas pour me déplaire mais force est de constater que les scénaristes nous ont presque fait de la fade copie de la saison précédante : le secret de Dexter re-mis en danger, un conflit amis-ennemis naviguant entre le convaincant et le redondant : l'intrigue avait tout d'un procure-adrénaline télévisuel de bas-de-gamme.
L'intrigue en soi était convaincante, même si à aucun moment on avait l'impression de voir Dexter nous paraître plus familier (comme dit plus haut : le personnage devient prévisible), à aucun moment on avait l'impression de voir le personnage évoluer comme il a évolué dans la saison 2 face aux nombreux retournements de situation.
Même si cet arc était de loin ce qui était de plus potable cette année, on avait plus l'impression de suivre un conflit passager -sans importance- pour nous faire sauter du siège plutôt que pour développer le personnage à proprement parler.
Un des gros points faibles de la saison 2 était cet abus de facilités scénaristiques permettant à Dexter de (toujours) s'en sortir d'une situation qui mettrait son secret out in the open avant le dernier épisode de la saison. L'abus a cédé à la dépendance : cette saison, la pratique, bien plus abondante, a montré ses limites.
À chaque situation potentiellement dangereuse pour Dexter, les scénaristes lui trouvent un moyen de s'en sortir -certes un peu plus recherché que dans d'autres séries, nous sommes sur le câble- parfois bluffant même, mais on en retire toujours ceci : Dexter est un héros. Toutes les coincidences imaginables se traduisent comme par hasard comme traitement de faveur pour Dexter, dans son conflit contre Prado principalement cette année. On peut donc se demander l'utilité de multiplier les forces s'alliant à Dexter s'il arrive à chaque fois à les contrer, les bras dans les poches avec le soutien-continuel des scénaristes. Déception.
Enfin, cette saison on s'est beaucoup concentré sur les personnages secondaires, à tord. Les scénaristes les pensaient peut-être sous-exploités les saisons précédentes, ce n'est pas en multipliant les storylines romantiques qu'ils allaient attirer notre sympathie, ou plus du moins. Outre Debra qui bénéficie d'une intrigue romantique plus convaincante et crédible que celle des autres personnages -parce que c'est le meilleur personnage de la série, tout vrai-fan du show le conçoit-, celle de Batista était loin d'être passionnante.
Du coup, cette volonté de s'appuyer sur des atouts sous-exploités -il est vrai- les années précédentes n'a fait que de mettre en évidence les lacunes scénaristiques de la série cette année. Autant garder le maigre temps d'antenne qu'ont bénéficié les personnages secondaires plutôt qu'essayer dans se lancer dans quelque chose de potentiellement foiré.
En bref : On tient là la saison la moins réussie de Dexter, en grande partie à cause de cette conformisation du show. Non seulement les points faibles des saisons précédentes se sont fait plus évidents cette année, mais la série se repose trop sur ses lauriers : elle sur-abuse des mêmes méthodes scénaristiques, des mêmes facilités ce qui fait qu'elle devient beaucoup trop prévisible. Je ne serai pas le premier sériephile à me lancer dans la saison 4 plus tard cette année.
27-11-08
Analyse : Mad Men (saison 1)
Sur une des captures du générique, on peut lire "Enjoy the best America has to offer" : serait-ce un message caché quand on sait que la série est la reine des Emmys ? Peut-être. Parce que ni plus ni moins, Mad Men est la série la mieux écrite qu'il m'ait été donné de voir. Si ça n'en fait pas ma série préférée pour autant, c'est une série que nulle autre ne peut égaler. Même les quelques épisodes de Six Feet Under me feront dire que Mad Men est une série encore plus détaillée que Six Feet Under puisque dans Mad Men tout, mais alors tout, est important. Chaque expression faciale est importante, chaque mot du dialogue a son importance, ce qui fait de la série un pur produit de génie où la justesse est un de ses nombreux points forts. Analysons cette première saison qui nous emmène dans un univers complètement à part, le New York des années 60 où les hommes affirment leur pouvoir, le féminisme progresse et où, évidemment, le tabac est répandu.
Si on commence peut-être par ce qui est en arrière-plan, on remarque une réalisation remarquable. Retranscrire l'univers visuel des années 60 n'était pas chose facile mais on s'imprègne facilement dans un monde visuel totalement à part, ce qui permet évidemment de comprendre directement la façon d'agir des personnages et leur attitude. Maintenant, si les décors sont parfaits, on peut aussi noter des plans visuels particulièrement beaux.
Chaque épisode se termine sur un plan visuel magnifique (en début de saison 1 peut-être moins) qui correspond à chaque fois au propos de la série. Je me souviens du dernier plan de l'avant-dernier épisode de la saison 1 quand Don Draper rentre chez lui, sa femme allongée à ses côtés alors qu'il reste dans une position parfaitement verticale là où sa femme est dans une position parfaitement horizontale.
La caméra recule et on se rend compte de cet équilibre et de la dynamique : l'homme debout, devant soigner ses apparences (ce qui, d'ailleurs, est le leitmotiv de la série) et la femme allongée aux côtés de son mari, plus discrète mais présente. C'est particulièrement beau. On en trouve plein aussi dans le season finale réalisé par Matthew Weiner. De ce point de vue là, on voit quand même à quel point la série joue sur la précision. C'est des détails qu'on ne trouvera jamais dans un show médiatisé comme Desperate Housewives ou Grey's Anatomy.
Mad Men suit donc les péripéties de plusieurs hommes et femmes travaillant dans une agence de publicité dans les années 60 et comme pour plusieurs séries qui utilisent cette formule-là, c'est moins du côté du thème principal que l'intérêt de la série réside. Si les scènes dédiées à la recherche d'un slogan ou d'une stratégie pour inciter le public-cible à acheter le produit vendu sont bien écrites et pouvant instruire, c'est davantage du côté des personnages que la série excelle.
Don Draper, évidemment, le protagoniste-clé du show, représente à lui seul tous les atouts de Mad Men. L'interprétation de Jon Hamm - comme celle de tous les acteurs de la série - est excellente. Mad Men est réellement une série qui joue sur l'authenticité du caractère. Le jeu d'apparences devant ses collègues est bluffant. C'est un personnage extrêmement méfiant, qui garde tout pour lui et qu'on n'arrive pas à cerner dès le premier épisode (le téléspectateur reconnait après le final que c'est un personnage que personnage n'arrive à comprendre, ni même le téléspectateur lui-même). Il y a quelques scènes dans la saison 1 où on voit Draper littéralement sur les nerfs et exploser de colère dès qu'il est seul et au moment où une personne entre dans son bureau, il retrouve la facade qui le caractérise. À nouveau, on joue énormément sur l'authenticité du caractère et par opposition, le jeu d'apparences qui s'appuie sur une volonté continuelle de paraître posé pour les autres.
Si Draper est l'atout premier de la série, le personnage "dont tout le monde attend la chute", les personnages secondaires sont excellents également. Notamment Peggy et Betty, respectivement la secrétaire et la femme de Draper, qui arrivent à travers plusieurs anecdotes à nous faire comprendre la place de la femme dans les années 60 mais surtout le progrès et l'évolution qu'on leur réserve.
Les années 60 est une période historique importante où beaucoup de progrès tentent d'être effectués pour les femmes avant qu'ils ne trouvent leur validité une décénie plus tard. Evidemment, le seul but des personnages féminins n'est pas de représenter la situation sociale dans les années 60 mais comme dans toute série, on développe leurs vies personnelles, notamment avec le mariage perturbé entre Don, qui trouve en sa liaison extraconjuguale un échappatoire continuel à ses problèmes quotidiens, et Betty, sa femme, qui tente de montrer son fort caractère à travers plusieurs intrigues anecdotiques au cours de la saison. On peut faire le parallèle avec les personnages masculins. Les plus importants restent très certainement Campbell, pris dans une relation où le rapport homme / femme est continuellement traité, et Sterling, brillamment interprété par John Slattery, infidèle lui-aussi, jusqu'à ce qu'il frôle l'expérience de la mort. Toutes les répliques et attitudes des personnages sont finalement très représentatives du statut social donné aux sexes à l'époque dans laquelle se situe Mad Men.
Outre ce rappel constant que l'action se produit 50 ans dans le passé, le réel problème de cette première saison de Mad Men reste le manque d'un certain fil conducteur. On a bel et bien le secret de Draper qui finalement n'aura eu aucune conséquence sur la réputation de ce dernier mais ce n'est pas assez. Là où certains personnages comme Betty héritent constamment d'intrigues anecdotiques souvent indépendantes, les protagonistes, eux, ont un temps d'antenne mieux géré et on sent un certain décalage entre la qualité des intrigues dépendant des personnages. Ce qui est dommage puisqu'on sent finalement une inégalité dans la qualité de la saison : les premiers épisodes manquent cruellement de fond et certains, en milieu de saison, sont excellents, là où les épisodes clôturant la saison laissent un goût mitigé.
Par contre, l'atout qui sera resté tel quel tout au long de la saison, c'est le rythme du show. Et c'est sûrement là que pose le problème puisqu'il y a ceux qui adhèreront et ceux qui détesteront. Il ne faut pas, mais alors vraiment pas s'attendre à une série mouvementée puisque le seul moment qui nous surprend réellement, c'est la crise de Roger Sterling dans l'épisode 10. Toute l'énergie de Mad Men se focalise sur le travail des expressions faciales, l'écriture et la réalisation. Il n'y a pas une once d'action et c'est très dur de se lancer dans la série sans avoir d'à priori et de réellement apprécier la série à juste valeur dans ses premiers épisodes. Dès le troisième épisode, on commence à se familiariser avec Mad Men et on comprend que le rythme porte parfaitement le show vers le haut, pas dans tous les épisodes c'est vrai, mais on ne peut s'empêcher de trouver la richesse visuelle du show assez convaincante pour rendre le rythme lent, légitime.
En bref : Mad Men est une série frôlant la perfection dans plusieurs domaines. Le fait que l'action se déroule dans un New York des années 60 représente un atout incontestable : l'idée directrice de cette première saison nous offre des personnages très riches, un développement quasi-parfait des relations entre les personnages et un travail sur la mise en scène plutôt spectaculaire.
Le générique de la série.
23-06-08
Présentation : Damages (saison 1)
Cette analyse de la première saison de Damages contient très peu de spoilers.
Damages, Damages... beaucoup de choses à dire sur cette série tellement elle est complexe ! Contrairement aux grands fans, je ne vais pas dire que je trouve la série absolument sans faille mais c'est une bonne série et elle a offert une première saison convaincante, très addictive (me suis dévoré la première saison en quelques jours seulement) dotée d'une palette d'acteurs justes, vifs qui apportent à l'écriture de leurs personnages un aspect à la fois mystérieux et attrocement attachant. Voilà une série dans laquelle il faut se lancer sans rien savoir à son sujet pour l'apprécier à sa juste valeur et ne pas se laisser influencer par le ressenti des autres fans avant le visionnage.
Une première saison qui peut être qualifiée de plusieurs adjectifs, à la fois complémentaires et opposés. Elle est addictive sans être forcément rythmée. C'est à la fois son point faible et son point fort. Même si les épisodes manquent de dynamisme, les fans se retrouvent inconditionnellement pris par l'envie de découvrir le dénouement de l'histoire ce qui fait que, même si un épisode n'est pas forcément réussi, le téléspectateur désire quand même se lancer dans la suite puisqu'il sait que la série est construite sur un schéma qui fait que chaque épisode est indispensable puisqu'il apporte son lot de révélations sur une trame que les scénaristes ont réussi à rendre très prenante au fil des épisodes de la première saison. La présence des flashforwards (des séquences qui se déroulent dans un futur particulièrement douteux où les péripéties font froid dans le dos) apportent beaucoup à cet atout de mystère qui a parcouru ce premier chapitre.
Parce que finalement, c'est exactement ce qu'est Damages, une sorte de roman et chaque saison s'appuie sur une fraction de l'histoire, un chapitre pour reprendre le terme. Je dois avouer que je ne suis pas déçu de la manière dont j'ai visionné la série (à un rythme approximatif de 3 épisodes par journée, 5 pour les derniers :)) puisque ça correspond exactement à la construction de la série. On a presque l'impression que les scénaristes nous narrent une histoire réelle tellement la série joue, à l'instar de Dexter, sur les détails et son développement est concis et délibéré. C'est comme ça qu'on remarque une série de qualité. Finalement, je pense que je vais opter pour la même manière de visionner pour la deuxième saison puisque je me vois mal visionner un épisode et devoir attendre une semaine pour me remettre dans l'histoire. Les épisodes sont tout sauf indépendants et la série est fluide. Rares sont les séries bâties sur le même squelette que celui de Damages et c'est encore un de ses nombreux points positifs.
Mais Damages, de quoi ça parle exactement ? Diffusée sur la chaîne câblée FX depuis juillet 2007, la série avant tout judiciaire met en scène le showdown entre Patricia Hewes, une des grandes avocates de New York et sa nouvelle assistante Ellen Parsons. Le fil rouge de la saison ? Une affaire contre Arthur Frobisher, un milliardaire accusé d'avoir fauché ses clients. Un des gros atouts de Damages : le fait que l'on ne connait pas ses limites. Le téléspectateur reste dans le flou de ce côté-là. Les flashforwards nous présentent ce qu'on pouvait imaginer au départ comme étant la fin de ce grand complot visant à détruire Ellen et comme dit plus haut, ça augmente intelligemment le sentiment de curiosité et d'adrénaline. La série joue beaucoup avec le téléspectateur en lui proposant des séquences qui mettent sur les nerfs. Les retournements de situation sont imprévisibles, chaque élément du puzzle est convenablement développé. Les épisodes (à l'exception d'1, le 105 sauf erreur) sont indispensables car ils font gentiment avancer l'affaire. Malgré le manque de rythme, on sent la série maîtrisée et réfléchie.
(Encore) un des grands atouts de la saison 1, c'est la manière dont Damages arrive à trouver l'équilibre entre personnages et scénario. L'affaire avance à la même vitesse que les personnages et l'évolution de ces derniers est totalement pertinente. Je suis peut-être le seul parmi les fans de Damages, mais au niveau des personnages celui qui m'aura le plus marqué et dont l'évolution aura été sans faille, à la fois parfaitement écrite et interprétée, c'est celui interprété par Rose Byrne, à savoir Ellen. En effet, pour moi au cours de cette première saison ce personnage aura été le plus intéressant (même plus que Patty Hewes malgré le talent indéniable de Glenn Close qui est un poil meilleure que Rose Byrne même si leurs personnages sont complètement différents). On remarque l'évolution gérée: Ellen a été présentée comme étant un personnage extrêmement naif et faussement épanoui là où elle termine sa saison sur un visage glacial et son caractère a été forgé d'une manière très intéressante au cours de ces 13 épisodes. Rose Byrne a une capacité impressionnante à retranscrire visuellement les réactions humaines face à la force du jeu de Glenn Close. Finalement, le téléspectateur ne prend pas trop de peine à s'identifier à son personnage à un moment donné de la saison. Le problème avec Patty Hewes, bien que ce soit un personnage très bien écrit, c'est qu'on ne sait pas toujours quel jeu elle joue. Ca se remarque quand elle vulnérable (quoique, ne jamais se fier aux apparences), mais son attitude envers son entourage, en particulier avec Ellen a dégagé quelques confusions.
Au niveau de la réalisation, la série se suit de manière très plaisante. Un petit défaut néanmoins qu'on a pu retrouver dans la première saison de Dexter (qui a presque complètement disparu dans la deuxième) et la deuxième de Lost, une impression d'emprisonnement puisqu'on revient toujours sur les mêmes décors et les seuls plans en extérieur sont très (trop) assombris, même si la série en elle-même possède un ton assez foncé. On peut aussi noter la qualité graphique des flashforwards qui vont aussi bien avec le ton caustique qui se dégage de ces séquences.
Au final, une première saison convaincante, addictive pour une série intelligemment écrite, bénéficiant d'excellents membres de la distribution qui ont tout donné pour offrir le plus de précision à l'écriture. Dommage que le manque de rythme ait donné un élan assez lent à la série mais elle se rectifie habilement en fin de saison. L'adrénaline est plus que présente grâce au sentiment de curiosité extrême que procurent les scénaristes à leur téléspectateurs.
26-04-08
Présentation : Kyle XY (saison 1)
Nouvelle rubrique pour le blog, puisqu'il peut m'arriver de me lancer dans l'analyse d'une série en particulier (complète ou partielle) et aujourd'hui, comme m6 vient de terminer la diffusion de la première saison (elle reprend la semaine prochaine pour la deuxième saison), j'ai décidé de me pencher sur le cas de Kyle XY, la série qui fait un carton aux Etats-Unis, sur W9 et maintenant sur M6 (son lancement a été suivi par une moyenne de 3,9 millions de téléspectateurs pour sa première soirée sur la chaîne, dépassant les 4 millions la même soirée). C'est pas une série que je pensais aimer autant car le genre ne m'a jamais intéressé mais il faut dire que je ne me suis jamais vraiment posé la question de si oui ou non j'allais suivre la série jusqu'au jour où j'ai découvert le pilote. S'en est suivi un épisode 2 plutôt sympathique mais pas assez bon pour vraiment me faire accrocher à la série. Finalement, j'ai continué et je suis devenu littéralement accro à la série. Elle a réussi à se créer un univers complètement attachant qui la rend réellement agréable à suivre. C'est une série sans prétention qui, sans révolutionner le genre, arrive à surpasser des blockbusters au niveau de l'écriture et de la relation qu'elle entretient avec le téléspectateur.
Alors Kyle XY ça parle de quoi ? De Kyle, un jeune homme de 16 ans trouvé nu dans la forêt un jour, sans souvenir d'un quelconque passé. Il est alors recueilli par la famille Trager qui analysera son comportement et ses capactiés hors-normes et apprendra à vivre avec lui. Faut savoir que la série est diffusée sur ABC Family (a new kind of family, vive le slogan ;)) donc elle repose dans le fond sur un aspect familial appuyé mais la série mèle habilement plusieurs genres comme le mystérieux, la comédie, le drame et le teen drama. Du teen drama assez présent, faut pas être complètement allergique à celui-ci sinon ça risque de plomber l'appréciation de la série.
C'est pas difficile d'expliquer le succès de la série sur les différentes chaînes (francaises, américaines et les autres même si je ne sais pas vraiment si elle a bénéficié d'un accueil remarqué dans d'autres pays) qui la proposent puisque la série s'est vite crée un univers remarquable, très attachant et personnel. C'est surtout à ça que je pense quand on me parle de Kyle XY. C'est tout un ton léger et une dynamique réaliste entre les personnages. Y a plein d'intrigues très simples mais qui passent bien (Kyle qui découvre le basket, le lycée, les anniversaires, l'érection dans un autre registre). C'est pas placé sur un ton moralisateur, bien au contraire la découvre du monde de Kyle est très intéressante et permet de voir les choses sous une autre perspective. Les scénaristes présentent ça de manière tellement juste, bien écrite et naturelle que ça ne peut pas paraître mauvais même si dans le fond ça peut sembler ridicule (les dialogues dans le pilote sur les gens qui deviennent plus petits en grandissant par exemple). La série joue sur la sobriété et la cohérence, c'est bien. C'est pas une série qui donne énormément mais qui ne donne pas trop peu non plus. Elle atteint un équilibre plutôt correct et finalement, ne rentre pas dans l'excès ce qui pourrait la rendre complètement irréaliste et incohérente (DH n'est pas du tout visée). Ca se voit dans le final de la saison 1 à quel point on s'est attaché aux personnages.
Personnellement, j'ai trouvé que la série avait du mal à gérer les 2 différents tons donnés par a) tout le côté découverte du monde de Kyle avec le quotidien des Trager sur un ton light et b) le mystère placé sur une note plus froide et directe, ça faisait limite penser à un remake des autres séries à mystère. Pas le contenu mais plus la couleur plutôt (vous savez les scènes au téléphone super sérieuses). On passait d'une scène très sympa avec Kyle et les Trager à une scène beaucoup plus glaciale dans le ton sur le mystère. Même si c'était très intéressant de chercher à savoir qui était réellement Kyle, j'ai trouvé que dans les premiers épisodes le mélange des deux styles était pas bien géré. Après ça s'estompe vite et on retourne sur un ton plus homogène, un équilibre a été trouvé entre le léger et le brute.
Le teen drama est assez présent comme je l'ai dit plus haut et disons qu'il ne faut pas détester car ça prend quand même une place importante. C'est pas inutile, puisqu'il est utilisé à bon escient surtout dans la relation entre Lori et Declan. Les deux personnages ont subi des évolutions remarquables (idem pour Kyle dans un registre plus personnel). Après, quelques dialogues peuvent être améliorés, la série tombe parfois dans les répliques niaises quand il s'agit des intrigues teen entre Declan et Lori. Mais il y a une bonne initiative de rendre les personnages moins superficiels, la série rejoint Friday Night Lights sur ce point-là.
Est-ce que la série est accessible à un public large, je pense que oui. Maintenant, comme je l'ai dit, il faut plus au moins aimer ce que KXY a à offrir. Il y a du teen drama comme il y a de la science fiction mais aussi un développement des relations familiales. Sa diversité dans ses genres peut faire rebuter quelques uns tout comme mettre en appétit d'autres. Il faut tester pour voir si ça plaît, c'est pas vraiment une série qu'on classe dans une seule thématique.
Elle est aussi plutôt osée puisque le 1x04 par exemple traite de la découverte de l'érection par Kyle. On ne reste pas dans un registre limité, il y a une liberté et surtout une approche irréprochable de la réalité, chose que les autres séries manquent.
Au final, cette très bonne première saison offre du développement, de l'évolution pour quasi tous les personnages, du mystère (des questions sont intelligement relancées pour la saison 2, j'avais peur qu'une fois la saison 1 close, on aurait plus grand chose à traiter dans la saison 2). Bien écrite, elle reste un des valeurs sûres de la chaîne ABC Family, elle brille par son aspect familial attachant et les acteurs sont bons dans leur rôle (Matt Dallas en tête). La série reste simple sans tomber dans la prétention ou la surenchère. Plus on avance dans la saison, plus on remarque une évolution dans la qualité du scénario, bref c'est une très bonne découverte comme j'aimerais en faire plus souvent. 10 épisodes c'est le quota parfait.













