Unit-E

Critiques de séries telles Friday Night Lights, Skins, LOST, Desperate Housewives ou enore Veronica Mars.

22-04-09

Mindless Self Indulgence, ou comment atteindre l'orgasme en musique (électro-punk)

Mindless Self Indulgence. Le groupe électro-punk pour jeunes par excellence. Le genre de son qu'il faut éviter de mettre à fond dans sa chambre par risque de déranger les voisins du haut : imaginez-les, septuagénaires, autour de la table et appréciant une bonne tasse de thé tout en partageant une tranquille discussion sur les souvenirs de leur jeunesse, je doute qu'ils apprécieront d'avoir les murs qui tremblotent à cause de l'ado boutonneux vivant juste en bas qui écoute << I love my mommy 'cause she fucked the shit out of my dad >> en répétition sur son iPod. Ou pas.

Mindless Self Indulgence, c'est un peu le penchant de Skins en musique (ouch, une comparaison qui va déplaire). Sauf que dans Skins, on rit et on pleure (des fois). En écoutant du Mindless Self Indulgence, vous rirez sûrement (paroles assez jubilatoires et chantées sur un ton de dégénéré qui fait le charme du groupe) mais pleurer, jamais. De jubilation, peut-être.

On a malgré tout une totale liberté d'expression avec ce groupe qui, dixit wikipédia, écrit des chansons aux << paroles fortes >> s'orientant vers des thèmes comme le sexe ou la drogue. C’est vrai.
Et ? C'est tout ? Un vulgaire groupe qui comble son manque d'originalité avec l'élément-clef à la mesure de tout artiste en manque de piment pour alimenter ses compositions, les obscénités ? Non. C'est avant tout un mélange de style, la provocation se ressent jusqu'au timbre musical (pas que dans les paroles) et c'est là qu'on voit qu'il est possible de faire de la musique de ce genre sans tomber (toujours) dans la facilité. Les membres du groupe jouent le jeu jusqu’au bout et c'est purement jouissif.

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Mindless Self Indulgence, c'est surtout un groupe qui a le goût (et l'art) de l'évolution. Un groupe qui prend tellement son pied dans le studio qu'il finit par sortir des trucs toujours déjantés, borderline des fois (souvent). Mais c'est le charme, une fois encore, et honnêtement, des groupes tout plats et peu énergiques c'est pas démodé à côté d'un groupe d'une telle énergie et autant sans-gêne comme Mindless Self Indulgence ? Je dis oui. Il vous le confirme (à sa façon) :

mindlessselfindulgence
James Euringer, le chanteur-leader du groupe, répondant désormais au pseudonyme de Jimmy... Urine. Charmant.

Alors oui, clairement, c'est pas le genre de mec que j'aimerais avoir sous mon toit très souvent (le sourire est contagieux, attention) mais que je ne refuse pas à écouter dans mes écouteurs. Je disais que le groupe sait évoluer, et ça se sent à travers les années.
Vous ne trouverez pas grand chose d'intéressant dans leurs premiers albums (surtout dans le premier album éponynme de 95).
Si << Tight >>, beaucoup plus punk et sortant 4 ans plus tard, permet de faire naître ce style hors-norme naviguant entre provoc' et titres qui tuent (Dickface, Pussy All Night, Hail Satan), c'est en 2000 qu'ils nous paraissent les plus inspirés en sortant Frankenstein Girls Will Seem Strangely Sexy avec plusieurs titres jouissifs: Cocaine and Toupees, Dicks are for my Friends, le chef-d'oeuvre I Hate Jimmy Page qui précède un intéressant I'm Your Problem Now (à écouter dès le réveil s'il vous plaît)

C'est peut-être à vrai dire l'album le plus énergique à ce jour, avec beaucoup de titres très agréables à l'écoute : les agitations de la basse et l'hystérie dont fait preuve notre cher Jimmy Urine sont toujours à l'ordre du jour.

Je zappe leur quarantaine de courtes compositions pataugeant dans l'humour fécal et pétomane infantile et sans intérêt, que compte ce qu'ont peut appeler l'"album" The Left Rights. C'est un truc de malade, un peu, d'oser faire un truc pareil. Mais là j'aime pas, c'est trop gratuit.

S'ensuivent deux albums excellents, toujours dans cette visée désinvolte mais jubilatoire : You'll Rebel to Anything et If. J'ai une préférence pour If, déjà plus long, qui commence par un Never Wanted to Dance étrangement calme, qui laisse place à une cascade de titres brillants, entre Evening Wear, Prescription, Issues et Get it Up (qui vaut surtout pour la brillante séquence reprenant en texte parlé l'humiliation de la panne d'érection, le thème-même de la chanson)
À partir de Revenge, les titres se laissent écouter mais manquent de refrains efficaces et sont globalement moins énergiques que les premiers mais originaux néanmoins (la séquence d'ouverture de Animal par exemple). L'album finit sur un titre excellentissime, simplement intitulé Mark David Chapman, cet homme qui a assassiné le fondateur des Beatles, marqué par quelques paroles espagnoles. Une façon originale de clore cet album, qui, avec FGWSSS, est le  deuxième meilleur album de Mindless Self Indulgence.

Retour en arrière dans le temps pour un close-up sur un autre album éclatant (mais moins bons que les deux cités précédemment) : You'll Rebel to Anything. Pas grand chose à dire sur ce disque, il faut surtout écouter les meilleurs titres. À mon goût, Straight to Video et Bullshit figurent parmi les plus plaisants. Entre les deux, on a deux titres osés sur lesquels on peut jubiler : Stupid MF et Two Hookers and an Eightball. Le reste, à jeter : peu de passages efficaces et une mécanique musicale qui a tendance à frôler la redondance.

Bref, clairement un groupe aux titres désinvoltes, de la musique bé-bête mais purement jouissive et finalement apte à produire des mélodies efficaces, chose dont peu de groupes à l'heure actuelle peuvent se vanter. C'est pas intelligent mais c'est intelligemment composé.
À recommander pour les fans du genre, une sorte de System of a Down pour les plus jeunes, avec des paroles moins adultes mais une visée << politiquement incorrecte >> plus appuyée.

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17-04-09

Le premier tiers de l'année sur le grand-écran, Red fait sa sélection (cinéma)

Nous sommes déjà à la mi-Avril, l'occasion pour moi de faire un rapide tour d'horizon des films que j'ai eu l'occasion de voir dans ce premier tiers de l'année, à peu près. (cliquez sur les images d'illustration pour accéder aux films qui bénéficient déjà d'une critique plus développée)

Le meilleur, dans des genres différents.

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Michael Cera, you rock. Sa présence dans un film peut souvent s'interpréter comme gage de qualité, c'est le cas ici.
Cette comédie rock-esque aurait facilement pu tomber dans un amas de clichés sur les couples adolescents mais c'est tout autre et on s'étonne à apprécier la direction prise par les événements, tout cela maintenu par une réalisation mélodique et souvent assez ingénieuse.
C'est de la comédie comme je l'aime : une bande-son qui tue, de bons acteurs, et un pitch qui fonctionne, c'est efficace. Sans être révolutionnaire non plus. Whatever : matez-le un vendredi soir avant de vous couchez, c'est l'idéal.


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À partir de là, on vire dans la médiocrité.

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Le pitch de départ était simpliste mais prometteur : un ado dans sa vingtaine sort de prison après avoir été enfermé pour avoir commis un meurtre dans son adolescence. Il tente ainsi de se (re)faire une place parmi les gens qu'il côtoie quotidiennement après sa sortie et le film suit sa réinsertion sociale étape par étape. Le vrai défaut de Boy A, c'est sûrement d'avoir trop insisté sur le fait que la prison a littéralement changé cet homme : l'ado perturbé qu'il était laisse place à un adulte gentil comme tout. Si l'acteur est hyper-charismatique et le personnage attire la sympathie -trop, sûrement-, l'emphase est inévitable : le film complet oblige le spectateur à se lier d'amitié avec le personnage principal. Sur 1h30, et pourtant c'est court, c'est trop. Pompeux, parfois larmoyant, à oublier.

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Le temps passe, profitez de votre vie et vivez le présent. Voilà encore un film qui nous impose une morale de façon extrêmement pompeuse. Le rythme est lent et les scènes qui exposent la morale sont tellement vides de sens et ampoulées qu'on finit par se demander si l'intérêt du film n'est finalement pas de nous faire mourir d'ennui pour quitter la salle avec le fameux sentiment d'avoir passé les pires 2h45 de sa vie et profitez de celle-ci jusqu'à ce qu'un nouveau film de cette médiocrité-là regagne le grand-écran.

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Michelle Rodriguez sur l'affiche alors qu'elle n'apparaît que pendant les 10 premières minutes du film -les meilleures-, c'est fort. Ce qui est encore plus fort, c'est d'avoir réussi à me divertir pendant une bonne heure et demie et de m'obliger à classer ce film parmi les moins réussis de ces 4 premiers mois. Chapeau.

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Deux scènes : le crash aérien sur l'autoroute et le métro qui déraille. L'intérêt de ce fameux Prédictions se limite à deux scènes. Seulement. Sur deux heures de film. Le reste, la SF, les références bibliques, les dialogues plats, le héros qui réalise qu'il a été désigné pour sauver l'humanité nous donnent un film plat, bancal -la première heure était pas mal quand même- et la réalisation est molle.
L'interprétation de Rose Byrne n'a qu'un seul mérite : elle a réussi à se mettre au niveau qualitatif du film, nul. Passez votre chemin.

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15-04-09

Pilote : Harper's Island (cbs)

C'est le blond. Le tueur. J'ai une intuition qui me laisserait penser que c'est lui le tueur. Parce que oui, voilà venir Harper's Island, un peu beaucoup LA série que j'attendais pour cette année. Pourtant, pas beaucoup de raisons de s'impatienter : c'est fait pour CBS, on retrouve des gens qui bossaient sur Jericho dans le passé (pourtant Jericho c'était pas si mauvais, en temps voulu, mais bon) et c'est la série qui adopte le pitch casse-gueule qui donne pas forcément envie d'accorder pleinement confiance au sujet : un mariage a lieu dans une île ô-combien terrifiante (qui porte dans son expérience un quota de meurtres conséquent) pour un couple tout-ce-qu'il-y a de plus ordinaire (Christopher Gorham, s'il vous plaît). Ils invitent les proches, mais le drame est le suivant : ils disparaîtront, un par un, chaque semaine. Parmi eux, y a le tueur (le blond, c'est le blond).
Du Dix Petits Nègres d'Agatha Christie dans un contexte sériel qui permettra sûrement une montée d'adrénaline au fil des semaines et des cliff's qui tuent. Littéralement. Mais, hum, c'est bien ou pas ?

Ça aurait pu. Mais non. Le pitch est accrocheur, indéniablement, (c'est casse-gueule aussi dans le sens où ça exige un nombre de personnages beaucoup plus lourd : imaginez-les, ils meurent tous chaque semaine, c'est fort) mais les scénaristes ne savent pas quoi faire avec. Du coup, on meuble comme on peut : le pilote fait 39 minutes. Pas la durée idéale pour un premier épisode, surtout quand on a beaucoup de personnages à présenter et une mythologie à planter. Et finalement, ce meublage se solde par les défauts qu'on connaît et qui reviennent constamment dans les séries de ce genre : des personnages, on s'en fout, leurs vies, on s'en fout, leurs peurs, on s'en fout. En clair : on ne sursautera pas avec eux. Pas cette fois.

La série utilise et abuse aussi des clichés inhérents du genre : le pont qui craque, les appels mystérieux, la musique qui tente d'instaurer un climat terrifiant (loin d'être réussi). Le réalisateur n'a pas compris qu'il faut savoir un peu plus manier ses touches pour donner un résultat qui frappe et qui marque. Résultat : on reste bouche-bée. Non seulement il y a des défauts d'écriture qui rendent les personnages difficilement appréciables, mais il y a un problème de réalisation : la série n'est pas efficace et le téléspectateur n'est pas réceptif.

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Clairement, avec une série comme Harper's Island, on ne demande aucunement à atteindre le niveau du chef-d'œuvre mais il faut que la série divertisse. Ce n'est pas le cas pour les raisons citées au-dessus. Il faudra d'avantage qu'elle se recentre sur la mythologie de l'île (hum, Lost ?). La vie personnelle des personnages, qui veut se fiancer avec qui, la tonalité de leurs orgasmes, franchement, je m'en tape un peu.

Tout cela nous donne un pilote vide. Vide de sens, vide d'intérêt, mais surtout vide d'action. Et honnêtement, c'est pas après cet épisode que j'arrive mieux à mettre des noms sur des visages (pour le moment, je me contenterai de juger qui est beau, qui ne l'est pas, la future-mariée, elle, l'est)

Moi qui pensais que certes, la série n'allait pas faire travailler les neurones pendant 40 minutes et que je pouvais m'accorder 3 quarts d'heure de ma vie à regarder un épisode qui libère l'esprit par son sens de l'absurde, je me suis retrouvé avec un pilote littéralement blanc (je m'attendais pile au contraire en réalité, un truc où ça bouge bien) où le réalisateur fait l'erreur de s'accentuer intégralement sur la présentation des personnages (indispensable, certes, mais avec un peu plus de subtilité, on aurait réussi à y intégrer un semblant de ressort mystérieux avec un développement moins modeste de l'île, de ces meurtres, de tout ce qui tourne autour quoi).
C'est dommage : j'aurais largement préféré un pilote à-la-Lost : des personnages en pleine forêt, des personnages qui paniquent, qu'on nous sorte même le fameux << oh putain c'est quoi c't'endroit >>, ça aurait été cheap, certainement, mais jouissif, moins monotone et finalement moins ennuyant. Là, les personnages sont enfermés entre plusieurs murs, les seuls éléments qui alimentent (vainement) la dimension mystérieuse du show : les appels mystérieux (dont on comprend pas grand chose tant peu de choses sont expliquées à ce stade, faute de temps). Et... ? C'est tout non ?

Malgré tout, je serai là pour le prochain épisode parce que les 2 dernières minutes, je les ai appréciées, le cliff', c'était fort. Et d'un point de vue technique, la série réussit son pari de maintenir le téléspectateur intéressé par l'évolution des événements vu que j'ai décidé de revenir la semaine prochaine pour mater le prochain.

Maintenant, faut-il faire un épisode vide sur 37 minutes et combler les 2 dernières minutes avec ce qu'on aurait voulu voir occuper les 37 premières pour faire une série qui marche ? Pas sûr. Mais théoriquement, du moment que le téléspectateur revient chaque semaine, l'équipe qui bosse derrière la série gagne son pain. Sauf qu'il y a aussi ceux qui apprécient suivre une série de qualité de la première à la dernière minute... Harper's Island n'a pas l'air de répondre à ces exigences-là.

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08-04-09

[réflexion] "Me suis fais l'intégrale en 2 jours" : bâfrer une série, pure réflexe sériephile ?

C'est de plus en plus souvent, sur le virtuel ou dans la vie réelle, qu'on entend cette fameuse réplique - de la part de sériesphiles(/vores) avertis ou pas - vis-à-vis des séries télévisées : "j'ai dévoré la série en un week-end, resté scotché devant mon poste TV à enchaîner les épisodes."
C'est souvent - logiquement - les séries volontairement addictives qu'on cible par cette expression mais finalement quand on y pense, quelles séries peuvent réussir l'exercice, lesquelles le réussissent bien et finalement, cette attitude de fan-aveugle a-t-elle ses raisons d'être ? Est-elle subjective ? Ne serait-il pas mieux d'apprécier une série en conservant les épisodes sur le long-terme ou au contraire, certaines séries sont-elles destinées à être suivies ainsi ?

Deux exemples : Greek, Skins. Du teen drama de qualité, mais... addictif ou pas ?

J'aimerais répondre, respectivement, oui et non. Pourtant l'une n'est pas forcément plus avantagée qualitativement parlant que l'autre (même si j'estime que Skins a plusieurs avantages vis-à-vis de Greek, une certaine facilité à aborder certains thèmes que Greek n'a pas, mais elles jouent sur un registre complètement différent). Et la question de la qualité n'entre pas en jeu ici.
Pourquoi Greek serait un produit plus addictif que Skins, dans le sens où il serait plus facile - et finalement plus jouissif-  d'enchaîner les épisodes de Greek (comparée à Skins) ? Il y a continuité entre les épisodes, il y a des storylines qui s'étalent sur la saison complète, chose qui est beaucoup plus rare dans Skins. Je prends l'exemple de Greek car je me suis posé la question une fois, mais on peut prendre des homologues comme Gossip Girl, Friday Night Lights - là encore, la question de la qualité n'entre pas en jeu. (!!)

Posons-nous la question : préférais-je passer une nuit (ou une journée si vous préférez) entière à suivre la première saison intégrale de Greek ou une nuit entière à suivre la première saison intégrale de Skins ? De mon point de vue, Greek prend mon vote même si je préfère Skins, m'y sentant plus proche.

Pourquoi ? Le schéma narratif est différent, indéniablement. Et la réponse vient sûrement de là.

Chaque épisode de Skins se recentre sur un personnage en particulier. On oublie du coup le reste des personnages et le schéma est beaucoup plus uniforme. Et surtout, l'univers évolue bizarrement entre les épisodes de Skins : on peut passer d'une ambiance noire dans un épisode consacré à Effy, pour passer à un épisode comique consacré à Chris pour finalement revenir à un climat ébranlé dans l'épisode consacré à Cassie. La transition est plus brute, l'enchaînement des épisodes est plus perturbant.

On pourrait déduire que 1 chapitre de Skins = 1 épisode de Skins alors qu'un chapitre de Greek = plusieurs épisodes où les storylines trouvent un début et une fin... dans le quota d'épisodes en question. Ça peut durer une saison, ça peut durer une mi-saison, ça peut durer un quart de saison mais l'efficacité est plus facilement garantie dans une série qui adopte le schéma narratif de Greek : l'atmosphère est homogène sur la saison complète et on arrive à suivre agréablement une série de ce genre à raison de plusieurs épisodes puisque les storylines évoluent de façon traditionnelle : début, milieu (éléments perturbateurs, développement), fin (résolution).

skins

Et après ?

Le PC est vide. On a épuisé notre stock des épisodes de la première saison de Desperate Housewives en peu de jours - parce que c'était innovant, parce que c'était politiquement incorrect (un peu), parce que ça faisait longtemps qu'on avait pas eu d'héroïnes aussi attachantes à la télévision (on se plaisait à suivre leurs histoires qui sortaient de l'ordinaire) et donc tout cela a créé une série addictive -.
Plus d'épisodes : il va falloir s'habituer au rythme américain d'un épisode par semaine, c'est plus difficile. Donc finalement, on en vient à se poser la question suivante :

Se goinfrer d'inédits en peu de jours, c'est bien ou pas ? (outre le fait que votre vie sociale en pâtit)

Ça dépend. Dans certains cas de séries, c'est effectivement difficile de passer du rythme soutenu au rythme d'un épisode par semaine une fois le stock épuisé. Surtout quand on peut l'éviter. Desperate Housewives, par exemple. À première vue, c'est plutôt une série qui est destinée à être suivie à un rythme d'un épisode par semaine vu que le scénario est peu complexe et qu'il n'y a pas le risque de louper des détails pendant les 7 jours où l'on attend la diffusion du prochain inédit - pas de mythologies complexes et conspirations entre personnages - (donc, ce n'est pas Lost, ce n'est pas Damages).

Dans le cas d'une série comme DHW, un épisode tous les dimanches semble être le rythme parfait (oublions les pauses dans la diffusion américaine, elles tâchent le raisonnement). Et si même on possède les DVD's chez nous ou que le PC porte une saison complète d'épisodes non-vus par le sérievore européen friand du gossip banlieusard made in Wisteria Lane, mieux vaut s'accorder à ce rythme << parfait >> : un épisode par semaine, du pilote jusqu'au series finale, et on arrive à installer un RDV sériel quotidien ; un épisode de Desperate Housewives chaque lundi, de 2004 jusqu'en 2013, c'est un parcours (et une dévotion) sériels uniques qui vous suivent pendant 9 ans de votre vie. Alors qu'un rythme tout biscornu c'est navrant à côté non ?

Non.

Un seul mot : Damages. Pression, action, adrénaline, conspirations, mythologie. Damages est typiquement le genre de séries qui se visionne à un rythme effréné. Il y a beaucoup de détails qu'on peut louper en une semaine et la série est clairement construite pour être suivie à un rythme soutenu. C'est plus difficile de suivre Damages à un épisode par semaine.
Imaginez : épisode 7 le lundi soir, beaucoup de révélations à retenir, vous visionnez le 8 une semaine plus tard, entre temps vous avez eu le temps de mater Mad Men, Californication, Dexter, Nip/Tuck, Heroes, Fringe, Lost, Battlestar Galactica, 30 Rock (...). Des séries toutes plus différentes les unes que les autres : c'est dur. Et c'est pas le Previously on Damages du 8 qui vous aidera (zappez-le).

En plus, se goinfrer de Damages ne nuit pas à votre vie sociale : les expressions faciales de Patty Hewes, vous pouvez les ressortir dans la vie réelle pendant des situations difficiles. Ça marche. (c'est hypothétique, j'ai jamais essayé)

Entre les deux ?

Il y a Prison Break. La saison 1 de Prison Break pour moi, c'était un marathon exceptionnel : mercredi après-midi, j'enchaînais les épisodes les uns après les autres. C'est jouissif. Parce que c'est une série qui est volontairement addictive, il y a de l'action (beaucoup), de l'adrénaline à outrance : le générique de fin arrivé, on sort le fameux "putain vas-y, enchaîne avec le suivant" (si vous avez un ami peu recommandable à vos côtés)

Pourtant, à la base, Prison Break n'est pas une série qui se suit à un rythme soutenu. La trame de fond - le plan pour s'échapper de la prison - est certes complexe mais les dynamiques entre les personnages sont raisonnablement compréhensibles pour pouvoir s'attarder à un rythme d'un épisode par semaine (voire deux). Et les conspirations, y en avait pas beaucoup.

Mais c'est l'effet que fait une série comme Prison Break : beaucoup d'action, un plan d'évasion qui tue - qui n'a jamais rêvé voir des personnages s'échapper d'une prison? - et des personnages devenus des icônes dans la dimension médiatique que prennent les séries télévisées (Michael Scofield et ses tatouages, T-Bag et sa main décapitée). Ça devient finalement difficile de se limiter à un épisode (deux) par semaine tant la série a su faire évoluer un fil rouge passionnant tout au long de la première saison.

Après, les goûts varient évidemment, il y aura toujours ceux qui préfèreront rêver de leur future carrière médicale en fantasmant devant Meredith Grey et Derek Shepard s'embrassant dans l'ascenseur. C'est différent.

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Et vous, vous êtes plutôt patient et dévoué donc vous suivez le rythme calme (si vous avez un stock d'épisodes consistant) ou au contraire, vous est-il arrivé d'avaler littéralement une série (ou une saison) ?

 

Posté par _Red à 02:21 AM - Articles spéciaux - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01-04-09

Bilan : Skins saison 3

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Exit Tony, Cassie, Sid, Maxxie, (...) E4 a décidé d'innover son teen drama confirmé : la saison 3 de Skins voit venir de nouvelles têtes. Effy, sœur de Tony, assure la transition entre les deux générations et se voit donner la réplique à de nouveaux acteurs, incarnant des personnages plus divers, aux personnalités plus excessives. Ajoutons à cela l'arrivée de nouveaux scénaristes et des épisodes s'écartant du décor bristolien traditionnel, la saison 3 de Skins avait tout pour décevoir: a-t-elle montré ses limites ou au contraire, a-t-elle réussi le pari de surprendre ?

Cette saison 3 est en réalité dans la pure continuité de la deuxième plutôt que de la première. La saison 1 de Skins, c'était un genre nouveau, un style particulier et une maîtrise scénaristique bluffante, la saison 2 avait comme défaut la rupture de ce style d'écriture: on passait du ton tragi-comique de la saison 1 à des épisodes tragiques et des épisodes comiques en saison 2. Jamais (ou rarement) les deux tendances dans le même épisode.
Si les situations auxquelles faisaient face les personnages dans la première saison et les conséquences qui en découlaient était amenées subtilement, on ne peut pas en dire de même pour cette troisième saison qui jongle entre plusieurs tons, dépendant des personnages : l'ambition diffère constamment, le registre général de cette saison s'est avéré par conséquence assez hétérogène.

Si les scénaristes semblent avoir fait le deuil des protagonistes de la première génération avec plus ou moins de facilité pendant l'inter-saison, les téléspectateurs, eux, doivent le faire au fur et à mesure de la diffusion de la saison 3 outre-Manche et évidemment, ça n'aide pas à apprécier la saison en question vu qu'elle met en scène d'autres personnages. D'autres personnages très différents des premiers, qui peinent à attirer la sympathie à première vue. L'erreur des scénaristes tout au long de la saison a sûrement été d'accorder plus de temps d'antenne aux personnages qui semblaient avoir le moins de potentiel - Cook surtout, Effy et Freddie autour pour un triangle amoureux gras et peu saisissant -.
À côté, l'homosexualité (présumée) de Naomi et Emily - facilement la relation la plus attachante de la saison - a occupé discrètement l'écran pendant ces 10 épisodes et le traitement de l'intrigue pouvait s'avérer maladroit (un doute constant sur l'orientation sexuelle des deux personnages, une difficulté à mettre des mots sur des faits et un manque de clarté à propos des sentiments que ressens Emily vis-à-vis de Naomi à la fin de l'épisode 7 où elle couche avec le garçon timide du groupe). Une fois encore, si on compare le développement de l'intrigue sur l'homosexualité de la saison 3 avec celle de la saison 1 (où Maxxie confrontait les croyances religieuses de Anwar dans l'épisode 6), on réalise que la plume des scénaristes s'est usée avec le temps.

Il y a évidemment tout ce qui concerne Cook, qui a été franchement gênant (à tous points de vue, sauf dans l'épisode 8 - le meilleur de la saison - où il montrait un tant soit peu de sincérité) mais aussi surprenant dans le sens où Skins nous montre un côté de la vie d'ado en Angleterre qu'avait tendance à négliger la première génération.
Cette deuxième génération tombe clairement dans un registre vulgaire à plusieurs reprises - dès qu'on s'appuie sur Cook en réalité -, encré dans une atmosphère sauvage, chose que les deux premières saisons n'avaient jamais effectué : on avait toujours une visée << trash >> mais jamais bestiale. La saison use et abuse - en temps voulu - de ce style-là (épisodes 2 et 10 principalement) et on se retrouve à trouver le personnage de Cook puéril, agité, imbuvable et le climat de ces séquences dérangeant, limite indigeste. Vu que Cook est le personnage-leader du groupe, la saison en a souffert.

À l'opposé, là où les scénaristes font évoluer Cook dans une ambiance crade et assez violente, certains personnages (Naomi, Emily, principalement, dans les épisodes 6 et 9) font ressortir un caractère qui ne sied pas à la série : une sorte de mièvrerie, un sentiment de facilité et/ou de délicatesse gênante qui se ressent dans le traitement des intrigues et quand celles-ci sont maigrement affichées à l'écran, on reste frustré face à l'inertie dont font preuve les scénaristes.

Ainsi, à cause de ses nombreux défauts - qui se faisaient déjà ressentir dès la saison précédente mais de façon moins frappante et préjudiciable -, cette troisième saison de Skins devient exactement ce que la série n'aurait jamais dû être (et qu'elle n'a jamais été sans cette saison 3) : un divertissement pop-corn pur et simple, le genre de série qu'on regarde pour passer le temps et auxquelles on trouve un maigre nombre de qualités valables pour justifier sa propre fan-attitude. Un guilty-pleasure, en soi.
La première saison n'était pas du tout de cet acabit: Skins était une série intelligente, brillamment écrite et évoluant dans un milieu sériel où rares sont les séries pour adolescents de qualité, ce qui était un plus en soi. Maintenant, on ne peut s'empêcher de comparer Skins à ces séries américaines graveleuses et engraissées avec le temps : un mélange de Gossip Girl et Californication, à peu de choses près. L'humour anglais peine à séduire également. C'est à se demander si Skins n'a pas perdu de sa superbe... Une saison très médiocre.

Posté par _Red à 02:26 AM - Skins - Saisons 1, 2, 3 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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