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Critiques de séries telles Friday Night Lights, Skins, LOST, Desperate Housewives ou enore Veronica Mars.

26-01-09

Film : Slumdog Millionaire (2009)

slumdogmillionaire124231_1Deux raisons pour lesquelles j'ai décidé de suivre ce film (en entier) : Dev Patel, Anwar dans Skins et le succès médiatique avec les récompenses multipliées aux Golden Globes. À part ça je m'y serai certainement pas mis vu que l'histoire à la base ne m'intéresse pas et c'est pas le genre de film que j'aime. Bon par contre je dois dire que Danny Boyle a fait un travail fantastique au niveau de la réalisation, le film est tellement beau à voir, visuellement parlant, il y a beaucoup de plans géniaux.
C'est rare dans les films d'aujourd'hui et on atteint le paroxysme de l'excellence quand on se rend compte que c'est vraiment une impression continue, il n'y a pas à un seul moment où on pense que la mise en scène perd en intensité, j'y reviendrai. Bref, j'étais littéralement bluffé par le travail de Danny Boyle. J'ai lu un commentaire quelque part qui disait que le film serait meilleur si la réalisation était à la hauteur de l'histoire. Je pense juste le contraire en fait, j'aurai préféré que le scénario soit à la hauteur de la réalisation, on aurait eu quelque chose de bien plus réussi à mon goût.

Alors Slumdog Millionaire, c'est quoi, ça parle de quoi ? C'est l'histoire de Jamal Malik, un ado pauvre et peu gâté par la vie dès sa jeunesse, qui tente de justifier son succès à l'équivalent en Inde du jeu connu Qui veut gagner des millions ? Il raconte sa vie, son parcours puisqu'il se trouve que chacune des questions posées lors du jeu a un lien direct avec son passé (une sorte de facilité scénaristique un peu bancale). À partir de là, on suit simultanément et le jeu et les flashbacks qui reviennent sur la vie de Jamal dans une Inde défavorisée puis assainie avec le temps. L'occasion pour nous de se familiariser avec l'entourage du personnage, son frère notamment et une fille qu'il a rencontrée dès son jeune âge.

À vrai dire, je ne pensais pas que le film se présenterait littéralement comme une sorte de biographie continue (même si à un moment on saute des années pour passer à un Jamal plus adulte, interprété par Dev Patel donc vers le milieu du film). Cet aspect-là m'a un peu gêné puisque j'ai jamais été fan des films qui jouaient sur ce schéma-là. Le rythme est assez lent et j'ai eu du mal à me passionner pour cette représentation d'une Inde chaotique dans laquelle a évolué Jamal étant enfant ... et sa vie par conséquent. La jeunesse de Jamal, qui est pourtant au centre du film, occupe facilement la première heure et en toute subjectivité, j'ai trouvé ces passages plutôt ennuyeux même s'ils soutenaient correctement le propos du film dans l'absolu.
Heureusement que la réalisation était aussi travaillée parce que le film est très agréable à regarder comme je l'ai dit dans l'introduction. Il n'y a pas de réel problème dans la narration, c'est juste que la première heure est trop longue et poussive à mon goût : ça m'a fait penser à Into the Wild - que j'ai beaucoup aimé pourtant -, mais avec un fil conducteur plus absent.

Puis au delà des plans et de la façon de filmer qui est absolument honorable (et là Danny Boyle mérite tellement son Golden Globe), la réalisation démontre aussi son excellence dans le choix des acteurs jeunes. Que ce soit l'acteur qui joue Jamal jeune et Dev Patel qui se ressemblent beaucoup mais qui utilisent aussi les mêmes expressions faciales - c'est du génie en somme -, ou même les deux acteurs jouant le frère de Jamal jeune et adulte, on voit bien que la réalisation soulève le niveau du film et le garde crédible là où il aurait pu perdre en cohérence. Puis les musiques sont bien choisies, le travail sur la mise en scène et la postprodution est réellement bluffant. C'est un travail très précis qui mérite d'être apprécié à sa juste valeur.
Dernière chose sur ce point : j'ai beaucoup aimé la scène vers la fin quand Jamal remporte la somme maximum et qu'en même temps son frère se fait tuer. Visuellement c'est poignant et du point de vue de la réalisation encore une fois, plus de l'angle du suivi scénaristique, le parallélisme entre les deux situations est très fort et prouve encore que le film n'a pas à avoir honte d'avoir le nom de Danny Boyle en tant que réalisateur. Le travail sur la technique photographique par le chef-opérateur était assez bon aussi.

Outre le rythme qui plonge un peu le cinéphile lambda dans un ennui pas forcément mérité, il y a aussi le scénario qui m'a laissé perplexe. L'idée de Qui veut gagner des Millions en fil conducteur rendait le tout moins consistant, un peu plus amateur. Ce point là m'a plutôt déçu même si le film a aussi le Golden Globe pour meilleur scénario, étonnemment (même si c'est pas si surprenant vu qu'il n'y a pas beaucoup de films actuels qui mettent en avant l'évolution de l'Inde en particulier et un jeu télévisé comme idée de fond). La fin est assez conventionnelle (mais encore une fois sauvée par une réal splendide), ce jeu gâche vraiment l'esprit du film et du coup, son aspect professionnel. Cela dit, faut pas oublier que Slumdog Millionaire est basé sur un roman où le jeu occupe une place importante visiblement donc c'était pas une option pour les auteurs. Mais c'est gênant quand même en un sens.

En bref : Slumdog Millionaire est à première vue le genre de film que j'évite mais qu'il fallait que je vois pour l'interprétation de Dev Patel, hors Skins, qui est très bon, dans un rôle complètement différent. Et pour ses récompenses aussi. Si l'intrigue amoureuse n'est pas ce qui rend le film très passionnant, il y a néanmoins un excellent travail sur la réalisation, moins que sur le scénario en soi : l'aspect biographique gêne, c'est dommage mais dans l'absolu Slumdog Millionaire est un film louable, juste un peu trop lent et laborieux, gâché par ce fil rouge Qui veut gagner des Millions qui lui donne un aspect amateur plutôt démérité.

Posté par _Red à 01:46 PM - Films - Commentaires [0] - Permalien [#]
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