Unit-E

Critiques de séries telles Friday Night Lights, Skins, LOST, Desperate Housewives ou enore Veronica Mars.

25-06-09

Séléction ciné de la mi-2009

thereader

2009, l'année Winslet ? Certainement. Malgré quelques grosses faiblesses (un rythme qui va en s'affaiblissant, un rendu général trop hétérogène), The Reader reste un film agréable à suivre et plutôt éloquent, au début surtout. À classer dans la fameuse catégorie de films qu'on ne convoite pas forcément pour le sujet traité mais pour le casting (Kate Winslet, Kate, ce film se résume à elle). (12/20)

startrek

JJ n'a pas sué pour rien. C'est beau, ça bouge bien, les interactions entre les acteurs sont efficaces, le film est plutôt accessible à ceux qui ne sont pas familiers avec l'univers de la saga. (...-vous attendez le mais, il arrive-) Mais ça manque de surprises et c'est un peu long par moments. Bref, on ne ressort pas de la séance changé à jamais, on se dit juste "Star Trek, c'est pas pour moi". (10/20)

xmenorigins

Côté scénario, ça vole pas haut mais le charisme des acteurs permet de passer outre les faiblesses. Pas le temps de s'ennuyer. Du pur divertissement pop-corn, donc récréatif, à considérer pour combler une soirée de fin de semaine. (9/20- un point de moins que pour Star Trek, hé oui)

theuninvited

(1/20)

angesetdemons

Passé le premier quart d'heure laborieux et promettant un film assez mou-du-genou, le film gagne en rythme et nous offre deux heures soutenues qu'on ne voit pas passer principalement grâce à un scénario prenant. La réal est un peu trop prosaique par contre, c'est dommage. (14/20) 

alltheboyslovemandylane

Un excellent indie-slasher movie (de 2006) qui bénéficie d'une jolie palette de personnages et de retournements de situation brillants, liés à chacun d'eux. Le mélange entre sexe, drogues, sang et frissons n'est pas lourd un instant, le film adoptant un ton réaliste presque inédit.

Les clichés sont utilisés à bon escient, le film se suit sans difficulté, voilà un bon (teen)-slasher qui a un effet provoc' assez effectif chez le téléspectateur pendant une bonne heure et demie. (16/20)

transformers2

Pas du niveau du premier opus, mais ça se laisse regarder néanmoins. La deuxième partie (dès qu'on passe en Égypte) est assez indigeste : trop de conflits, trop de robots, trop de carrosserie qui grince, on ressort de la salle un peu trop sonné. La première heure est néanmoins JOUISSIVE à souhait (comme dans le premier opus, le début est excellent, la fin laisse à désirer) : on rit, on sourit, on jubile, c'est mieux que Star Trek oui. (14/20)

thelasthouseontheleft

La réalisation échoue le pari de maintenir une tension omniprésente, l'intérêt du film ne se limite qu'à quelques scènes bien filmées et un casting de haut niveau. C'est pas ridicule cela dit (ni fondamentalement mauvais), ce dont peu de films horrifiques peuvent se vanter, c'est même souvent "trop" cru. Un peu trop dans la veine du remake récent de Funny Games, le spectateur étant placé en position de témoin, c'est assez (trop) souvent qu'on se demande "qu'est-ce que je fous ici" (devant une scène de viol particulièrement dérangeante, une main charcutée par l'évier, une tête qui explose et j'en passe), bof.

Cela dit, si vous pensez avoir des pulsions douteuses à assouvir, ce film est pour vous. Les cinéphiles qui cherchent à découvrir un nouveau style, une maîtrise de la caméra particulière peuvent compter sur le premier quart du film seulement qui reste un joli moment de cinéma tant la réalisation est habile. Malheureusement, le niveau faiblit vite. (9/20)

bloodyvalentine

Plutôt efficace, l'intérêt du film réside dans la 3D. Dommage qu'il y ait pas plus d'effets visuels choc, vu que le film joue la carte du gore gratuit, autant aller jusqu'au bout du plaisir coupable. (10/20)

terminator_renaissance

Les images dépeignent assez bien le ton du film: il est terne. Assez sombre et oppressant aussi, le film se regarde difficilement, les acteurs sont bons mais la réalisation reste trop académique et à aucun moment j'ai eu l'impression de m'être posé devant un divertissement. Lourd. (7/20)

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22-06-09

follow me @ LJ

Je relance l'idée d'un "blog perso" où j'peux étendre mes articles personnels après l'ancien sur Wordpress, donc si vous voulez en savoir plus sur moi, j'vous laisse visiter mon livejournal à cette adresse :

youarescaringme.livejournal.com

Je continuerai à poster ici de temps en temps, un article ciné est en cours de préparation :)

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02-06-09

Shameless, take one (S1)

C'est en janvier 2004 que cette série britannique voit le jour, un an avant la renaissance de Doctor Who, trois avant le lancement de Skins. Peu connue par le public français, certainement moins que Skins qui est plus mise en avant, ne la boudons pas puisqu'on a avec Shameless une toute nouvelle façon de pressurer le ton tragi-comique typique des anglais.  Trash, sombre et déjantée, tout en restant terre-à-terre et sérieuse, Shameless est un de ces produits télévisuels qu'on a du mal à laisser tomber, devant lesquels il est difficile de rester indifférent.

Bienvenue dans la banlieue de Manchester, bienvenue dans le monde des Gallagher, tous énergumènes : père alcoolique, mère lesbienne disparue, demi-douzaine de gosses, la présentation au début du pilote plante bien le ton qu'adoptera la série tout au long de la première saison : c'est spécial.

La plupart des personnages se rattachent à un stéréotype mais contrairement à Skins qui partait avec ce même handicap, Shameless se limitera à ça et n'arrachera pas l'étiquette qu'elle a octroyé à ses personnages, le ton de la saison est davantage parodique et la série ne cherche pas à jouer la carte du réalisme dans les événements qui marquent la saison (vol de gosse, enterrement déguisé, et j'en passe).
Les tribulations de cette famille britannique se faisant de plus en plus insensées, tout ce qui en ressort est une consolidation du leitmotiv du show - la dynamique familiale -, l'excès de ce ton excentrique entraînant finalement un amas de sentiments pathétiques (dans le bon sens du terme) grâce à la subtilité narrative.

Cela dit, à force de jouer à fond dans ce registre désinvolte, la série finit par n'être reconnue que pour ça, à son désavantage. Si cette première saison est globalement agréable à suivre et on (sou)rit beaucoup - beaucoup - grâce à cet humour british spécial, (politiquement incorrect), on ne peut s'empêcher de se dire que la série peut aller plus loin. Se concentrer, comme le fait Skins, à chaque personne davantage par exemple. Car la série prend constamment la mauvaise habitude de mettre le thème familial au cœur des intrigues, ce qui rend finalement les épisodes trop redondants sur la forme.

Il y a un paquet de thèmes à explorer et la série manque beaucoup de profondeur sur certains aspects. Rares ont été les moments où les scénaristes ont décidé de rentrer plus dans le détail pour développer certains traits de caractère chez certains personnages (mis à part Frank sûrement, le père, personnage principal), il y a une certaine retenue de ce côté-là.
Le développement est resté générique, mais c'est sûrement la saison inaugurale qui exigeait cela, espérons que la saison 2 touchera certaines thématiques plus en précision.

Globalement, cette première saison de Shameless a réussi avec succès sur un point: planter un style. Si elle patauge continuellement dans la présentation, la série peut désormais décoller et évoluer en développant davantage les atouts qu'elle a introduit tout au long de ces 7 épisodes. On arrive à se prendre d'affection pour les personnages donc il est difficile de lâcher la série.
Pour comparer, la série arrive à faire un mélange des atouts qu'ont Skins et Californication, le tout avec une phraséologie british qui singularise bien la série.

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24-05-09

Bilan Desperate Housewives s5

Maintenant que la très controversée saison 5 de Desperate Housewives vient d'arriver à son bout (soupir), l'heure est au bilan. Beaucoup ont aimé la saison 4, personnellement j'ai beaucoup aimé le début, la fin, c'était un peu du n'importe quoi. Beaucoup n'aiment pas voire dénigrent cette saison 5, moi j'ai bien aimé. Soyons honnête, s'il y a bien un atout qu'on peut donner à cette saison 5 que la précédente n'avait pas, c'est la qualité constante: que ce soit dans la nullité, la médiocrité ou l'ingéniosité scénaristique, dépendant de comment certains voient encore la série, la saison 5 est beaucoup plus homogène que la quatrième.

Finis les faux-espoirs d'un renouveau potentiel pendant les 5-6 premiers épisodes, Marc Cherry est passé à autre chose: les premiers épisodes se suivent avec le même enthousiasme que ceux de la mi-saison et dans une moindre mesure, ceux de la fin de saison.

En somme, la saison reste assez digeste et mis-à-part le fil rouge annuel encore plus saugrenu que celui de la saison 4, les intrigues des housewives se laissent suivre avec intérêt, même si encore une fois la série prouve que les saisons de 23-4 épisodes ne lui siéent pas : on brasse souvent de l'air, la fainéantise des scénaristes résulte en des intrigues voulant constamment jouer sur un comique de situation périmé, intrigues reprenant encore et toujours les mêmes leitmotivs pour venir cimenter les archétypes du show : Lynette la maman sans-gêne à l'égo surdimensionné, Gabrielle la fashion-woman, Bree la unhappily-married et Susan (...)

Les créateurs voulaient avec cette saison 5 retrouver le goût d'écrire de la première année, ce ton assez innovateur et imprévisible de la saison 1. C'est en partie réussi, même si la saison ne vaut en rien la première saison, c'est avec la saison 2 celle qui lui ressemble le plus. Les saisons 3 et 4 étaient de purs produits soapesques artificiels avec de grosses ficelles et des intrigues rocambolesques en veux-tu en-voilà (prise d'otage, tornade, cancer, pédophile dans le quartier, damn, quelle banlieue réaliste). Le genre de saison qu'on finit en se disant "ça, c'est de la fiction" (nulle)

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La saison 5 a l'avantage de moins mettre l'accent sur les intrigues et de revenir sur les problèmes plus intérieurs des personnages : que ce soit la crise de la cinquantaine de Tom, la pauvreté (relative) des Solis ou l'évolution du couple Mike/Katherine, la saison a réussi à toucher certains thèmes humains intéressants, les rebondissements voulus choc étaient moins dominants.
Cela dit, les intrigues de ce genre sont toujours extrêmement boiteuses dans DH, il y a celles qui plaisent et celles qui déplaisent, dépendant des épisodes et encore plus dans cette saison qui mettait davantage l'accent sur celles-ci.

Il y a néanmoins un ÉNORME problème dans cette série et si la majorité des faiblesses que connaît Desperate Housewives (et qui sont nombreuses) peuvent être pardonnés pour la volonté du divertissement, celle-ci devient tout juste insupportable: le fil-rouge annuel. Déjà celui de la saison 4 ne volait pas haut (je hais la Mayfair), autant celui-là est du pur produit comique tellement c'est mal écrit et mal interprété. On veut jouer sur une pseudo-psychopathie pas crédible à un seul moment et le fait de rallonger la sauce pendant toute la saison, ce fameux plan je-vais-faire-payer-Mike-pour-ce-qu'il-a-fait-à-ma-famille (bof) était d'un pathétique ! Un bide rarement atteint dans le paysage sériel, c'est dire si le fil rouge de la saison 2 de Damages attire plus l'intérêt (comparer Damages et Desperate Housewives, wtf, William Hurt si tu me lis)

La saison 5 a aussi été marquée par un événement majeur: la mort d'Edie. Je ne vais pas trop m'étaler là-dessus, je dirais simplement que le départ de Nicollette Sheridan est certes dommage mais ne changera à mon avis en rien la série vu qu'elle ne se contentait que d'apparences anecdotiques, puis on la couplée à ce fameux Neal McDonough pendant trois quarts de la saison, ce qui était juste une assez mauvaise idée.

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Alors certes niveau qualité, la série touche le fond, certes les scénaristes sont en manque (flagrant) d'imagination mais si le divertissement est assuré, la série reste néanmoins toujours efficace [relativisons] et pour ça, on peut remercier les actrices qui arrivent à remonter le niveau d'un scénario assez faiblard. Desperate Housewives reste une série récréative avant tout, cette saison 5 est agréable à suivre, à défaut d'avoir réussi à retrouver l'étincelle des débuts. Bref, j'attends pas la saison 6 avec impatience mais la série fait encore un mince effet, espérons que la saison 6 n'épuise pas les ressources de la série à jamais.

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01-05-09

Harper's Island, le slasher-show rigolo (épisode 2)

J'aime bien Harper's Island. Je ne saurai expliquer pourquoi, mais j'aime bien. Sûrement parce que c'est une série qui arrive à tout faire sauf ce qu'elle est supposée faire : effrayer. Pour ceux qui n'ont pas compris, c'est une façon détournée de dire que Harper's Island, c'est un peu une daube. Et j'aime la série parce que j'aime le changement, les daubes en général je les évite.

Ce qui me fait rire dans Harper's Island, c'est qu'il se passe rien dans l'épisode. Ou alors il se passe beaucoup de choses mais on a plus l'impression de suivre une succession de scènes futiles sans lien les unes par rapport aux autres. Et on a encore moins l'impression d'avancer dans la trame de la saison. Ça aurait été pas mal d'instaurer une sorte de fil rouge mystérieux à-là-Desperate-Housewives où on aurait notre dose d'indices par semaine mais là, du moment qu'on n'a pas le nom du tueur, ça nous amène à rien. Bof.
Voir les victimes mourir les unes après les autres, c'est bien sympa mais on s'en fout un peu. Ils meurent juste d'une façon différente à chaque épisode (un vrai tueur, il les liquide tous de la même manière, tss, c'est des amateurs chez CBS)

Enfin, du moment qu'ils tuent pas la future-mariée, c'est bon. Et comme c'est la future-mariée, je doute qu'ils la liquident avant le season finale. Elle fait un peu sa crise dans cet épisode parce que son ex ou un type qu'elle fréquentait plus jeune se retrouve sur l'île.
Surprise : c'est le mec qui trafique avec son père. Voilà deux suspects en moins. À moins que les scénaristes jouent le jeu du "on vous fait croire que c'est eux les tueurs pour que vous pensiez que c'est pas eux, mais en fait c'est bel et bien eux". Ils sur-estiment notre intelligence et notre capacité à anticiper chez CBS, j'aime bien.

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Je ne sais pas trop si les réalisateurs réalisent (sic) que leur série ne fait pas peur. Si les auteurs savent qu'ils viennent d'écrire un épisode mauvais. Je pense qu'ils se limitent à l'aspect frappe-à-l'œil du concept de la série et qu'ils se la coulent douce pendant la rédaction des épisodes.

J'aime bien personnellement quand on passe d'une scène où un personnage se fait attraper par les pièges dans la forêt -bouh, c'est effrayant donc musique effrayante- à une scène au bar avec un background musical assez rock/country-like en l'espace de quelques secondes, c'est très subtil) Ça renforce l'effet du ridicule. Donc c'est drôle.

En fait, pour apprécier Harper's Island, il faut faire abstraction de ces défauts et se demander qui peut bien être le tueur. Je pense que c'est ce que les scénaristes attendent de la part des fans (s'ils existent). Le concept de la série est assez intriguant pour oublier ces défauts qui, certes, sont théoriquement préjudiciables mais en y repensant, si on continue à suivre la série sans qu'elle représente une lourde corvée, c'est que Harper's Island, ça a le truc pour plaire. Elle est bien fichue cette série parce que le truc qui plaît, c'est le pitch. Donc ils peuvent faire autant d'épisodes médiocres qu'ils veulent, les fans qui aiment ce genre de fils rouges efficaces continueront à suivre la série chaque semaine. J'en fais partie.

Alors, le tueur, c'est qui ? (...) Bah finalement, on en est au même point qu'à l'épisode précédent (mis à part deux suspects en moins), ça nous aide pas trop. Vivement le trois.

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22-04-09

Mindless Self Indulgence, ou comment atteindre l'orgasme en musique (électro-punk)

Mindless Self Indulgence. Le groupe électro-punk pour jeunes par excellence. Le genre de son qu'il faut éviter de mettre à fond dans sa chambre par risque de déranger les voisins du haut : imaginez-les, septuagénaires, autour de la table et appréciant une bonne tasse de thé tout en partageant une tranquille discussion sur les souvenirs de leur jeunesse, je doute qu'ils apprécieront d'avoir les murs qui tremblotent à cause de l'ado boutonneux vivant juste en bas qui écoute << I love my mommy 'cause she fucked the shit out of my dad >> en répétition sur son iPod. Ou pas.

Mindless Self Indulgence, c'est un peu le penchant de Skins en musique (ouch, une comparaison qui va déplaire). Sauf que dans Skins, on rit et on pleure (des fois). En écoutant du Mindless Self Indulgence, vous rirez sûrement (paroles assez jubilatoires et chantées sur un ton de dégénéré qui fait le charme du groupe) mais pleurer, jamais. De jubilation, peut-être.

On a malgré tout une totale liberté d'expression avec ce groupe qui, dixit wikipédia, écrit des chansons aux << paroles fortes >> s'orientant vers des thèmes comme le sexe ou la drogue. C’est vrai.
Et ? C'est tout ? Un vulgaire groupe qui comble son manque d'originalité avec l'élément-clef à la mesure de tout artiste en manque de piment pour alimenter ses compositions, les obscénités ? Non. C'est avant tout un mélange de style, la provocation se ressent jusqu'au timbre musical (pas que dans les paroles) et c'est là qu'on voit qu'il est possible de faire de la musique de ce genre sans tomber (toujours) dans la facilité. Les membres du groupe jouent le jeu jusqu’au bout et c'est purement jouissif.

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Mindless Self Indulgence, c'est surtout un groupe qui a le goût (et l'art) de l'évolution. Un groupe qui prend tellement son pied dans le studio qu'il finit par sortir des trucs toujours déjantés, borderline des fois (souvent). Mais c'est le charme, une fois encore, et honnêtement, des groupes tout plats et peu énergiques c'est pas démodé à côté d'un groupe d'une telle énergie et autant sans-gêne comme Mindless Self Indulgence ? Je dis oui. Il vous le confirme (à sa façon) :

mindlessselfindulgence
James Euringer, le chanteur-leader du groupe, répondant désormais au pseudonyme de Jimmy... Urine. Charmant.

Alors oui, clairement, c'est pas le genre de mec que j'aimerais avoir sous mon toit très souvent (le sourire est contagieux, attention) mais que je ne refuse pas à écouter dans mes écouteurs. Je disais que le groupe sait évoluer, et ça se sent à travers les années.
Vous ne trouverez pas grand chose d'intéressant dans leurs premiers albums (surtout dans le premier album éponynme de 95).
Si << Tight >>, beaucoup plus punk et sortant 4 ans plus tard, permet de faire naître ce style hors-norme naviguant entre provoc' et titres qui tuent (Dickface, Pussy All Night, Hail Satan), c'est en 2000 qu'ils nous paraissent les plus inspirés en sortant Frankenstein Girls Will Seem Strangely Sexy avec plusieurs titres jouissifs: Cocaine and Toupees, Dicks are for my Friends, le chef-d'oeuvre I Hate Jimmy Page qui précède un intéressant I'm Your Problem Now (à écouter dès le réveil s'il vous plaît)

C'est peut-être à vrai dire l'album le plus énergique à ce jour, avec beaucoup de titres très agréables à l'écoute : les agitations de la basse et l'hystérie dont fait preuve notre cher Jimmy Urine sont toujours à l'ordre du jour.

Je zappe leur quarantaine de courtes compositions pataugeant dans l'humour fécal et pétomane infantile et sans intérêt, que compte ce qu'ont peut appeler l'"album" The Left Rights. C'est un truc de malade, un peu, d'oser faire un truc pareil. Mais là j'aime pas, c'est trop gratuit.

S'ensuivent deux albums excellents, toujours dans cette visée désinvolte mais jubilatoire : You'll Rebel to Anything et If. J'ai une préférence pour If, déjà plus long, qui commence par un Never Wanted to Dance étrangement calme, qui laisse place à une cascade de titres brillants, entre Evening Wear, Prescription, Issues et Get it Up (qui vaut surtout pour la brillante séquence reprenant en texte parlé l'humiliation de la panne d'érection, le thème-même de la chanson)
À partir de Revenge, les titres se laissent écouter mais manquent de refrains efficaces et sont globalement moins énergiques que les premiers mais originaux néanmoins (la séquence d'ouverture de Animal par exemple). L'album finit sur un titre excellentissime, simplement intitulé Mark David Chapman, cet homme qui a assassiné le fondateur des Beatles, marqué par quelques paroles espagnoles. Une façon originale de clore cet album, qui, avec FGWSSS, est le  deuxième meilleur album de Mindless Self Indulgence.

Retour en arrière dans le temps pour un close-up sur un autre album éclatant (mais moins bons que les deux cités précédemment) : You'll Rebel to Anything. Pas grand chose à dire sur ce disque, il faut surtout écouter les meilleurs titres. À mon goût, Straight to Video et Bullshit figurent parmi les plus plaisants. Entre les deux, on a deux titres osés sur lesquels on peut jubiler : Stupid MF et Two Hookers and an Eightball. Le reste, à jeter : peu de passages efficaces et une mécanique musicale qui a tendance à frôler la redondance.

Bref, clairement un groupe aux titres désinvoltes, de la musique bé-bête mais purement jouissive et finalement apte à produire des mélodies efficaces, chose dont peu de groupes à l'heure actuelle peuvent se vanter. C'est pas intelligent mais c'est intelligemment composé.
À recommander pour les fans du genre, une sorte de System of a Down pour les plus jeunes, avec des paroles moins adultes mais une visée << politiquement incorrecte >> plus appuyée.

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17-04-09

Le premier tiers de l'année sur le grand-écran, Red fait sa sélection (cinéma)

Nous sommes déjà à la mi-Avril, l'occasion pour moi de faire un rapide tour d'horizon des films que j'ai eu l'occasion de voir dans ce premier tiers de l'année, à peu près. (cliquez sur les images d'illustration pour accéder aux films qui bénéficient déjà d'une critique plus développée)

Le meilleur, dans des genres différents.

revolutionaryroad_article

harveymilk_article

nickandnorahsinfiniteplaylist_article

Michael Cera, you rock. Sa présence dans un film peut souvent s'interpréter comme gage de qualité, c'est le cas ici.
Cette comédie rock-esque aurait facilement pu tomber dans un amas de clichés sur les couples adolescents mais c'est tout autre et on s'étonne à apprécier la direction prise par les événements, tout cela maintenu par une réalisation mélodique et souvent assez ingénieuse.
C'est de la comédie comme je l'aime : une bande-son qui tue, de bons acteurs, et un pitch qui fonctionne, c'est efficace. Sans être révolutionnaire non plus. Whatever : matez-le un vendredi soir avant de vous couchez, c'est l'idéal.


slumdogmillionaire_article


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À partir de là, on vire dans la médiocrité.

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Le pitch de départ était simpliste mais prometteur : un ado dans sa vingtaine sort de prison après avoir été enfermé pour avoir commis un meurtre dans son adolescence. Il tente ainsi de se (re)faire une place parmi les gens qu'il côtoie quotidiennement après sa sortie et le film suit sa réinsertion sociale étape par étape. Le vrai défaut de Boy A, c'est sûrement d'avoir trop insisté sur le fait que la prison a littéralement changé cet homme : l'ado perturbé qu'il était laisse place à un adulte gentil comme tout. Si l'acteur est hyper-charismatique et le personnage attire la sympathie -trop, sûrement-, l'emphase est inévitable : le film complet oblige le spectateur à se lier d'amitié avec le personnage principal. Sur 1h30, et pourtant c'est court, c'est trop. Pompeux, parfois larmoyant, à oublier.

curiouscase_article

Le temps passe, profitez de votre vie et vivez le présent. Voilà encore un film qui nous impose une morale de façon extrêmement pompeuse. Le rythme est lent et les scènes qui exposent la morale sont tellement vides de sens et ampoulées qu'on finit par se demander si l'intérêt du film n'est finalement pas de nous faire mourir d'ennui pour quitter la salle avec le fameux sentiment d'avoir passé les pires 2h45 de sa vie et profitez de celle-ci jusqu'à ce qu'un nouveau film de cette médiocrité-là regagne le grand-écran.

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Michelle Rodriguez sur l'affiche alors qu'elle n'apparaît que pendant les 10 premières minutes du film -les meilleures-, c'est fort. Ce qui est encore plus fort, c'est d'avoir réussi à me divertir pendant une bonne heure et demie et de m'obliger à classer ce film parmi les moins réussis de ces 4 premiers mois. Chapeau.

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Deux scènes : le crash aérien sur l'autoroute et le métro qui déraille. L'intérêt de ce fameux Prédictions se limite à deux scènes. Seulement. Sur deux heures de film. Le reste, la SF, les références bibliques, les dialogues plats, le héros qui réalise qu'il a été désigné pour sauver l'humanité nous donnent un film plat, bancal -la première heure était pas mal quand même- et la réalisation est molle.
L'interprétation de Rose Byrne n'a qu'un seul mérite : elle a réussi à se mettre au niveau qualitatif du film, nul. Passez votre chemin.

twilight_article

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15-04-09

Pilote : Harper's Island (cbs)

C'est le blond. Le tueur. J'ai une intuition qui me laisserait penser que c'est lui le tueur. Parce que oui, voilà venir Harper's Island, un peu beaucoup LA série que j'attendais pour cette année. Pourtant, pas beaucoup de raisons de s'impatienter : c'est fait pour CBS, on retrouve des gens qui bossaient sur Jericho dans le passé (pourtant Jericho c'était pas si mauvais, en temps voulu, mais bon) et c'est la série qui adopte le pitch casse-gueule qui donne pas forcément envie d'accorder pleinement confiance au sujet : un mariage a lieu dans une île ô-combien terrifiante (qui porte dans son expérience un quota de meurtres conséquent) pour un couple tout-ce-qu'il-y a de plus ordinaire (Christopher Gorham, s'il vous plaît). Ils invitent les proches, mais le drame est le suivant : ils disparaîtront, un par un, chaque semaine. Parmi eux, y a le tueur (le blond, c'est le blond).
Du Dix Petits Nègres d'Agatha Christie dans un contexte sériel qui permettra sûrement une montée d'adrénaline au fil des semaines et des cliff's qui tuent. Littéralement. Mais, hum, c'est bien ou pas ?

Ça aurait pu. Mais non. Le pitch est accrocheur, indéniablement, (c'est casse-gueule aussi dans le sens où ça exige un nombre de personnages beaucoup plus lourd : imaginez-les, ils meurent tous chaque semaine, c'est fort) mais les scénaristes ne savent pas quoi faire avec. Du coup, on meuble comme on peut : le pilote fait 39 minutes. Pas la durée idéale pour un premier épisode, surtout quand on a beaucoup de personnages à présenter et une mythologie à planter. Et finalement, ce meublage se solde par les défauts qu'on connaît et qui reviennent constamment dans les séries de ce genre : des personnages, on s'en fout, leurs vies, on s'en fout, leurs peurs, on s'en fout. En clair : on ne sursautera pas avec eux. Pas cette fois.

La série utilise et abuse aussi des clichés inhérents du genre : le pont qui craque, les appels mystérieux, la musique qui tente d'instaurer un climat terrifiant (loin d'être réussi). Le réalisateur n'a pas compris qu'il faut savoir un peu plus manier ses touches pour donner un résultat qui frappe et qui marque. Résultat : on reste bouche-bée. Non seulement il y a des défauts d'écriture qui rendent les personnages difficilement appréciables, mais il y a un problème de réalisation : la série n'est pas efficace et le téléspectateur n'est pas réceptif.

harpersisland


Clairement, avec une série comme Harper's Island, on ne demande aucunement à atteindre le niveau du chef-d'œuvre mais il faut que la série divertisse. Ce n'est pas le cas pour les raisons citées au-dessus. Il faudra d'avantage qu'elle se recentre sur la mythologie de l'île (hum, Lost ?). La vie personnelle des personnages, qui veut se fiancer avec qui, la tonalité de leurs orgasmes, franchement, je m'en tape un peu.

Tout cela nous donne un pilote vide. Vide de sens, vide d'intérêt, mais surtout vide d'action. Et honnêtement, c'est pas après cet épisode que j'arrive mieux à mettre des noms sur des visages (pour le moment, je me contenterai de juger qui est beau, qui ne l'est pas, la future-mariée, elle, l'est)

Moi qui pensais que certes, la série n'allait pas faire travailler les neurones pendant 40 minutes et que je pouvais m'accorder 3 quarts d'heure de ma vie à regarder un épisode qui libère l'esprit par son sens de l'absurde, je me suis retrouvé avec un pilote littéralement blanc (je m'attendais pile au contraire en réalité, un truc où ça bouge bien) où le réalisateur fait l'erreur de s'accentuer intégralement sur la présentation des personnages (indispensable, certes, mais avec un peu plus de subtilité, on aurait réussi à y intégrer un semblant de ressort mystérieux avec un développement moins modeste de l'île, de ces meurtres, de tout ce qui tourne autour quoi).
C'est dommage : j'aurais largement préféré un pilote à-la-Lost : des personnages en pleine forêt, des personnages qui paniquent, qu'on nous sorte même le fameux << oh putain c'est quoi c't'endroit >>, ça aurait été cheap, certainement, mais jouissif, moins monotone et finalement moins ennuyant. Là, les personnages sont enfermés entre plusieurs murs, les seuls éléments qui alimentent (vainement) la dimension mystérieuse du show : les appels mystérieux (dont on comprend pas grand chose tant peu de choses sont expliquées à ce stade, faute de temps). Et... ? C'est tout non ?

Malgré tout, je serai là pour le prochain épisode parce que les 2 dernières minutes, je les ai appréciées, le cliff', c'était fort. Et d'un point de vue technique, la série réussit son pari de maintenir le téléspectateur intéressé par l'évolution des événements vu que j'ai décidé de revenir la semaine prochaine pour mater le prochain.

Maintenant, faut-il faire un épisode vide sur 37 minutes et combler les 2 dernières minutes avec ce qu'on aurait voulu voir occuper les 37 premières pour faire une série qui marche ? Pas sûr. Mais théoriquement, du moment que le téléspectateur revient chaque semaine, l'équipe qui bosse derrière la série gagne son pain. Sauf qu'il y a aussi ceux qui apprécient suivre une série de qualité de la première à la dernière minute... Harper's Island n'a pas l'air de répondre à ces exigences-là.

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08-04-09

[réflexion] "Me suis fais l'intégrale en 2 jours" : bâfrer une série, pure réflexe sériephile ?

C'est de plus en plus souvent, sur le virtuel ou dans la vie réelle, qu'on entend cette fameuse réplique - de la part de sériesphiles(/vores) avertis ou pas - vis-à-vis des séries télévisées : "j'ai dévoré la série en un week-end, resté scotché devant mon poste TV à enchaîner les épisodes."
C'est souvent - logiquement - les séries volontairement addictives qu'on cible par cette expression mais finalement quand on y pense, quelles séries peuvent réussir l'exercice, lesquelles le réussissent bien et finalement, cette attitude de fan-aveugle a-t-elle ses raisons d'être ? Est-elle subjective ? Ne serait-il pas mieux d'apprécier une série en conservant les épisodes sur le long-terme ou au contraire, certaines séries sont-elles destinées à être suivies ainsi ?

Deux exemples : Greek, Skins. Du teen drama de qualité, mais... addictif ou pas ?

J'aimerais répondre, respectivement, oui et non. Pourtant l'une n'est pas forcément plus avantagée qualitativement parlant que l'autre (même si j'estime que Skins a plusieurs avantages vis-à-vis de Greek, une certaine facilité à aborder certains thèmes que Greek n'a pas, mais elles jouent sur un registre complètement différent). Et la question de la qualité n'entre pas en jeu ici.
Pourquoi Greek serait un produit plus addictif que Skins, dans le sens où il serait plus facile - et finalement plus jouissif-  d'enchaîner les épisodes de Greek (comparée à Skins) ? Il y a continuité entre les épisodes, il y a des storylines qui s'étalent sur la saison complète, chose qui est beaucoup plus rare dans Skins. Je prends l'exemple de Greek car je me suis posé la question une fois, mais on peut prendre des homologues comme Gossip Girl, Friday Night Lights - là encore, la question de la qualité n'entre pas en jeu. (!!)

Posons-nous la question : préférais-je passer une nuit (ou une journée si vous préférez) entière à suivre la première saison intégrale de Greek ou une nuit entière à suivre la première saison intégrale de Skins ? De mon point de vue, Greek prend mon vote même si je préfère Skins, m'y sentant plus proche.

Pourquoi ? Le schéma narratif est différent, indéniablement. Et la réponse vient sûrement de là.

Chaque épisode de Skins se recentre sur un personnage en particulier. On oublie du coup le reste des personnages et le schéma est beaucoup plus uniforme. Et surtout, l'univers évolue bizarrement entre les épisodes de Skins : on peut passer d'une ambiance noire dans un épisode consacré à Effy, pour passer à un épisode comique consacré à Chris pour finalement revenir à un climat ébranlé dans l'épisode consacré à Cassie. La transition est plus brute, l'enchaînement des épisodes est plus perturbant.

On pourrait déduire que 1 chapitre de Skins = 1 épisode de Skins alors qu'un chapitre de Greek = plusieurs épisodes où les storylines trouvent un début et une fin... dans le quota d'épisodes en question. Ça peut durer une saison, ça peut durer une mi-saison, ça peut durer un quart de saison mais l'efficacité est plus facilement garantie dans une série qui adopte le schéma narratif de Greek : l'atmosphère est homogène sur la saison complète et on arrive à suivre agréablement une série de ce genre à raison de plusieurs épisodes puisque les storylines évoluent de façon traditionnelle : début, milieu (éléments perturbateurs, développement), fin (résolution).

skins

Et après ?

Le PC est vide. On a épuisé notre stock des épisodes de la première saison de Desperate Housewives en peu de jours - parce que c'était innovant, parce que c'était politiquement incorrect (un peu), parce que ça faisait longtemps qu'on avait pas eu d'héroïnes aussi attachantes à la télévision (on se plaisait à suivre leurs histoires qui sortaient de l'ordinaire) et donc tout cela a créé une série addictive -.
Plus d'épisodes : il va falloir s'habituer au rythme américain d'un épisode par semaine, c'est plus difficile. Donc finalement, on en vient à se poser la question suivante :

Se goinfrer d'inédits en peu de jours, c'est bien ou pas ? (outre le fait que votre vie sociale en pâtit)

Ça dépend. Dans certains cas de séries, c'est effectivement difficile de passer du rythme soutenu au rythme d'un épisode par semaine une fois le stock épuisé. Surtout quand on peut l'éviter. Desperate Housewives, par exemple. À première vue, c'est plutôt une série qui est destinée à être suivie à un rythme d'un épisode par semaine vu que le scénario est peu complexe et qu'il n'y a pas le risque de louper des détails pendant les 7 jours où l'on attend la diffusion du prochain inédit - pas de mythologies complexes et conspirations entre personnages - (donc, ce n'est pas Lost, ce n'est pas Damages).

Dans le cas d'une série comme DHW, un épisode tous les dimanches semble être le rythme parfait (oublions les pauses dans la diffusion américaine, elles tâchent le raisonnement). Et si même on possède les DVD's chez nous ou que le PC porte une saison complète d'épisodes non-vus par le sérievore européen friand du gossip banlieusard made in Wisteria Lane, mieux vaut s'accorder à ce rythme << parfait >> : un épisode par semaine, du pilote jusqu'au series finale, et on arrive à installer un RDV sériel quotidien ; un épisode de Desperate Housewives chaque lundi, de 2004 jusqu'en 2013, c'est un parcours (et une dévotion) sériels uniques qui vous suivent pendant 9 ans de votre vie. Alors qu'un rythme tout biscornu c'est navrant à côté non ?

Non.

Un seul mot : Damages. Pression, action, adrénaline, conspirations, mythologie. Damages est typiquement le genre de séries qui se visionne à un rythme effréné. Il y a beaucoup de détails qu'on peut louper en une semaine et la série est clairement construite pour être suivie à un rythme soutenu. C'est plus difficile de suivre Damages à un épisode par semaine.
Imaginez : épisode 7 le lundi soir, beaucoup de révélations à retenir, vous visionnez le 8 une semaine plus tard, entre temps vous avez eu le temps de mater Mad Men, Californication, Dexter, Nip/Tuck, Heroes, Fringe, Lost, Battlestar Galactica, 30 Rock (...). Des séries toutes plus différentes les unes que les autres : c'est dur. Et c'est pas le Previously on Damages du 8 qui vous aidera (zappez-le).

En plus, se goinfrer de Damages ne nuit pas à votre vie sociale : les expressions faciales de Patty Hewes, vous pouvez les ressortir dans la vie réelle pendant des situations difficiles. Ça marche. (c'est hypothétique, j'ai jamais essayé)

Entre les deux ?

Il y a Prison Break. La saison 1 de Prison Break pour moi, c'était un marathon exceptionnel : mercredi après-midi, j'enchaînais les épisodes les uns après les autres. C'est jouissif. Parce que c'est une série qui est volontairement addictive, il y a de l'action (beaucoup), de l'adrénaline à outrance : le générique de fin arrivé, on sort le fameux "putain vas-y, enchaîne avec le suivant" (si vous avez un ami peu recommandable à vos côtés)

Pourtant, à la base, Prison Break n'est pas une série qui se suit à un rythme soutenu. La trame de fond - le plan pour s'échapper de la prison - est certes complexe mais les dynamiques entre les personnages sont raisonnablement compréhensibles pour pouvoir s'attarder à un rythme d'un épisode par semaine (voire deux). Et les conspirations, y en avait pas beaucoup.

Mais c'est l'effet que fait une série comme Prison Break : beaucoup d'action, un plan d'évasion qui tue - qui n'a jamais rêvé voir des personnages s'échapper d'une prison? - et des personnages devenus des icônes dans la dimension médiatique que prennent les séries télévisées (Michael Scofield et ses tatouages, T-Bag et sa main décapitée). Ça devient finalement difficile de se limiter à un épisode (deux) par semaine tant la série a su faire évoluer un fil rouge passionnant tout au long de la première saison.

Après, les goûts varient évidemment, il y aura toujours ceux qui préfèreront rêver de leur future carrière médicale en fantasmant devant Meredith Grey et Derek Shepard s'embrassant dans l'ascenseur. C'est différent.

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Et vous, vous êtes plutôt patient et dévoué donc vous suivez le rythme calme (si vous avez un stock d'épisodes consistant) ou au contraire, vous est-il arrivé d'avaler littéralement une série (ou une saison) ?

 

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01-04-09

Bilan : Skins saison 3

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Exit Tony, Cassie, Sid, Maxxie, (...) E4 a décidé d'innover son teen drama confirmé : la saison 3 de Skins voit venir de nouvelles têtes. Effy, sœur de Tony, assure la transition entre les deux générations et se voit donner la réplique à de nouveaux acteurs, incarnant des personnages plus divers, aux personnalités plus excessives. Ajoutons à cela l'arrivée de nouveaux scénaristes et des épisodes s'écartant du décor bristolien traditionnel, la saison 3 de Skins avait tout pour décevoir: a-t-elle montré ses limites ou au contraire, a-t-elle réussi le pari de surprendre ?

Cette saison 3 est en réalité dans la pure continuité de la deuxième plutôt que de la première. La saison 1 de Skins, c'était un genre nouveau, un style particulier et une maîtrise scénaristique bluffante, la saison 2 avait comme défaut la rupture de ce style d'écriture: on passait du ton tragi-comique de la saison 1 à des épisodes tragiques et des épisodes comiques en saison 2. Jamais (ou rarement) les deux tendances dans le même épisode.
Si les situations auxquelles faisaient face les personnages dans la première saison et les conséquences qui en découlaient était amenées subtilement, on ne peut pas en dire de même pour cette troisième saison qui jongle entre plusieurs tons, dépendant des personnages : l'ambition diffère constamment, le registre général de cette saison s'est avéré par conséquence assez hétérogène.

Si les scénaristes semblent avoir fait le deuil des protagonistes de la première génération avec plus ou moins de facilité pendant l'inter-saison, les téléspectateurs, eux, doivent le faire au fur et à mesure de la diffusion de la saison 3 outre-Manche et évidemment, ça n'aide pas à apprécier la saison en question vu qu'elle met en scène d'autres personnages. D'autres personnages très différents des premiers, qui peinent à attirer la sympathie à première vue. L'erreur des scénaristes tout au long de la saison a sûrement été d'accorder plus de temps d'antenne aux personnages qui semblaient avoir le moins de potentiel - Cook surtout, Effy et Freddie autour pour un triangle amoureux gras et peu saisissant -.
À côté, l'homosexualité (présumée) de Naomi et Emily - facilement la relation la plus attachante de la saison - a occupé discrètement l'écran pendant ces 10 épisodes et le traitement de l'intrigue pouvait s'avérer maladroit (un doute constant sur l'orientation sexuelle des deux personnages, une difficulté à mettre des mots sur des faits et un manque de clarté à propos des sentiments que ressens Emily vis-à-vis de Naomi à la fin de l'épisode 7 où elle couche avec le garçon timide du groupe). Une fois encore, si on compare le développement de l'intrigue sur l'homosexualité de la saison 3 avec celle de la saison 1 (où Maxxie confrontait les croyances religieuses de Anwar dans l'épisode 6), on réalise que la plume des scénaristes s'est usée avec le temps.

Il y a évidemment tout ce qui concerne Cook, qui a été franchement gênant (à tous points de vue, sauf dans l'épisode 8 - le meilleur de la saison - où il montrait un tant soit peu de sincérité) mais aussi surprenant dans le sens où Skins nous montre un côté de la vie d'ado en Angleterre qu'avait tendance à négliger la première génération.
Cette deuxième génération tombe clairement dans un registre vulgaire à plusieurs reprises - dès qu'on s'appuie sur Cook en réalité -, encré dans une atmosphère sauvage, chose que les deux premières saisons n'avaient jamais effectué : on avait toujours une visée << trash >> mais jamais bestiale. La saison use et abuse - en temps voulu - de ce style-là (épisodes 2 et 10 principalement) et on se retrouve à trouver le personnage de Cook puéril, agité, imbuvable et le climat de ces séquences dérangeant, limite indigeste. Vu que Cook est le personnage-leader du groupe, la saison en a souffert.

À l'opposé, là où les scénaristes font évoluer Cook dans une ambiance crade et assez violente, certains personnages (Naomi, Emily, principalement, dans les épisodes 6 et 9) font ressortir un caractère qui ne sied pas à la série : une sorte de mièvrerie, un sentiment de facilité et/ou de délicatesse gênante qui se ressent dans le traitement des intrigues et quand celles-ci sont maigrement affichées à l'écran, on reste frustré face à l'inertie dont font preuve les scénaristes.

Ainsi, à cause de ses nombreux défauts - qui se faisaient déjà ressentir dès la saison précédente mais de façon moins frappante et préjudiciable -, cette troisième saison de Skins devient exactement ce que la série n'aurait jamais dû être (et qu'elle n'a jamais été sans cette saison 3) : un divertissement pop-corn pur et simple, le genre de série qu'on regarde pour passer le temps et auxquelles on trouve un maigre nombre de qualités valables pour justifier sa propre fan-attitude. Un guilty-pleasure, en soi.
La première saison n'était pas du tout de cet acabit: Skins était une série intelligente, brillamment écrite et évoluant dans un milieu sériel où rares sont les séries pour adolescents de qualité, ce qui était un plus en soi. Maintenant, on ne peut s'empêcher de comparer Skins à ces séries américaines graveleuses et engraissées avec le temps : un mélange de Gossip Girl et Californication, à peu de choses près. L'humour anglais peine à séduire également. C'est à se demander si Skins n'a pas perdu de sa superbe... Une saison très médiocre.

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Posté par _Red à 02:26 AM - Skins - Saisons 1, 2, 3 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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